Nouvelle-Calédonie : nuit de violences après l’incarcération en métropole de figures indépendantistes

Des policiers bloquent la route vers le tribunal à Nouméa, le 22 juin 2024.

Des policiers bloquent la route vers le tribunal à Nouméa, le 22 juin 2024. THEO ROUBY/AFP

Temps de lecture : 3 min.

En accès libre

Une nouvelle flambée de violences a eu lieu en Nouvelle-Calédonie dans la nuit du dimanche 23 à ce lundi 24 juin, après l’incarcération en métropole de militants indépendantistes, décrits comme des « prisonniers politiques » par la Cellule de Coordination des Actions de Terrain (CCAT).

« La nuit a été agitée et marquée par des troubles sur l’ensemble de la grande terre [l’île principale, NDLR], sur l’île des Pins et Maré, nécessitant l’intervention de nombreux renforts : prises à partie des forces de l’ordre, incendies volontaires et barrages », a indiqué ce lundi dans un communiqué le Haut-Commissariat, représentant de l’Etat français en Nouvelle-Calédonie.

Publicité

Ce regain de tension intervient après le transfèrement en métropole, dans la nuit de samedi à dimanche, de plusieurs figures indépendantistes calédoniennes, dont Christian Tein, le chef de la CCAT, soupçonné d’avoir orchestré les émeutes sur le « Caillou », pour y être incarcérées. Le procureur à Nouméa a justifié cette mesure « en raison de la sensibilité de la procédure et afin de permettre la poursuite des investigations de manière sereine, hors de toute pression ou concertation frauduleuse ».

A lire aussi

« Nous exigeons la libération et le retour immédiat des frères et sœurs pour être jugés sur leur terre », a affirmé la CCAT dans un communiqué ce lundi, dénonçant les « tactiques coloniales » de la France après l’arrestation et le transfert de ces indépendantistes. « Le verdict à l’encontre des onze interpellés est intolérable, inacceptable et surtout injuste et injustifié », poursuit le communiqué de la CCAT, qui précise que les « prisonniers politiques » ont fait appel et que la justice doit statuer sous quinze jours.

« Libérez nos prisonniers ! »

A Dumbéa, au nord de Nouméa, chef-lieu de la Nouvelle-Calédonie, les locaux de la police municipale ont brûlé ainsi qu’un garage. Quatre véhicules blindés dont un de dernière génération – un Centaure – sont intervenus, a constaté un journaliste de l’AFP.

Les affrontements se sont déroulés près d’un garage automobile où des voitures étaient en feu. Quatre militants encagoulés se tenant derrière des barricades de fortune ont lancé des projectiles vers les forces de l’ordre en les invectivant, a observé un journaliste de l’AFP.

Publicité

Près d’un grand magasin de matériel de sport entièrement détruit situé dans les environs, des indépendantistes campaient devant les forces de l’ordre ce lundi en début d’après-midi, l’un d’eux lançant « Libérez nos prisonniers ! ».

A lire aussi

Des affrontements ont aussi opposé les forces de l’ordre à des indépendantistes à Bourail, commune située à moins de 200 kilomètres au nord de Nouméa, qui se sont soldés par un blessé, a appris l’AFP. La personne blessée n’a pas été touchée par une balle et n’est pas membre des forces de l’ordre, a précisé le Haut-Commissariat.

Ce lundi, dans le quartier de la Vallée-du-Tir, une unité de policiers a délogé des émeutiers d’un barrage en flammes sur un rond-point, a indiqué un policier à l’AFP. Selon la même source, un homme agitait un drapeau kanak jusqu’à l’intervention de la police, qui déblayait le barrage pour la deuxième fois ce lundi.

Le Haut-Commissariat a fait état « de plusieurs incendies maîtrisés », en particulier à Ducos et dans le quartier de Magenta, ajoutant que « les locaux et des véhicules de la police municipale et de véhicules de particuliers » ont été incendiés.

Publicité

« Des exactions, destructions et tentatives d’incendies ont également été commises à plusieurs endroits sur Païta », a ajouté le Haut-Commissariat, soulignant que « la brigade territoriale de Maré a également été prise à partie ».

Réactivation du pont aérien

La route qui mène à l’aéroport était bloquée ce lundi en début d’après-midi, en raison d’une opération de déblaiement par les forces de l’ordre, selon des journalistes de l’AFP. Le pont aérien entre l’aérodrome de Magenta, situé dans le quartier du même nom à Nouméa, et l’aéroport international de La Tontouta, qui devait être levé totalement ce lundi, a été réactivé pour les passagers à l’arrivée ou au départ ce lundi, a annoncé la chambre de commerce et d’industrie (CCI), gestionnaire de l’infrastructure.

Ce lundi matin, de nombreuses écoles étaient fermées en raison du regain de violences et la voie express menant à l’hôpital est bloquée des deux côtés, au niveau du pont des érudits Apogoti.

L’Association de Prévention et de Traitement de l’Insuffisance rénale (Atir) a annoncé ce lundi dans un communiqué que leurs « unités de dialyse du Grand Nouméa (Robinson, Koutio, DSM) sont actuellement fermées et dans l’incapacité de pouvoir accueillir patients et soignants en sécurité ». « Nos soignants attendent de pouvoir retourner sur les unités de dialyse dès que la situation le permettra à nouveau, tout comme les ambulances transportant les patients qui ont beaucoup de mal à se déplacer », a prévenu l’Atir.

Publicité

Dans son communiqué, la CCAT a argué que « c’est l’Etat français qui pousse à la violence en dressant les populations face à des barrages des forces de l’ordre disproportionnées ». « Le peuple kanak ne renoncera jamais à son désir d’indépendance dans la paix », ajoute le mouvement.

L’archipel du Pacifique Sud est en proie à de violents troubles depuis le 13 mai, nés de la contestation d’un projet de loi de dégel électoral. Les événements ont fait neuf morts, dont deux gendarmes, et d’immenses dégâts, chiffrés à plus d’un milliard d’euros.

Le président Emmanuel Macron a suspendu mi-juin le projet de loi qui a mis le feu aux poudres et cristallisé la colère du camp indépendantiste : il prévoyait une réforme constitutionnelle modifiant les critères électoraux pour les élections provinciales calédoniennes, ce qui aurait eu pour conséquences, selon ses opposants, de marginaliser le poids du peuple autochtone kanak.

Sur le sujet Nouvelle-Calédonie

Sur le sujet Société

Protéger nos Élus avec CDCL

Dans le contexte actuel marqué par des agressions envers nos élus locaux, l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales) se positionne en rempart essentiel pour assurer la sécurité et le bien-être de ceux qui œuvrent pour notre communauté.

Créée en 1998, CDCL a évolué au-delà de sa mission initiale de soutien aux petites municipalités pour devenir un acteur central dans la protection des élus. Son engagement ne se limite pas uniquement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection complet, répondant aux défis actuels.

Sous la direction éclairée de l’ancien Maire de Linas en Essonne, CDCL a élaboré un dispositif proactif. Celui-ci englobe des formations approfondies, des conseils juridiques spécialisés, et une assistance réactive en cas d’agression. L’association est habilitée au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, une personne investie d’un mandat électif public victime d’agression.

Forte de son enregistrement au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et du SIRET 92326341200010, CDCL a son siège au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris. Elle incarne une communauté engagée, dédiée à donner aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la spécificité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.

Pour de plus amples informations sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, nous vous invitons à consulter leur site web.

Source de l’article : Source