
Pendant que l’Assemblée nationale votait en faveur de la résolution du RN dénonçant les accords franco-algériens de 1968, Abdelkader Lahmar est parvenu a suscité non pas une, ni deux, mais trois polémiques en quelques heures seulement. La première ? Une diatribe contre les harkis. Lors d’une séance de la commission de la Défense nationale, dont il est membre, le député de La France insoumise (LFI) n’a pas hésité à reprendre les termes du FLN en se décrivant comme un « fils de personnes assassinées par l’armée française », avant d’assurer que « des harkis y ont probablement participé ». Mais l’élu franco-algérien de 54 ans est même allé plus loin en affirmant que le mot « harki » ne signifie pas autre chose… que « traître ».
Dès le lendemain, l’insoumis a de nouveau fait scandale, cette fois pour sa colère après la victoire du Rassemblement national dans l’hémicycle. Fustigeant un « texte raciste », Abdelkader Lahmar est allé jusqu’à évoquer « le retour de l’OAS (Organisation de l’Armée secrète) à l’Assemblée nationale » – le groupe paramilitaire pro-Algérie française ayant commis des attentats pendant et après la guerre d’Algérie – et à attribuer au RN des intentions expansionnistes en affirmant redouter des « expéditions coloniales » si le parti à la flamme arrivait au pouvoir.
Dans ce climat de tension, l’élu du Rhône a également violemment pris à partie la députée UDR Hanane Mansouri en plein Palais-Bourbon, l’accusant d’être une « caution » pour la droite – en référence à ses origines marocaines. Après cette attaque, l’intéressée a réagi auprès du JDD, confiant qu’être « insultée de « caution » par ceux qui parlent de racisme toute la journée est assez agaçant ».
Combat pour les quartiers
Élu député de la 7e circonscription du Rhône aux législatives anticipées en 2024, cet ancien professeur de lycée à Vaulx-en-Velin a bâti sa campagne autour des quartiers populaires, promettant de porter leur voix. Celui qui lorgne désormais la mairie de la même ville pour les municipales de 2026 s’aligne sans surprise sur le discours du parti de gauche radicale, notamment à l’égard des forces de l’ordre.
En mai dernier, le député avait été accusé de propos anti-flics par le maire de Rillieux-la-Pape, Alexandre Vincendet, pour qui l’élu mélenchoniste colle « une cible dans le dos » aux policiers – l’insoumis fait même l’objet d’une plainte déposée par la ville pour ces faits. Lors d’une prise de parole à l’Assemblée, il avait en effet accusé la police locale de harceler les jeunes de la commune, évoquant une « multiverbalisation » pour des « infractions mineures ». Le commissariat de Rillieux-la-Pape a par la suite été visé par des jets de cocktails molotov à la mi-mai – entraînant l’interpellation d’au moins dix jeunes, dont neuf mineurs.
À l’image d’autres membres de LFI, Abdelkader Lahmar ne ménage pas non plus ses attaques contre la droite, en particulier contre l’ancien ministre de l’Intérieur et patron des Républicains, Bruno Retailleau. Le 12 juin, il s’était ainsi indigné de la dissolution de la Jeune Garde antifasciste. « Tu t’en prends à La Jeune Garde, l’organisation d’un député, Raphaël Arnault, pour une seule raison : parce qu’il combat ce que toi, tu tolères, voire encourages », avait-il lancé à l’ex-chef de Beauvau dans un tweet.
Pourfendeur de « l’islamophobie »
À l’image de ses collègues de gauche radicale, l’élu du Rhône fait aussi de la cause palestinienne son cheval de bataille. Le 1er juillet dernier, il fustigeait par exemple l’inscription de militants propalestiniens au fichier S après leur participation à une marche humanitaire internationale – partie du Caire, en Égypte, le 13 mai. Là encore, il avait interpellé le chef de Beauvau pour demander la levée de ces fichages.
Après le meurtre d’Aboubakar Cissé dans une mosquée du Gard, le 25 avril 2025, le député avait encore une fois appelé Bruno Retailleau à agir, cette fois pour lutter contre la « montée de l’islamophobie ». « Ce meurtre n’est pas un accident. Il est l’aboutissement d’un climat de haine que vous laissez prospérer jour après jour. L’islamophobie tue en France », avait-il lancé dans l’hémicycle.
S’il dénonce ce qu’il considère comme de la haine envers les musulmans, le parlementaire se montre bien plus critique envers la religion chrétienne. Lors de l’installation d’une école privée catholique à Bron, celui-ci allait jusqu’à parler d’une « rupture avec le vivre ensemble », accusant la mairie de « préparer la ségrégation scolaire et sociale de demain ».
Dans un tout autre registre, l’élu de gauche radicale s’était également illustré dès août 2024, peu après son élection. Il avait en effet tenter de contester une amende de 135 euros infligée pour stationnement gênant… en présentant sa carte de député. Auprès de Lyon Mag, Abdelkader Lahmar avait affirmé avoir seulement « demandé à obtenir un rendez-vous » avec un membre de la police municipale, tout en regrettant qu’il soit « compliqué » d’obtenir des explications « quand [on est] est citoyen ».
Sollicité par le JDD, le député Abdelkader Lahmar n’a pas donné suite à ce stade.
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