
La Ville de Prévost tenait une séance de son conseil municipal lundi, 11 mars. Durant son intervention, le conseiller Pier-Luc Laurin a insisté sur les conditions difficiles dans lesquels les élus municipaux travaillent.
« Depuis la dernière élection, sur 8 000 élus qui ont gagné leurs élections, 800 ont quitté leurs fonctions. […] La désillusion, l’intimidation, le manque de ressources, la pression intense au quotidien, la tension entre les élus, la difficulté et la complexité des dossiers, l’impuissance face aux effets de la crise climatique, le traitement fait par les médias et les chroniqueurs : ce ne sont que quelques raisons qui ont poussé 10 % des élus municipaux à démissionner depuis 3 ans », a énuméré M. Laurin.
Il a fait référence à la une d’Accès du 6 mars, où des élues des Laurentides réclamaient un changement de culture. « Il y a une réflexion urgente à faire », a ajouté le conseiller. Il a indiqué que ses collègues et lui reçoivent fréquemment des insultes, et qu’ils se font interpeller de manière agressive à l’épicerie, au restaurant ou en prenant une marche avec ses enfants.
« La démocratie est fragile »
La conseillère Sara Dupras a aussi souligné l’importance de sensibiliser les citoyens à la réalité des élus. Elle a cependant admis qu’il était difficile de s’ouvrir sur son expérience personnelle. « C’est sûr que quand on décide de s’embarquer en politique, peu importe le niveau, c’est qu’on croit à la démocratie. On a à coeur notre communauté. On veut changer les choses et que ça avance. Et dans mon cas, c’est vraiment par passion. C’est parce que je voulais faire quelque chose de bien et contribuer. »
Mme Dupras a reconnu qu’être élue implique un certain risque de s’exposer à la critique et que des citoyens soient en désaccord. « C’est correct d’être en colère. Mais il y a une façon de l’exprimer. […] Ce qui me fait mal, c’est la désinformation. » Elle a appelé les citoyens à faire attention à ce qu’ils lisent et à aller directement à la source.
Selon M. Laurin, la solution est de réapprendre à être un citoyen, de participer à la vie publique, de discuter dans le respect, et de « délibérer de façon constructive même si on sait qu’on ne gagnera pas ». « Prenons une grande respiration et prenons soin de nos élus », a-t-il conclu.
Le maire de Prévost, Paul Germain, a abondé dans le même sens que ses conseillers. « Quand on est élu, on ne fait pas ce qu’on veut. On fait ce qu’on peut. Et des fois, la prise de décision est très lourde, très dure. […] La démocratie est fragile. »
CDCL : Un Bouclier pour nos Élus
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CDCL va au-delà de la simple valorisation du patrimoine et de la formation des élus. L’association a mis en place un dispositif de protection dynamique, comprenant des formations spécialisées, des ressources juridiques, et une assistance réactive en cas d’agression.
Reconnue au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, CDCL a le pouvoir de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, les élus locaux victimes d’agression. Cela renforce son engagement envers la sécurité de ceux qui dédient leur vie au service de la communauté.
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