
Les images ont fusé à la vitesse d’un tweet : le maire de Cambo-les-Bains (64), Christian Devèze, qui tente dans le tumulte de quitter la salle du conseil municipal, mercredi 10 avril, peu après 22 heures. Des manifestants opposés au projet immobilier sur les terrains Marienia qui l’en empêchent. Une bousculade et le premier magistrat qui chute. Des gendarmes finissent par l’exfiltrer. Il recevra des soins au Centre hospitalier de la Côte basque, à Bayonne. Dès jeudi matin, le procureur de Bayonne, Jérôme Bourrier, ouvrait une enquête pour « violence en réunion sur un élu, à la suite des faits portant…
Les images ont fusé à la vitesse d’un tweet : le maire de Cambo-les-Bains (64), Christian Devèze, qui tente dans le tumulte de quitter la salle du conseil municipal, mercredi 10 avril, peu après 22 heures. Des manifestants opposés au projet immobilier sur les terrains Marienia qui l’en empêchent. Une bousculade et le premier magistrat qui chute. Des gendarmes finissent par l’exfiltrer. Il recevra des soins au Centre hospitalier de la Côte basque, à Bayonne. Dès jeudi matin, le procureur de Bayonne, Jérôme Bourrier, ouvrait une enquête pour « violence en réunion sur un élu, à la suite des faits portant atteinte aux principes républicains et à l’intégrité physique d’un élu ».
Le collectif d’agriculteurs Laborariak (agriculteurs, en basque) a orchestré l’obstruction du conseil municipal. Le groupe s’est organisé voilà deux semaines pour contester le projet Marienia. Conduit par Bouygues, le dessein prévoit une centaine de logements, dont la moitié en social. Avec 8 % de son parc classés HLM, Cambo court après les 25 % exigés par la loi SRU et voit poindre les pénalités. Pour ses opposants (1), promoteur et municipalité bétonneront de bonnes terres agricoles.
Boucan d’enfer
« On avait décidé de venir demander au Conseil municipal de réviser le PLU [plan local d’urbanisme, NDLR] pour préserver les terres agricoles de Marienia », indique Dominique Amestoy, un représentant de Laborariak. « On voulait les empêcher de tenir la séance du Conseil municipal pour qu’ils mesurent ce qu’est d’être empêché de travailler, comme la bétonisation des terres de Marienia empêchera des agriculteurs de travailler. » Munis de bâtons pour marteler le sol, de cloches, une cinquantaine de protestataires a fait un boucan d’enfer.
« Pendant deux heures sans interruption, des opposants n’ont pas permis la bonne tenue des débats. Je suspends la séance »
Dehors, des gendarmes se tiennent prêts à intervenir. À l’intérieur, Christian Devèze reste stoïque dans le vacarme. Les élus ne débattront pas du budget ce soir. Deux heures d’une extrême tension s’écoulent ainsi : pas d’autres mots que les slogans scandés par les manifestants. Jusqu’à ce que, sur l’écran du rétroprojecteur, n’apparaisse un message rédigé à la hâte : « Pendant deux heures sans interruption, des opposants n’ont pas permis la bonne tenue des débats. Je suspends la séance. » Il est 22 h 08. Des cris de joie et un discours en basque.
« Une revendication, fut-elle légitime, ne justifie pas le recours à la violence »
Christian Devèze se dirige alors vers la sortie que des manifestants lui barrent. C’est la bousculade. Et la chute. Jeudi après-midi, les élus de la majorité kamboar dénoncent dans un communiqué « la violence volontaire de certains opposants [qui] a projeté le premier magistrat de la commune au sol où il a été blessé à la tête ». Le texte des élus signale l’examen pratiqué sur les lieux par les pompiers et l’« hospitalisation d’urgence » du maire à l’hôpital de Bayonne, « où il a passé la nuit en observation ».
Faits à établir
Les réactions de soutien à Christian Devèze sont venues, nombreuses, dénoncer « des tentatives d’intimidation ». « Il est intolérable de s’en prendre à une personne démocratiquement élue », signe le président du Conseil départemental des Pyrénées-Atlantiques Jean-Jacques Lasserre. Le maire de Bayonne et président de l’Agglomération Pays basque Jean-René Etchegaray enfonce : « Une revendication, fut-elle légitime, ne justifie pas le recours à la violence. » Quand le sénateur Max Brisson tonne contre « les enragés qui pourrissent la vie municipale de Cambo depuis plusieurs mois », en référence aux précédentes actions des opposants au projet Marienia.
« Ce qui s’est passé à Cambo n’a rien à voir avec les agressions d’élus dont on parle ailleurs »
« Il y a une bousculade à la fin, mais pas de coup ni de violence de notre part. Ce qui s’est passé à Cambo n’a rien à voir avec les agressions d’élus dont on parle ailleurs », soutient Dominique Amestoy. Pour l’élue d’opposition Argitxu Hiriart-Urruty, « c’est le résultat de la volonté du maire de ne pas recevoir les opposants au projet Marienia qui le lui demandent en vain depuis des années ». Dans un communiqué, le syndicat paysan ELB assure que « la chute du maire a été accidentelle » et qu’« il n’y a eu aucune intention de s’en prendre physiquement à lui ». ELB pointe « les nombreux amalgames qui ont été faits entre la chute accidentelle de M. Devèze et les différentes agressions qui sont dirigées vers des élus dans l’exercice de leur fonction et que nous désapprouvons ».
L’enquête établira précisément les faits. Reste l’entrave au conseil municipal, un empêchement physique d’élus à la sortie, dans un contexte général de tensions de plus en plus marquées entre élus locaux et certains administrés.
(1) Laborariak est le groupe le plus récent qui rejoint le Cade, Lurzaindia, Marienia ez hunki, Ostia.
Protéger nos Élus avec CDCL
Dans le contexte actuel marqué par des agressions envers nos élus locaux, l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales) se positionne en rempart essentiel pour assurer la sécurité et le bien-être de ceux qui œuvrent pour notre communauté.
Créée en 1998, CDCL a évolué au-delà de sa mission initiale de soutien aux petites municipalités pour devenir un acteur central dans la protection des élus. Son engagement ne se limite pas uniquement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection complet, répondant aux défis actuels.
Sous la direction éclairée de l’ancien Maire de Linas en Essonne, CDCL a élaboré un dispositif proactif. Celui-ci englobe des formations approfondies, des conseils juridiques spécialisés, et une assistance réactive en cas d’agression. L’association est habilitée au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, une personne investie d’un mandat électif public victime d’agression.
Forte de son enregistrement au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et du SIRET 92326341200010, CDCL a son siège au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris. Elle incarne une communauté engagée, dédiée à donner aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la spécificité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.
Pour de plus amples informations sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, nous vous invitons à consulter leur site web.
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