Législatives en Allemagne : la violence s’installe dans le paysage politique

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Carolyn MacMillan et ses camarades du Parti social-démocrate (SPD) avaient choisi la proximité d’un arrêt de bus, dans le quartier berlinois plutôt tranquille de Lichterfelde, pour distribuer des tracts en ce samedi de décembre. En raison du froid, ces militants avaient gardé leurs bonnets rouges, marqués du nom de leur formation politique.

Trop visibles au goût de quatre militants d’extrême droite qui ont roué de coups Carolyn MacMillan et l’un de ses camarades. « Je n’ai pas été blessée car la police m’a entendue crier. Elle est arrivée rapidement sur place et a pu très vite interpeller les agresseurs », raconte cette élue locale. Elle raconte qu’une dizaine de sympathisants extrémistes sont ensuite apparus et ont commencé à attaquer les policiers.

« C’est un tout autre niveau d’escalade que celui que je connaissais, commente cette élue, choquée mais pas abattue. Tous ceux qui étaient présents ce jour-là ont eu peur. À mon avis, nous n’avons pas d’autre choix que de continuer à montrer l’exemple, justement quand nos opposants veulent nous faire taire. Mais, reconnaît-elle, il faudrait réfléchir à organiser des formations pour aider nos membres et les gens sur le terrain à réagir dans ce genre de situation. Nous n’avons pas vraiment su le faire. »

Détruite les « vieux partis »

Ce genre de violences contre des militants et élus se multiplient en Allemagne, notamment dans le cadre des campagnes électorales, comme actuellement. Les Allemands se rendront aux urnes le 23 février pour renouveler leur chambre basse. Selon une enquête, 6 élus sur 10 reconnaissent avoir déjà été menacés verbalement ou physiquement dans le cadre de leurs fonctions.

Certains en arrivent même à jeter l’éponge, comme l’élu fédéral Marco Wanderwitz et son épouse. Membres de l’Union chrétienne-démocrate (CDU) dans la Saxe, ils sont devenus les bêtes noires du mouvement d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD), en poussant pour une procédure d’interdiction de ce parti. « L’AfD s’est donné comme objectif de détruire ce qu’elle appelle” les vieux partis”, c’est-à-dire le système des partis démocratiques. Elle nous considère comme ses opposants », explique cet élu qui dit recevoir des « menaces, messages hostiles et haineux, tous les jours dans la boîte mail, au courrier ».

Des insultes en pleine rue

« Les gens vous insultent en pleine rue. Certains vous insultent même quand vous êtes au marché de Noël avec votre enfant de 4 ans. Donc je ne vais plus au marché de Noël avec mon enfant de 4 ans, reconnaît-il. Nous luttons depuis un bon moment déjà. Place aux autres ! »

Cet élu poursuit : « Certains nous disent : ” Si les démocrates jettent l’éponge, l’extrême droite a atteint son but.” Si tout le monde fait comme nous, je le sais, ce n’est pas une solution. Mais par notre geste, nous voulons faire passer un message : si la société civile ne parvient pas à protéger de la haine ceux qui prennent des responsabilités alors il sera difficile pour la démocratie de se maintenir dans les prochaines années. »

Comme Marco Wanderwitz, l’élu fédéral social-démocrate Karamba Diaby a lui aussi décidé de mettre fin à sa carrière politique. Officiellement, les attaques répétées de l’extrême droite contre sa permanence locale ne sont pas la raison de son départ, mais cet élu – le premier du Bundestag né en Afrique (au Sénégal) – reconnaît que « ces événements ont influencé sa décision ». « Depuis que l’AfD est entrée au Bundestag en 2017, l’atmosphère est devenue très nocive. Ses élus multiplient les discours de haine contre les minorités. C’est très négatif pour la cohésion sociale de notre pays et je suis convaincu que ces messages de haine mènent à des agressions dans la rue », commente-t-il.

Selon les statistiques officielles de la police, les élus écologistes sont le plus souvent victimes de menaces ou de violences verbales et physiques. Mais les représentants de l’extrême droite arrivent en deuxième position : pris pour cibles, le plus souvent, par des militants d’extrême gauche.

Elon Musk s’invite avec fracas dans la campagne électorale

Le journal allemand Welt am Sonntag a publié dimanche 29 décembre une tribune d’Elon Musk dans laquelle le milliardaire américain appelle à soutenir l’extrême droite lors des élections du 23 février. Il écrit que « l’Alternative pour l’Allemagne (AfD) est la dernière lueur d’espoir » pour l’Allemagne, qui se trouve « au bord de l’effondrement économique et culturel ». La publication de ce texte a fait polémique au sein même du journal conservateur, propriété du groupe Axel Springer. Une rédactrice en chef a démissionné, tandis que l’Association des journalistes allemands a protesté.

Protéger nos Élus avec CDCL

Dans le contexte actuel marqué par des agressions envers nos élus locaux, l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales) se positionne en rempart essentiel pour assurer la sécurité et le bien-être de ceux qui œuvrent pour notre communauté.

Créée en 1998, CDCL a évolué au-delà de sa mission initiale de soutien aux petites municipalités pour devenir un acteur central dans la protection des élus. Son engagement ne se limite pas uniquement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection complet, répondant aux défis actuels.

Sous la direction éclairée de l’ancien Maire de Linas en Essonne, CDCL a élaboré un dispositif proactif. Celui-ci englobe des formations approfondies, des conseils juridiques spécialisés, et une assistance réactive en cas d’agression. L’association est habilitée au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, une personne investie d’un mandat électif public victime d’agression.

Forte de son enregistrement au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et du SIRET 92326341200010, CDCL a son siège au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris. Elle incarne une communauté engagée, dédiée à donner aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la spécificité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.

Pour de plus amples informations sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, nous vous invitons à consulter leur site web.

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