« On va te défoncer » : une plainte déposée après de graves menaces contre un militant LFI en Seine-Saint-Denis

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Ce 15 novembre 2025, comme chaque samedi, c’est jour de marché à Sevran (Seine-Saint-Denis). Djamel*, 70 ans, s’y rend comme simple client depuis la commune de Villepinte où il habite depuis cinq ans et où il milite pour le groupe local de La France insoumise. Vers 12h30, il croise d’autres militants politiques, notamment Philippe Geoffroy, leader de l’opposition de droite à Sevran et tête de liste aux élections municipales de mars 2026, en train de tracter.
Mais à ses côtés se trouve Abdou Z., un autre homme qu’il connaît bien, notamment pour sa proximité avec les élus de droite à Sevran et Villepinte, mais surtout pour avoir déjà eu maille à partir avec lui. Cet homme interpelle alors Djamel pour qu’il vienne à sa rencontre. S’en serait alors suivie, selon le septuagénaire, une bordée d’insultes accompagnées de menaces.

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« Je sais où t’habites, je vais t’envoyer une équipe sur le dos »

L’homme lui aurait notamment reproché, et pas pour la première fois, les critiques que Djamel a l’habitude de formuler sous les publications Facebook de la première adjointe de Villepinte, Farida Adlani, désignée par la maire Martine Valleton (LR) comme sa successeuse pour prendre la tête de la droite pour les municipales de mars 2026. Djamel raconte que cet homme lui aurait alors dit : « T’es un chien ! Je t’avais prévenu, maintenant je vais te défoncer la gueule ! Je sais où t’habites, je vais t’envoyer une équipe sur le dos et on va te défoncer. On va venir chez toi, fais attention quand tu sors de chez toi ».

Sous le choc, Djamel se rend peu après au commissariat de Sevran pour déposer une main courante, puis à celui de Villepinte pour porter plainte. Il explique avoir « hésité », mais a « fini par le faire pour ma sécurité et pour me couvrir. J’ai peur que cette histoire retombe sur ma famille », dont plusieurs membres vivent et travaillent dans le secteur, confie-t-il.

Le septuagénaire précise ce n’est pas la première fois que cet homme l’aurait menacé. « La première fois, c’était pendant un tractage devant une école. Il m’avait dit qu’il allait me kidnapper et me mettre dans sa boîte à gant », raconte Djamel avec effroi.

Abdou Z. dénonce « une tentative supplémentaire de faire du buzz »

Il assure pourtant que ses critiques formulées à l’encontre de Farida Adlani ont toujours concerné des questions de politique et pas des questions de personne, et qu’il ne s’est jamais montré irrespectueux à son égard. « Maintenant elle est candidate et je n’ai aucun problème avec ça, c’est normal, c’est la politique », confie ce professeur retraité, natif de Saint-Denis, qui a connu son premier engagement à 15 ans lorsqu’il a rejoint le Parti communiste. « Mais cet homme-là, c’est une vraie racaille et ça va nuire à la campagne de Mme Adlani. Il menace des gens comme moi, qui ai 70 ans et qui suit un peu malade, mais par contre des hommes qui pourraient lui tenir tête, il ne dit rien », assure Djamel.

Contacté, Abdou Z. se défend d’avoir proféré ces insultes et menaces : « Je sais pertinemment ce que je n’ai pas fait », assure-t-il auprès d’actu Paris, dénonçant « une tentative supplémentaire de faire du buzz » de la part des équipes de La France insoumise à Villepinte, sans vouloir pour autant . Contactés également, Farida Adlani et Philippe Geoffroy n’ont quant à eux pas répondu à nos sollicitations à ce stade.

De son côté, Hanaine Ben Hadj, désignée en juin 2025 cheffe de file LFI pour les élections municipales à Villepinte un an après la création de la section locale du mouvement, affirme que l’homme accusé par Djamel est « connu parce qu’il s’en prend toujours à plus faible que lui » et qu’une autre militante insoumise de la ville aurait déjà fait l’objet de menaces de sa part.

La responsable craint que ces menaces et insultes ne deviennent la norme au cours des prochains mois. « Ça va être une campagne très sale », confie-t-elle, estimant que « LFI fait peur à Villepinte parce que les candidats LFI ont tous fait au moins 50 % aux dernières élections ».

*Djamel n’a pas souhaité que son nom de famille soit rendu public dans cet article, afin de préserver sa famille.

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