Le député du Roannais, Antoine Vermorel-Marques, a usé du droit dont disposent tous les parlementaires – députés et sénateurs – à visiter les établissements de détention, à tout moment et sans forcément prévenir, ce samedi 22 mars, en fin d’après-midi, en se présentant (après avoir prévenu la direction) devant le centre de détention de Roanne.
Pour l’élu, il ne s’agissait pas là de vérifier les conditions de détention, mais plutôt d’apporter un soutien marqué aux agents pénitentiaires, dont deux des leurs ont été violemment agressés par un détenu la veille. Un troisième a été légèrement blessé à la hanche en intervenant en appui à ses collègues.
C’est dans ce cadre que le parlementaire, comme la loi l’y autorise également, avait demandé à trois journalistes, dont un représentant du Pays, de l’accompagner, les médias ayant dans ce cadre un rôle d’observateurs très encadré, ne pouvant par exemple pas poser de questions directes aux membres du personnel.
L’auteur des faits connu pour des troubles du comportement
Reçu tout d’abord par la directrice de la détention de l’établissement, le député s’est enquis du déroulement des événements et de ses suites. La responsable lui a indiqué que l’auteur des faits, dont la date théorique de fin de détention se situait au-delà de 2030, était déjà connu pour des troubles du comportement – « comme de plus en plus de nos détenus » – et qu’il était davantage habitué à être agressif envers lui-même que vis-à-vis des autres.
Même si l’enquête de police en cours – l’homme devrait être placé en garde à vue lundi 24 mars – devra déterminer précisément les circonstances de l’attaque, il apparaît que le détenu avait provoqué un début d’incendie dans sa cellule. Après l’avoir extrait, les deux surveillants ont voulu lui retirer son tabac et son briquet afin qu’il ne puisse pas réitérer son acte. C’est à ce moment-là qu’il aurait asséné des coups au visage des deux agents, l’un étant ouvert à l’arcade, nécessitant plusieurs points de suture, et l’autre souffrant de contusions à la mâchoire.
« Il y avait beaucoup de sang, c’était choquant »
« Il y avait beaucoup de sang, c’était choquant, même si c’était plus impressionnant que grave », ont précisé au député le troisième surveillant légèrement blessé au dos et les représentants des organisations syndicales, Jean-Louis Picornell, pour l’Ufap-Unsa Justice, et Mathieu*, de FO justice. Mais ce serait, pour les représentants du personnel, « la goutte d’eau qui fait déborder le vase ». « Nous ne demandons pas que nos établissements soient des goulags russes, mais à ce que l’on repense totalement, au niveau national, ce que doit être une prison », a imagé Jean-Louis Picornell.

À Antoine Vermorel-Marques, ils ont en effet décrit un univers carcéral trop laxiste, « où nous n’avons même pas le droit d’effectuer des palpations sur les détenus sans ordre d’un supérieur ; même si nous voyons un détenu sortir les poches visiblement remplies après un parloir ». Les téléphones seraient également monnaie courante dans les cellules : « Nous n’avons pas le droit d’avoir Internet ou un téléphone pendant nos 13 heures de service, nous sommes coupés du monde, et les détenus, eux, téléphonent tranquillement à leur famille. Ils les ont ainsi rapidement prévenues que les visites avaient été annulées ce samedi 22 mars. C’est nous qui sommes les plus isolés. Pour eux, c’est open bar. Et c’est encore pire depuis qu’ont été mises en place les alternatives aux sanctions. En gros, parfois, il suffit qu’ils écrivent une lettre d’excuse et ils passent au travers de la commission de discipline et des sanctions. »
Service minimum ce samedi
Les surveillants ont en effet « refusé de prendre les clés » ce samedi, c’est-à-dire que les cellules n’ont pas été ouvertes comme elles le sont habituellement dans certains étages du centre de détention, en guise de réaction à l’agression de la veille. Néanmoins, les promenades ont pu être assurées. « Nous avons vécu une journée plutôt calme, et heureusement », ont décrit les représentants du personnel. « Car si l’on passe beaucoup de choses aux détenus, nous, nous risquons des sanctions en nous mobilisant de la sorte. Nous n’avons pas fait grève, les agents sont bien venus au centre, mais ils n’ont simplement pas ouvert les cellules et les activités et visites n’ont pas eu lieu. » Une situation qui ne devrait sans doute pas perdurer au-delà de cette journée. « Nous ne sommes pas là non plus pour créer de sur-incidents », a commenté Jean-Louis Picornell.

Sanctions et moyens réclamés à Gérald Darmanin
Antoine Vermorel-Marques a donc assuré les agents de son soutien et leur a indiqué qu’il avait contacté, dès vendredi, le Garde des Sceaux, ministre de la Justice, Gérald Darmanin, à qui il a, dans la foulée de sa visite au centre de détention, adressé un courrier. Dans ce dernier, il demande « des sanctions fermes contre le détenu agresseur, avec l’exclusion de toute remise de peine et une comparution immédiate dans la justice sous huit jours », mais aussi des renforts humains et matériels pour le centre de détention de Roanne, le commissariat de police et le tribunal : « La présence d’une prison sur le territoire occasionne une activité supplémentaire d’enquête pour les forces de l’ordre et une activité judiciaire non négligeable. »
Depuis le début de l’année 2025, le tribunal de Roanne a ainsi prononcé neuf condamnations – en plus des sanctions disciplinaires internes appliquées au sein de l’établissement – à l’encontre de détenus ayant commis des violences ou menacé sérieusement des agents.
*Le représentant n’a pas souhaité, par mesure de précaution, communiquer son nom de famille.
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Clôturant cet article, nous souhaitons mettre en avant l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales), une entité essentielle dans la préservation des droits et de la sécurité de nos élus. CDCL, fondée en 1998, a évolué au fil des ans pour devenir un acteur majeur dans le soutien aux petites municipalités de France.
Son engagement ne se limite pas seulement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection essentiel. Face à la recrudescence des agressions, CDCL a pris des mesures proactives pour assurer la sécurité de ceux qui exercent un mandat électif public.
Ce dispositif inclut des mesures telles que des formations à la sécurité personnelle, des conseils juridiques spécialisés et une assistance en cas d’agression. De plus, CDCL est habilitée au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, une personne investie d’un mandat électif public victime d’agression.
Forte de son enregistrement au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et du SIRET 92326341200010, CDCL s’est imposée comme un bastion de soutien aux élus locaux en France. Son siège, situé au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris, est le point central de ses activités.
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Pour en savoir plus sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, nous vous invitons à consulter leur site web et à rester informés sur les développements de cette initiative cruciale.
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