Municipales 2026 : dans l’Yonne, voici pourquoi ces élus décident de ne pas se représenter en 2026

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À l’occasion du début du congrès des maires de France, mardi, nous donnons la parole à ces élus de l’Yonne qui décident de ne pas se représenter en mars 2026, aux élections municipales. Des motifs sont nombreux : âge, attentes des administrés, manques de financements et parfois des violences.

Le , 107e édition, se tient à partir de mardi au parc des expositions porte de Versailles à Paris (et jusqu’à jeudi). Dans quatre mois, ce sont les élections municipales et un peu plus d’un maire sur deux envisage de se représenter, selon un sondage commandé par l’association des maires de France (sondage Cevipof-Sciences Po). Dans l’Yonne, un certain nombre de maires ont annoncé qu’ils ne seront pas candidats à un nouveau mandat et cela pour des raisons très variées.

Jean-Pierre Gouyon a démissionné début novembre de sa fonction de maire de Véron, dans le Sénonais. Pour des raisons de santé mais pas seulement. « On s’approche des élections et il y a des gens qui pointent le bout de leur nez pour se présenter, sauf que c’est virulent, violent et tout cela cumulé m’a poussé à cette démission », explique celui qui reste au conseil municipal comme simple conseiller. Lundi soir, d’ailleurs, c’est Sylvie Bazus, qui a été élue maire par le conseil municipal de Véron.Des opposants lui reprochent notamment la création d’un centre de santé jugé trop coûteux. « C’est un service qui coûte cher effectivement mais nous avons un service comme celui-ci dans une commune comme Véron, 1 800 habitants, avec l’équivalent de deux médecins », se défend l’élu. Sentiment d’amertume pour cet élu, après six ans consacrés à son village.. mais soulagement aujourd’hui : « je n’ai plus la chape de plomb au-dessus de la tête, donc je suis plus serein. »

Ce poids de la fonction est aussi lié la disponibilité permanente des maires. « Il y a un chien de perdu, on vous l’amène chez vous », raconte Bernard Partonnaud, maire de Trucy-sur-Yonne, « tout le monde sait où habite le maire, quelque soit l’heure on appelle, on me – Bernard, on a chien, on te l’amène. » Et si ce maire ne se représente pas en mars prochain, c’est comme beaucoup parce qu’il a dépassé les 70 ans et qu’il veut consacrer sa vie à autre chose, notamment faire des voyages : « on ne peut pas partir comme on veut (étant maire), je ne peux pas dire – je vais partir quinze jours par mois. Cela ne correspond pas à l’engagement que j’ai pris. »

Pour d’autres comme Jeannine Joublin, maire de Mailly-la-ville durant trois mandats, c’est le sentiment d’impuissance qui est parfois lourd : « le paysage financier a beaucoup changé parce qu’avant il y avait des subventions. Maintenant vous en avez de moins en moins. Nous sommes une commune où nous avons beaucoup de voirie, mais compte tenu des prix, on ne peut pas faire grand-chose. Et dans une commune comme la nôtre (moins de 500 habitants), on n’a pas de services. Et ça, les habitants ne le comprennent pas toujours. » Cette élue estime ne pas avoir les moyens d’assumer les charges de la communes, mais considère que les communes doivent quand-même conserver des prérogatives importantes, « sinon ça n’intéressera plus personne. »

C’est vrai que les rapports à la population ont changé constate Guy Bourras. Le maire de Saint-Julien-du-Sault ne représente pas après six mandats : « tout le monde à droit à tout. Nous sommes là pour satisfaire tous les besoins, pour répondre à toutes les questions. Pour un bon nombre d’administrés, tout leur est dû avec cette phrase magique – de toute façon, ce sont nos impôts. Et cela vient parfois de la part de personnes qui ne paient pas le moindre centime d’impôts dans la commune. » L’élu raconte aussi la multiplication des contentieux administratifs de la part d’habitants.Sans parler des violences physiques et menaces subies par plusieurs élus de l’Yonne encore cette année. Après s’être pris un , le maire d’Aisy-sur-Armaçon a décidé lui aussi de ne pas se représenter.