La violence envers les élus condamnée de toutes parts

«Aucune personne impliquée en politique ne devrait avoir à subir de mauvais traitement», a d’emblée déclaré Stéphane Lachance, qui siégera à titre de chef de l’opposition officielle à l’hôtel de ville de Québec.

Dans une déclaration écrite au Soleil, ce dernier a réagi mercredi aux propos de l’ex-conseillère municipale de Val-Bélair, Bianca Dussault, sur le climat qui a marqué son passage en politique comme élue ces quatre dernières années.

Au Soleil, elle s’est confiée sur «la haine, la hargne et l’intimidation» dont elle a été la cible.

À lire aussi

Ces actes, qu’elle attribue en partie à des partisans de Respect citoyens, ont culminé avec du vandalisme sur ses affiches électorales et des propos «dénigrants» sur les réseaux sociaux lors de la récente campagne.

Campagne électorale qui s’est soldée par une défaite dans son district de Val-Bélair, passé aux mains du chef de Respect citoyens, Stéphane Lachance.

Pas «unilatéral»

Or, le parti, assure-t-il, «prône le respect, comme son nom l’indique».

«Nous avons toujours encouragé nos membres, nos candidats et nos sympathisants à mener un débat digne et constructif, axé sur les idées pour l’avenir de Québec», martèle M. Lachance.

«Nous ne cautionnons ni n’endossons aucun commentaire dénigrant, haineux ou violent, qu’il soit fait par nos partisans ou par des détracteurs se cachant derrière des pseudonymes.»

—  Stéphane Lachance, chef de Respect citoyens

Le nouveau conseiller municipal de Val-Bélair rapporte un autre son de cloche, à l’effet que des membres de son équipe et des bénévoles de Respect citoyens «ont également été la cible de gestes regrettables».

«Les propos de Mme Dussault laissent entendre que la violence était unilatérale, ce qui ne reflète pas notre réalité sur le terrain. Nos propres affiches électorales ont été massivement vandalisées», insiste le nouveau chef de l’opposition officielle.

Après avoir observé un «manque de respect généralisé», Stéphane Lachance estime qu’il est temps de «tourner la page» pour se concentrer sur le travail qui l’attend, avec ses deux collègues de Respect citoyens, à l’hôtel de ville de Québec.

La violence envers les élus condamnée de toutes parts

Qu’ils soient élus à l’hôtel de ville de Québec ou à l’Assemblée nationale, plusieurs politiciens prennent position contre les propos «violents» et l’intimidation dont ils peuvent être victimes.

Dans un élan de solidarité, ils ont été nombreux à prendre la parole mercredi pour dénoncer le climat de «violence» dans lequel ils sont parfois plongés.

«Je condamne et dénonce avec véhémence et fermeté toute forme d’agressivité, d’intimidation, de harcèlement, de menaces et de propos haineux ou injurieux auprès des élus, et ce, tous paliers confondus», s’est prononcée Geneviève Guilbault, ministre des Affaires municipales, dans une déclaration écrite au Soleil.

«Les propos violents, peu importe leur forme, n’ont tout simplement pas leur place dans une société démocratique comme la nôtre.»

—  Geneviève Guilbault, ministre des Affaires municipales

«On peut débattre de façon courtoise, libre et saine tout en se respectant», soutient la députée de Louis-Hébert, insistant pour rappeler que le gouvernement du Québec a fait adopter l’an dernier «un important projet de loi pour mieux protéger les élus municipaux face aux comportements abusifs».

La ministre des Affaires municipales, Geneviève Guilbault

Adoptée en juin 2024, la loi 57 prévoit en effet la possibilité pour un élu municipal qui fait l’objet de propos ou de gestes qui entravent l’exercice de ses fonctions de se tourner vers la Cour supérieure. Des amendes sont aussi prévues pour quiconque menace, intimide ou harcèle un élu «de façon à lui faire craindre raisonnablement pour son intégrité ou sa sécurité.»

«Il y a des gens qui utilisent les insultes pour s’exprimer et pour nous faire taire», constate d’ailleurs le maire de Québec, Bruno Marchand, dont les réseaux sociaux ont maintes fois été inondés de messages haineux.

«Ignoble» et «douloureux»

Cette vague de dénonciations survient le même jour où une ex-conseillère municipale de son équipe, Bianca Dussault, a témoigné de son expérience des quatre dernières années comme élue à l’hôtel de ville de Québec.

L'ex-conseillère municipale de Val-Bélair, Bianca Dussault

«C’est juste ignoble. Même si ça fait mal à lire, je vous invite à le faire. C’est important», a invité le député solidaire de Taschereau, Étienne Grandmont, en partageant le reportage.

Parlant d’un message «douloureux», mais «nécessaire» de son ancienne collègue, le maire Marchand a pour sa part salué «l’immense courage» de Bianca Dussault.

«Elle prend la parole pour dénoncer l’inacceptable: la violence et l’intimidation. Bianca a durement payé le prix de cette haine.»

—  Bruno Marchand, maire de Québec

«Je tiens à la remercier pour son incroyable travail depuis quatre ans, au service de sa communauté. Je la remercie également pour les derniers mois et son désir inébranlable d’engagement pour les citoyens de Val-Bélair, dans un contexte très difficile», a-t-il souligné, dans une publication sur Facebook.

Protéger nos Élus avec CDCL

Dans le contexte actuel marqué par des agressions envers nos élus locaux, l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales) se positionne en rempart essentiel pour assurer la sécurité et le bien-être de ceux qui œuvrent pour notre communauté.

Créée en 1998, CDCL a évolué au-delà de sa mission initiale de soutien aux petites municipalités pour devenir un acteur central dans la protection des élus. Son engagement ne se limite pas uniquement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection complet, répondant aux défis actuels.

Sous la direction éclairée de l’ancien Maire de Linas en Essonne, CDCL a élaboré un dispositif proactif. Celui-ci englobe des formations approfondies, des conseils juridiques spécialisés, et une assistance réactive en cas d’agression. L’association est habilitée au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, une personne investie d’un mandat électif public victime d’agression.

Forte de son enregistrement au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et du SIRET 92326341200010, CDCL a son siège au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris. Elle incarne une communauté engagée, dédiée à donner aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la spécificité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.

Pour de plus amples informations sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, nous vous invitons à consulter leur site web.

Source de l’article : Source