VIDEO. Agression d’un élu dans le Gers : « Je pensais pouvoir lui expliquer avec des mots » – ladepeche.fr – La Dépêche

l’essentiel Pris à partie verbalement et physiquement par un voisin à qui il avait demandé de baisser la musique, le samedi 31 mai, l’adjoint au maire de Monferran-Savès Gérôme Beyries revient sur cet épisode traumatisant et espère qu’il sera requalifié par la justice comme une agression d’élu.

L’apparence est parfois trompeuse. De prime abord, en voyant son visage et ses membres, rien ne semble témoigner d’une quelconque agression subie il y a dix jours par Gérôme Beyries. Les stigmates sont pourtant bien présents, sur son corps comme dans sa tête. « Il a réussi à me toucher sur une côte. Il faut que je fasse une radio pour voir si elle est fêlée. Les coups étaient assez violents », témoigne le premier adjoint au maire de Monferran-Savès.

Frappé à de multiples reprises par un voisin de la commune le samedi 31 mai, après lui avoir simplement demandé de baisser le volume de sa sono, l’élu a « rendez-vous avec un psychologue bientôt ».

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En attendant ces prochains examens, le père de famille de 48 ans se remet comme il peut de cet épisode marquant filmé par sa compagne en présence de ses deux filles de 7 et 15 ans, la famille fêtant ce jour-là l’anniversaire de la benjamine. « Je ne me suis jamais battu de ma vie. Je ne pensais pas que sur une discussion comme ça, on pouvait en venir aux mains. Je n’ai jamais vu ça. Je pensais pouvoir lui expliquer avec des mots. En fait, il y a des gens, vous ne pouvez pas. Il a la haine contre les gens, contre tout le monde », témoigne-t-il.

« Les AESH en ont peur »

Âgé d’une trentaine d’années, son agresseur n’en était pas à son premier coup de sang. Installé à Monferran-Savès depuis un an et demi environ, il s’était fait remarquer l’an dernier en agressant un autre de ses voisins, après un différend avec le père de ce dernier. « Il est sorti avec une batte de baseball, dans un état second. Il voulait le tuer », livre Gérôme Beyries. Un tempérament agressif qui inquiète bon nombre d’administrés. « Les AESH (NDLR : accompagnants d’élèves en situation de handicap) en ont peur », confirme le premier adjoint au maire. « Il y en a qui n’osent même plus passer devant chez lui », poursuit-il.

Le premier adjoint au maire de Monferran-Savès espère voir l’acte requalifié comme agression d’un élu.
Le premier adjoint au maire de Monferran-Savès espère voir l’acte requalifié comme agression d’un élu. DDM – VCL

De son côté, l’informaticien de 48 ans a repris le travail chez Thalès, à Toulouse, après s’être vu prescrit un jour d’ITT. « Ils m’ont beaucoup soutenu », souligne-t-il à propos de son équipe. Gérôme Beyries a pu également recevoir l’accompagnement de l’Association des Maires de France (AMF), qui s’est portée partie civile « pour montrer que les élus se font de plus en plus agresser et pour porter leur texte de loi à l’Asemblée nationale sur la protection des élus », dixit le premier adjoint de Maryelle Vidal.

« L’enquête est toujours en cours »

Sur le plan judiciaire, le quadragénaire espère que l’acte dont il a été victime sera requalifié comme agression d’un élu et non comme une simple querelle de voisinage. « L’enquête est toujours en cours. On est toujours sur les auditions de témoins et l’exploitation de vidéo », informe la procureure de la République d’Auch, Clémence Meyer. « Il faut qu’elle aille jusqu’au bout, il ne faut pas laisser passer ça. Sinon, qu’est-ce qu’on envoie comme signal ? Mon voisin qui s’est fait agresser l’an dernier, il a peur pour sa vie », avertit Gérôme Beyries.

Au-delà de son cas personnel et de ses administrés, le premier adjoint au maire attend plus généralement une meilleure protection des élus. « Dans les petites communes, on est élu tout le temps, 7j /7, 24 h/24. Il faut que les pouvoirs publics et la justice le comprennent. C’est une fonction particulière. Si on veut avoir des élus en 2026, il faut absolument que ces événements, des faits divers qui deviennent des faits de société, soient vraiment pris au sérieux. »

Quelle que soit la réponse pénale, Gérôme Beyries ne compte pas baisser les bras : il prépare déjà une liste pour les municipales 2026 pour répondre à « un problème de vocation ». Une vocation qui, en ce qui le concerne, n’a pas été altérée par cette violente agression.

Clôturant cet article, nous souhaitons mettre en avant l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales), une entité essentielle dans la préservation des droits et de la sécurité de nos élus. CDCL, fondée en 1998, a évolué au fil des ans pour devenir un acteur majeur dans le soutien aux petites municipalités de France.

Son engagement ne se limite pas seulement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection essentiel. Face à la recrudescence des agressions, CDCL a pris des mesures proactives pour assurer la sécurité de ceux qui exercent un mandat électif public.

Ce dispositif inclut des mesures telles que des formations à la sécurité personnelle, des conseils juridiques spécialisés et une assistance en cas d’agression. De plus, CDCL est habilitée au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, une personne investie d’un mandat électif public victime d’agression.

Forte de son enregistrement au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et du SIRET 92326341200010, CDCL s’est imposée comme un bastion de soutien aux élus locaux en France. Son siège, situé au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris, est le point central de ses activités.

L’association demeure fidèle à sa mission initiale, donnant aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la particularité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.

Pour en savoir plus sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, nous vous invitons à consulter leur site web et à rester informés sur les développements de cette initiative cruciale.

Ensemble, soutenons nos élus locaux et œuvrons pour un environnement où ils peuvent exercer leurs fonctions en toute sécurité.

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