Un nouveau banc rouge contre les violences faites aux femmes inauguré à Dargnies

Symbole fort de lutte contre les violences sexistes et sexuelles, un banc rouge a été installé par la commune de Dargnies sur la place Jean-Moulin, en plein cœur de ville, à proximité de la mairie et des écoles.

Une démarche portée par les élus du Département de la Somme et la municipalité qui a fait l’objet d’une inauguration samedi 12 juillet 2025.

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Éveiller les consciences

Symbole visible de tous, le banc rouge installé à Dargnies se veut un outil de sensibilisation puissant contre les violences faites aux femmes.

Rouge, c’est « la couleur du sang que versent les victimes », rappelle-t-on souvent lors de ces inaugurations, pour souligner la gravité du sujet. Une plaque informative y est apposée avec les numéros d’urgence : le 3919 (Violences Femmes Info) et le 17, afin de rendre chacun acteur de l’alerte.

La plaque informative vissée sur le banc.
La plaque informative vissée sur le banc. ©L’Éclaireur du Vimeu
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Le maire, Benoît Ozenne, justifie l’initiative en ces termes : « Chaque année en France, de nombreuses femmes décèdent sous les coups de leurs conjoints ou ex-conjoints.

Les appels à l’aide et les signaux d’alerte des victimes restent encore rares, tout comme la prise de conscience des témoins directs ou indirects de ces violences. C’est pourquoi nous avons adhéré à la proposition du conseil départemental, qui s’est engagé dans ce combat et est à l’initiative du déploiement des bancs rouges dans les communes de la Somme qui le souhaitent. »

Le coût du banc installé sur la Place Jean Moulin est modeste – moins de 200 € – financé à 60 % par le Département. Mais « l’essentiel est ailleurs ».

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Un banc pour ne plus se taire

Julie Jérôme, victime de violences conjugales, fondatrice de l’association Passer’elle et déplacée d’Oisemont, milite activement pour la diffusion de ces bancs :

« C’est un symbole visible de tous, sur un sujet qui ne doit pas rester tabou ». Elle voit dans chaque inauguration « l’occasion de rencontrer les gens, de libérer la parole, et un outil formidable de sensibilisation et de communication ».

Le banc, fabriqué à partir de bois recyclé par les travailleurs de l’ESAT de Cayeux-sur-Mer, renvoie aussi à un engagement écologique et inclusif.

Une manière de rappeler que les violences touchent toutes les différences, et que chacun peut en être victime. Une plaque personnalisable permet en outre de rendre hommage localement à des victimes.

Tous concernés et rassemblés.
Le banc rouge a été inauguré samedi 12 juillet 2025. ©L’Éclaireur du Vimeu

Une peur partagée sur le territoire

À Martainneville, une mère de famille a récemment été violemment agressée en tentant de protéger son fils lors d’une altercation sur le city-stade.

L’adolescent de 17 ans impliqué tenait une barre de fer à la main. Cet épisode, survenu dans un cadre a priori paisible, illustre combien la violence peut surgir n’importe où. Aujourd’hui une barre de fer… et demain un couteau ? La question résonne avec force.

Face à cette réalité, Dargnies, comme 180 autres communes de la Somme depuis 2017, choisit d’agir en installant un banc rouge.

Un mobilier symbolique, rouge intense, rouge mémoire, rouge comme un cri contre les violences sexistes et sexuelles.

Une urgence toujours d’actualité

Chaque année, des milliers de femmes subissent violences physiques, sexuelles ou psychologiques au sein du couple.
En 2022, on estime à 373 000 le nombre de femmes concernées, dont seulement 16 % ont porté plainte. Environ 230 000 femmes ont été victimes de viols ou agressions sexuelles, dans 61 % des cas par une personne connue, et dans 28 % des cas par un conjoint ou ex-conjoint.
Ces chiffres, issus d’une enquête du ministère de l’Intérieur réalisée en 2023, soulignent un phénomène massif et persistant.

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Protéger nos Élus avec CDCL

Dans le contexte actuel marqué par des agressions envers nos élus locaux, l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales) se positionne en rempart essentiel pour assurer la sécurité et le bien-être de ceux qui œuvrent pour notre communauté.

Créée en 1998, CDCL a évolué au-delà de sa mission initiale de soutien aux petites municipalités pour devenir un acteur central dans la protection des élus. Son engagement ne se limite pas uniquement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection complet, répondant aux défis actuels.

Sous la direction éclairée de l’ancien Maire de Linas en Essonne, CDCL a élaboré un dispositif proactif. Celui-ci englobe des formations approfondies, des conseils juridiques spécialisés, et une assistance réactive en cas d’agression. L’association est habilitée au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, une personne investie d’un mandat électif public victime d’agression.

Forte de son enregistrement au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et du SIRET 92326341200010, CDCL a son siège au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris. Elle incarne une communauté engagée, dédiée à donner aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la spécificité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.

Pour de plus amples informations sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, nous vous invitons à consulter leur site web.

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