Des Acadiens se sont sentis insultés. Des députés fédéraux ont chanté le God save the King après le rejet d’un projet de loi de René Arseneault. Celui-ci voulait donner la possibilité aux membres du Parlement de prêter un serment au Canada plutôt qu’au roi.
«Je suis déçu par le gouvernement libéral et je suis insulté par l’Opposition», exprime Frédérick Dion.
L’Acadien aurait aimé que le parti de Justin Trudeau évite de donner la consigne à ses ministres de voter contre le projet de loi du représentant de Madawaska-Restigouche, René Arseneault.
Celui-ci a proposé de modifier la Loi constitutionnelle de 1867. Il voulait ajouter une alternative au serment d’allégeance au roi que doivent prêter les membres du Parlement fédéral: un serment au Canada et à sa Constitution.
C’est le God save the King entonné par plusieurs élus de la Chambre des communes après le rejet du projet de loi C-347 qui a frappé Frédérick Dion. – Archives
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«Le gouvernement aurait même pu imposer une ligne de parti pour soutenir un député de ses rangs», ajoute M. Dion.
Toutefois, c’est le God save the King entonné par plusieurs élus de la Chambre des communes après le rejet du projet de loi C-347 qui a frappé M. Dion.
«C’était simplement ajouter l’insulte à l’injure, s’indigne-t-il. On a voulu nous enfoncer dans la gorge cette défaite-là. Évidemment, il y a tout un lien historique à faire. Je ne suis pas du genre à vouloir qu’on gratte le bobo, qu’on se victimise, mais je trouve que ce chant était complètement déplacé et insultant. C’était même très méprisant.»
Le propriétaire de l’érablière Les Sirops d’Acadie évoque 1755. Cette année-là, le gouverneur britannique Charles Lawrence a pressé les Acadiens de prêter un serment d’allégeance inconditionnel à la Grande-Bretagne. Devant leur refus, il a ordonné leur déportation.
Insultés
Le professeur émérite en droit de l’Université de Moncton, Michel Doucet, s’attendait au rejet du projet de loi C-347, mercredi.
«Je crois que les députés ne sont pas encore prêts à trouver une solution alternative au serment à la couronne britannique pour les députés et les sénateurs à Ottawa», déclare-t-il.
En revanche, il s’est aussi senti insulté par le God save the King. Il juge que l’interprétation de ce chant à ce moment et à cet endroit était déplacée.
«Le député Arsenault avait bien expliqué qu’il ne proposait pas l’abolition de la monarchie au Canada, souligne l’avocat. Je ne vois pas pourquoi certains députés ont senti le besoin d’entonner l’hymne national d’un pays étranger pour démontrer leur appui à la couronne britannique.»
M. Doucet estime que les chanteurs ont démontré de l’insensibilité vis-à-vis de la proposition de M. Arsenault et de plusieurs communautés, comme les Acadiens et les Autochtones, mal à l’aise devant l’obligation de prêter un serment d’allégeance au roi d’Angleterre.
Pincés
La présidente de la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB), Nicole Arseneau-Sluyter, croit que la majorité des députés fédéraux ont mal compris le projet de loi C-347.
«Quand certains ont chanté God Save the King, c’est venu nous pincer à la bonne place, raconte-t-elle. Ça prouve qu’il y a encore un sentiment d’appartenance-là à l’Angleterre et à la monarchie. C’est certain que nous [les Acadiens], on ne l’est pas. En tout cas, moi je ne le suis pas. Sachant notre histoire, il me semble que la monarchie est un peu dépassée. C’est elle qui nous déportés.»
Mme Arseneau-Sluyter plaide pour la modernisation des institutions canadiennes et l’unité nationale.
Mal reconnus
Le président de la Société nationale de l’Acadie (SNA) Martin Théberge, assimile le rejet du projet de loi C-347 à une occasion manquée.
«Rappelons qu’en 2003, les torts infligés aux Acadiennes et Acadiens ont été reconnus par la reine Elizabeth II. Malgré cette reconnaissance, les Acadiens ont toujours du mal à se faire reconnaître comme peuple et cet acte à la Chambre des communes vient renforcer ce manque de sensibilité», ajoute-t-il.
Les deux ministres fédéraux originaires du Nouveau-Brunswick qui ont voté non au projet de loi de M. Arseneault, Ginette Petitpas Taylor ainsi que Dominic LeBlanc, n’ont pas répondu aux questions de l’Acadie Nouvelle.
Idem pour deux députés conservateurs opposés au texte, Richard Bragdon (Tobique–Mactaquac) et Jake Stewart (Miramichi–Grand Lake).
La secrétaire parlementaire de Mme Petitpas Taylor, Isabelle Arseneau, a fait parvenir cette déclaration à l’Acadie Nouvelle.
«Le leader en Chambre du gouvernement a signalé avant le vote que les membres du Cabinet voteraient contre ce projet de Loi privé. Comme les autres membres du Cabinet la ministre Petitpas Taylor n’a pas voté en faveur de ce projet de Loi.»
À la Chambre des communes, les interventions attaquant le projet de loi C-347 ont porté sur la difficulté de modifier la Loi constitutionnelle de 1867, sur l’importance d’avoir suffisamment de discussions sur le rôle de la monarchie au Canada ainsi que sur la pertinence du moment choisi pour ouvrir ce débat.
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