
Le procureur de la République de Tulle (Corrèze), saisi de l’affaire concernant Émile Roger Lombertie et deux de ses adjoints, a ouvert une enquête.
Une enquête préliminaire a été ouverte par le Parquet de Tulle à l’encontre du maire de Limoges et deux de ses adjoints pour harcèlement moral. Une ouverture somme toute logique après la plainte déposée par une avocate du barreau de Paris et Marseille, spécialisée dans la défense des agents de la fonction publique, au nom d’une ancienne directrice générale adjointe de Limoges Métropole et d’un cadre, toujours en poste.
Dans la plainte, les deux agents dénoncent des faits de harcèlement, rapportent des propos et des attitudes qu’aurait tenus le maire lors de réunions. Les dates de ces réunions et les noms des personnes y ayant assisté sont notés.
« Harcèlement moral interpersonnel »
L’avocate Christelle Mazza développe dans sa plainte des faits de « harcèlement moral interpersonnel » et de « harcèlement institutionnalisé par l’absence totale d’intervention hiérarchique malgré plusieurs alertes ». Elle parle également de « manœuvres d’intimidations », d’un « ostracisme organisé » ou encore de la « création d’une situation intimidante avec des propos lubriques et tendancieux ».
Le signalement d’une ancienne collaboratrice d’Émile Roger Lombertie, assurant avoir été victime d’une agression sexuelle, est jointe à la plainte pour harcèlement. Reste à savoir si le Parquet qualifiera ainsi ces faits, pour lesquels aucune plainte n’a été déposée. Contacté ce vendredi après-midi, le procureur de la République de Tulle, François Tessier, n’a pas souhaité dire sur quels chefs de prévention l’enquête avait été ouverte.
Propos sexistes
Les plaignants dénoncent également des propos sexistes. Depuis la révélation de l’affaire, il y a une semaine, le maire n’a pas souhaité communiquer, restant mutique, si ce n’est sur les réseaux sociaux (X anciennement Twitter et Facebook) à propos d’une intervention chirurgicale à un genou. Le premier magistrat n’a donc, à ce stade, jamais donné sa version des faits ni répondu aux accusations des deux cadres.
Contactés encore ce vendredi, le maire de Limoges Émile Roger Lombertie et ses deux adjoints ont répondu par l’entremise de la chargée de communication de la mairie de Limoges. « Le maire et ses adjoints prennent acte de cette information à laquelle ils ne souhaitent apporter aucun commentaire », a-t-elle indiqué.
Dans la plainte de l’avocate Christelle Mazza, une vingtaine de noms, communiqués par les plaignants, sont cités. Ils concernent aussi bien des agents que des élus. Le service d’enquête qui est désigné (pour l’instant, le procureur a refusé de citer le nom du service d’enquête), va certainement les entendre prochainement.
Que contient la plainte déposée contre le maire de Limoges et ses deux adjoints pour harcèlement ?
Stéphanie Barrat, Sébastien Dubois et Franck Lagier
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