Violences contre les élus : 61 % des maires des Côtes-d’Armor en sont victimes

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Les maires des Côtes-d’Armor se sont réunis à Loudéac, samedi 3 février 2024 : une assemblée générale qui a principalement tourné autour des violences contre les élus. Une étude été réalisée, et inquiète : en 2023, 61 % des maires ont été victimes d’incivilités et/ou d’agressions dans le département.

Face aux violences, des élus qui veulent être formés

« Il faut qu’on arrête de dire que les maires sont à portée de baffes. Je n’ai pas été élu pour ça« , lance le maire d’Aucaleuc, Christophe Ollivier.

L’assemblée générale de l’association des maires des Côtes-d’Armor (AMF 22) touche à sa fin, samedi 3 février 2024, au Vélodrome de Bretagne à Loudéac. Elle s’achève sur une note amère, après une table ronde sur les violences envers les élus

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Parce que le constat est là : le manque d’informations et de formations sur ce sujet qui prend de plus en plus de place, dans le mandat d’un maire, d’un adjoint, d’un conseiller municipal.

Le maire d’Aucaleuc n’est pas le seul à témoigner de son agression violente (tentative d’homicide) de 2019, et des conséquences ; le maire d’Erquy, Henri Labbé, témoigne également.

Un protocole entre gendarmes, policiers, maires…

Et pourtant : « Il ne se passe pas une journée sans avoir un élu au téléphone », indique Nicolas Heinz, procureur de la République de Saint-Brieuc, intervenant à la table ronde.

Nous avons signé un protocole a été signé entre l’AMF 22, la gendarmerie, la police nationale, en mai 2023, pour avoir les outils. Un protocole avec une grande accessibilité.

Nicolas Heinz, procureur de la République de Saint-Brieuc

D’ailleurs, le colonel Stéphane Privat, commandant le groupement départemental de la gendarmerie, confie : « On a l’impression de faire beaucoup, mais en entendant vos retours, on voit qu’on n’en fait pas assez. »

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Le colonel Stéphane Privat, le procureur Nicolas Heinz, Catherine Lhéritier (de l’AMF nationale), le préfet Stéphane Rouvé et le maire d’Erquy, Henri Labbé, participent à une table ronde sur les violences envers les élus, samedi 3 février 2024 à Loudéac. ©Angélique Goyet

Applis, référents, patrouilles…

Et de lister plusieurs applis utiles, quand les élus sentent que ça va déraper (Gend’Élus, Alarme Élus), ou encore la méthode M.A.I.R.E.S. qui est une grille de lecture des situations à risque (du vert au rouge, comme intervenir la nuit, seul, sur fond d’alcool, entre autres), l’existence de référents-élus dans chaque brigade…

Après la plainte ou la main courante, nous pouvons intégrer votre domicile et la mairie dans nos patrouilles. On propose aussi une consultation sur la sûreté de ces lieux, pour en renforcer la sécurité comme mettre de la vidéo-surveillance.

Colonel Stéphane Privat, commandant le groupement départemental de la gendarmerie

La formation comme début de réponse

Le colonel rappelle : « Nous proposons des formations. Nous avons effectué une vingtaine de stages pour les élus en 2023, soit 150 personnes formées avec la gendarmerie ou la police. Pourtant, il y a un peu de 150 élus dans le département, non ? »

Un ange passe dans le public de maires, d’adjoints, de conseillers samedi 3 février 2024. Une solution pour plus de facilités d’accès à ces formations est trouvée : l’AMF 22 s’occupe des dates, la gendarmerie fournit le formateur.

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Pourtant, la formation est une demande des élus de l’AMF 22, d’après une étude réalisée fin 2023 sur les violences envers eux. Mais seuls 40 % des sondés étaient au courant de l’existence de formations.

« 9 cas sur 10, ce sont les administrés qui s’en prennent à leurs élus »

Justement, cette étude réalisée par des étudiants de l’institut régional de l’administration de Nantes, fin 2023, apprend que 61 % des maires interrogés (83 sur 348) ont été victimes d’incivilités (ça commence dès les tags comme à Guerlédan en août 2023) et/ou d’agressions en 2023 ; 37 % ont porté plainte.

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« Il faut porter plainte, ou déposer une main courante, pour avoir un historique de ces faits », indique le préfet Stéphane Rouvé.

Neuf cas sur 10, ce sont les administrés qui s’en prennent à leurs élus, à leur maire. Ils sont interpellés comme des agents de l’État, la protection fonctionnelle doit s’activer dans ce cadre.

Stéphane Rouvé, préfet des Côtes-d’Armor

Quand l’agresseur reste sur la commune

Le procureur Nicolas Heinz ajoute, notamment au sujet des violences en ligne : « Plus c’est haineux, plus c’est anonyme, et moins ils sont localisés en France. » Il a expliqué les différentes étapes après la plainte aux élus, les étapes d’enquête, les condamnations

Sur ce sujet, les maires d’Aucaleuc et d’Erquy ont rappelé leurs difficultés sur le terrain, leur agresseur (condamné à chaque fois) habite la commune… Pas facile de faire respecter, souvent, les injonctions d’éloignement.

Expliquer à tous le rôle de maire

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Ronan Kerdraon, président de l’AMF 22 et maire de Plérin, samedi 3 février 2024, à Loudéac. ©Angélique Goyet

« Comment faire œuvre de pédagogie sur ce sujet ? » s’est questionné le président de l’AMF 22, Ronan Kerdraon, maire de Plérin.

Qui souhaite que l’association aille vers les jeunes pour expliquer les rôles des élus, des maires en particulier. « C’est l‘un des plus beaux mandats, nos concitoyens ont encore confiance en nous, en leur maire, contrairement à d’autres niveaux de mandats. »

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Protéger nos Élus avec CDCL

Dans le contexte actuel marqué par des agressions envers nos élus locaux, l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales) se positionne en rempart essentiel pour assurer la sécurité et le bien-être de ceux qui œuvrent pour notre communauté.

Créée en 1998, CDCL a évolué au-delà de sa mission initiale de soutien aux petites municipalités pour devenir un acteur central dans la protection des élus. Son engagement ne se limite pas uniquement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection complet, répondant aux défis actuels.

Sous la direction éclairée de l’ancien Maire de Linas en Essonne, CDCL a élaboré un dispositif proactif. Celui-ci englobe des formations approfondies, des conseils juridiques spécialisés, et une assistance réactive en cas d’agression. L’association est habilitée au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, une personne investie d’un mandat électif public victime d’agression.

Forte de son enregistrement au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et du SIRET 92326341200010, CDCL a son siège au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris. Elle incarne une communauté engagée, dédiée à donner aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la spécificité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.

Pour de plus amples informations sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, nous vous invitons à consulter leur site web.

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