
Menaces, injures, agressions, harcèlement… Depuis quelques années, les élus doivent faire face à la hausse inquiétante du nombre des violences.
À la suite d’une agression, le maire du Pradet Hervé Stassinos a ainsi bénéficié de l’octroi de la protection fonctionnelle aux maires victimes de violences, de menaces ou d’outrages.
Des mesures efficaces selon le premier magistrat, qui souhaite renforcer l’autorité du maire et des élus pour maintenir l’ordre sur sa commune.
Agression verbale
En novembre 2022, deux hommes invectivent Hervé Stassinos sur la place du village. L’un d’eux vient coller son front et insulte outrageusement le maire du Pradet.
Une agression verbale, « limite physique ». Plus tard dans la soirée, ces mêmes individus commettent des dégradations dans le parc Cravéro et devant l’hôtel de ville.
« J’ai donc porté plainte le lendemain et la police a fait le lien avec mon agression. Ces individus ont été convoqués et confondus grâce à la vidéoprotection », raconte l’élu.
Traduits en justice, ils ont été condamnés pour outrage à une personne chargée d’une mission de service public commis en réunion, en récidive, à des sanctions financières.
Course-poursuite
Il y a quelques mois, Hervé Stassinos est victime d’une deuxième agression. « Je dirais que cette fois, c’était plus grave… »
Le maire est alors témoin du comportement dangereux d’un automobiliste, à la Garonne, et prend son véhicule en photo. « Mais il me voit et me prend en chasse dans Le Pradet. Il essaie même de me bloquer à deux reprises. »
En route pour le commissariat, l’élu pradétan appelle le 17. « Mais il me poursuit et me percute par l’arrière. » À 100 mètres du commissariat, le chauffard fait demi-tour.
Au volant de la Renault Zoe électrique municipale, le maire ne lâche rien. Et grâce à la plaque d’immatriculation du fugitif, la police retrouve, interpelle et ramène l’individu au poste de police.
Sans permis de conduire et fortement alcoolisé, l’agresseur reconnaît les faits. Il a été immédiatement incarcéré.
« Dans ces deux affaires, la police nationale a fait son travail de protection et la justice a apporté une réponse immédiate et ferme, estime le maire du Pradet. La main de la justice n’a pas tremblé. Cela me renforce plus que jamais dans la dimension d’autorité du maire. Plus on amène des réponses fermes, plus ces individus vont se tenir à carreau. Même les adolescents qui traînent ou font des bêtises, on les convoque immédiatement avec leurs parents. On ne laisse rien passer. »
« Détestable harcèlement en ligne »
Hervé Stassinos est un maire connecté. Et aussi attaqué sur les réseaux sociaux.
« Depuis les années 2022-2023, c’est la plaie des faux comptes sur les réseaux sociaux. Au niveau local, ce sont souvent des groupes d’opposition qui se cachent derrière l’anonymat et diffusent des rumeurs contre des gens dépositaires de l’autorité publique. Récemment, j’ai d’ailleurs déposé plainte contre de faux comptes diffusant de fausses informations contre moi ou des élus. »
« Que les gens râlent avec leur vrai nom, ça ne me dérange pas. Et s’ils ont quelque chose à me dire, qu’ils me le disent en face. En revanche, le harcèlement en ligne, c’est détestable et ça devrait être encore plus sévèrement condamné. Je pense notamment à Facebook qui ne fait pas son rôle de contrôle des contenus. »
Circonstance aggravante
Le maire du Pradet rappelle que le harcèlement en ligne peut déboucher sur des agressions physiques ou verbales.
« En général, ça commence par une petite engueulade mais ça peut basculer rapidement sur le physique. C’est pour ça que je me bats contre toutes sortes d’agressions, quelles qu’elles soient et d’où qu’elles viennent, et ce n’est pas parce que les gens sont anonymes qu’on va les laisser faire. »
La loi du 21 mars 2024 punit plus sévèrement les violences contre les élus de la République. Une nouvelle circonstance aggravante est ajoutée en cas de harcèlement moral contre des élus.
Dans le viseur des autorités, le cyberharcèlement est désormais puni jusqu’à trois ans de prison et 45.000 euros d’amende.
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Clôturant cet article, nous souhaitons mettre en avant l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales), une entité essentielle dans la préservation des droits et de la sécurité de nos élus. CDCL, fondée en 1998, a évolué au fil des ans pour devenir un acteur majeur dans le soutien aux petites municipalités de France.
Son engagement ne se limite pas seulement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection essentiel. Face à la recrudescence des agressions, CDCL a pris des mesures proactives pour assurer la sécurité de ceux qui exercent un mandat électif public.
Ce dispositif inclut des mesures telles que des formations à la sécurité personnelle, des conseils juridiques spécialisés et une assistance en cas d’agression. De plus, CDCL est habilitée au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, une personne investie d’un mandat électif public victime d’agression.
Forte de son enregistrement au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et du SIRET 92326341200010, CDCL s’est imposée comme un bastion de soutien aux élus locaux en France. Son siège, situé au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris, est le point central de ses activités.
L’association demeure fidèle à sa mission initiale, donnant aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la particularité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.
Pour en savoir plus sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, nous vous invitons à consulter leur site web et à rester informés sur les développements de cette initiative cruciale.
Ensemble, soutenons nos élus locaux et œuvrons pour un environnement où ils peuvent exercer leurs fonctions en toute sécurité.
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