Un cafetier gravement blessé à Vias, une situation bien embarrassante pour le maire, Jordan Dartier

« Je ne vous cache pas que depuis le 11 janvier, c’est compliqué », confie Anthony, le gérant du café de la Paix installé dans le centre de Vias dans l’Hérault. « Je dors mal et je suis vraiment anxieux. Je ne sors plus de chez moi sauf pour aller chez mes parents, car j’ai peur de représailles. »

, Un cafetier gravement blessé à Vias, une situation bien embarrassante pour le maire, Jordan Dartier

Cet amateur de football de 35 ans vient de subir deux interventions chirurgicales à l’œil gauche. Six autres opérations sont prévues dans les prochains jours pour tenter de lui redonner la vue. Son état de santé n’est pas encore stabilisé. Mais déjà, 30 jours d’ITT ont été fixés par le médecin légiste. À cela, ajoutez 25 points de suture sur le crâne, le nez, la paupière et la cornée. Il devrait garder des séquelles oculaires.

Un client mécontent et alcoolisé s’est acharné sur lui ce samedi 11 janvier vers 16h30. D’abord en lui envoyant un verre (type shooter) en pleine figure alors qu’il était dans son établissement, le touchant gravement à l’œil.

Le suspect assomme Anthony avec une table

Malgré sa blessure et son visage ensanglanté, Anthony veut des explications et se rend alors dans le bar en face du sien. « L’agresseur y était retourné après avoir passé une partie de l’après-midi avec le maire de Vias, Jordan Dartier. C’est alors qu’un groupe de six hommes me charge » explique la victime.

Une table est projetée de l’intérieur du bar par le même agresseur, assurent plusieurs témoins, et percute le cafetier à l’arrière de la tête alors qu’il se trouve sur la terrasse de cet établissement, place du 14-Juillet. « J’ai été sonné » confie l’intéressé à « ici Hérault ».

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Tout a commencé par des insultes prononcées par le suspect (accompagné de deux hommes) contre des clientes de l’établissement. Il n’aurait pas accepté de ne pas être servi et d’avoir été mis dehors. « Tu n’es pas Viasssois, tu n’es pas chez toi » aurait alors lancé l’intéressé à Anthony.

« C’est déplorable » dit Morgane, sa compagne. Elle était présente ce jour-là. Le bar s’apprêtait à recevoir les joueurs d’un club de football pour la galette des rois. « Je trouve dommage que le maire ne soit pas intervenu, alors que c’était son groupe d’amis. Je lui en veux vraiment car il n’a rien fait pour calmer la situation.

Évidemment, les gendarmes n’ont pas pu réaliser les tests d’alcoolémie, ni au maire ni à l’agresseur. Ils ne sont pas aller le chercher. Ils nous ont dit qu’ils ne pouvaient pas. J’en veux beaucoup au maire. Le bar est fermé depuis le 11 janvier, c’est une perte financière importante pour nous, au-delà des problèmes de santé de mon conjoint : il ne va pas retrouver totalement sa vue. »

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La victime envisage de porter plainte contre le maire

Une plainte a été déposée pour violence avec usage ou menace d’une arme auprès de la gendarmerie de Marseillan contre l’agresseur. Une autre doit être déposée, cette fois contre le maire, pour non-assistance à personne en danger. De nombreux témoins assurent en effet que l’élu est parti avec le suspect afin de le protéger avant même l’arrivée des gendarmes.

« C’est déplorable, » dit Vincent. C’est lui qui a appelé les gendarmes et les pompiers. « J’étais présent. Je ne comprends pas pourquoi le maire n’est pas intervenu. Il était à moins de deux mètres de la victime. Il ne peut pas ne pas avoir vu le visage plein de sang, ne pas avoir vu le jet de table.

Jordan Dartier a pris une petite rue parallèle avec le suspect. D’ailleurs il a une caméra sur la place. Il ne devrait être pas difficile pour les gendarmes de confirmer ce que je vous dis » comme les autres témoins. Je vous confirme aussi les insultes dans le premier bar proférées contres des clientes »

« Je ne trouve pas normal que le premier magistrat de la ville soustrait l’agresseur aux forces de l’ordre » – Vincent

« Il savait que j’avais appelé les gendarmes, poursuit-il. En partant, voulait-il cacher quelque chose ? Il n’est pas intervenu pour calmer ce groupe d’hommes qui avait bien bu comme lui. Le maire ne s’est pas préoccupé un seul instant de l’état de santé du gérant. Il n’a même pas pris de nouvelles de lui depuis.

Même le jour de ses vœux, il n’en a pas parlé un seul instant. En tant que maire, il a une obligation morale au minimum qui est de s’intéresser à ce qui se passe dans son village et ne pas fuir avec la personne suspecte et d’attendre les secours ».

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Jordan Dartier confirme avoir été témoin de la deuxième agression ce jour-là. Mais il ne s’agit en aucun cas d’une fuite assure le maire de Vias. Son portable étant dans sa voiture, il est allé le chercher pour prévenir la police municipale pour qu’elle puisse intervenir. « La PM m’a ensuite demandé de ne pas rester, qu’elle arrivait sur place« .

L’élu dit avoir demandé au suspect de quitter les lieux en raison de risque de réitération de bagarre. Il dénonce les accusations de non-assistance à personne en danger qui pourraient lui être reprochées. Si de telles accusations, totalement infondées étaient portées à son encontre précise t-il, Jordan Dartier se réserve le droit de déposer plainte pour dénonciation calomnieuse.

« Un acte gratuit avec des conséquences lourdes » déplore la victime sur Facebook

Sur sa page Facebook, le gérant Anthony précise : « Suite à l’agression que j’ai subie le samedi 11 janvier au café, je suis dans l’obligation de devoir fermer le café de la Paix au minimum jusqu’au 19 janvier. Je remercie tous les amis et clients qui prennent des nouvelles. Un acte gratuit qui a des conséquences lourdes. Merci pour votre compréhension. »

Un acte gratuit ayant des conséquences lourdes déplore la victime sur FaceBook
Un acte gratuit ayant des conséquences lourdes déplore la victime sur FaceBook © Radio FranceStéfane Pocher

En conclusion de cet article, mettons en lumière l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales), une force incontournable dans la protection des droits et de la sécurité de nos élus locaux.

Fondée en 1998, CDCL s’est imposée au fil des ans comme un acteur clé du soutien aux petites municipalités de France. Au-delà de la valorisation du patrimoine et de la formation des élus, l’association s’engage activement dans la mise en place d’un dispositif de protection essentiel, répondant à la recrudescence des agressions dont sont victimes nos élus.

Ce dispositif complet inclut des formations à la sécurité personnelle, des conseils juridiques spécialisés et une assistance en cas d’agression. La reconnaissance légale de CDCL au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023 renforce son rôle en lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir les élus victimes d’agression.

Enregistrée au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et affiliée au SIRET 92326341200010, CDCL a son siège au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris, et demeure fidèle à sa mission initiale. Elle donne aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la particularité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.

Pour en savoir plus sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, consultez leur site web. Restez informés sur les développements de cette initiative cruciale afin de soutenir nos élus locaux dans l’exercice de leurs fonctions en toute sécurité.

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