Montpellier / Agression lesbophobe : préfet et politiques interrogent quant au traitement de la plainte

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Le témoignage de Laura, suite à la violente agression lesbophobe dont elle a été victime samedi 1er juin durant le Festival des Fanfares, a suscité des réactions. Et pas des moindres. Le préfet de l’Hérault François-Xavier Lauch, le maire de Montpellier Michaël Delafosse et le sénateur de l’Hérault, par ailleurs président fondateur du Collectif Contre l’Homophobie, Hussein Bourgi s’interrogent quant au traitement de sa plainte au commissariat.

Le préfet en soutien de la victime

En 2021, le commissariat central de Montpellier s’était déjà trouvé au coeur d’une polémique après la vidéo sur les réseaux sociaux de l’activiste féministe Anna Toumazoff relatant le témoignage d’une jeune fille victime d’un viol et qui, heurtée par les questions posées par une policière dans le cadre de l’enquête, dénonçait le traitement de la plainte. Une vidéo qui entraina des dizaines d’autres témoignages dans ce sens. Si Hugues Moutouh, alors préfet de l’Hérault, avait opposé « des propos diffamatoires », l’affaire avait fait suffisamment de bruit pour que le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin lance une enquête interne qui, quelques semaines plus tard, affirmait que la policière avait respecté la procédure. Une procédure, nécessaire aux enquêteurs, pouvant toutefois sembler froide au regard des victimes.

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Est-ce une nouvelle fois cette procédure qui a conduit Laura à témoigner sur les réseaux sociaux après son agression ce samedi 1er juin ? C’est en tout cas ce que souhaite savoir le  préfet de l’Hérault qui « adresse tout d’abord tout son soutien à Mme L.D. pour cette agression parfaitement inacceptable et formule le vœu que les agresseurs soient rapidement identifiés ». François-Xavier Lauch indique ainsi « avoir demandé à la Direction Interdépartementale de la Police Nationale de l’Hérault de faire le point sur la manière dont elle a été accueillie pour son dépôt de plainte et sensibilisé le procureur de la République sur cette affaire ».

Dans son témoignage vidéo, la jeune femme met en cause d’une part le manque de considération d’une brigade sur les lieux de l’agression et, d’autre part, s’être fait retoquée une première fois du commissariat car n’ayant pas de certificat médical comme cela doit être le cas avant une plainte pour violences physiques, ainsi qu’un traitement discriminatoire par un policier.

Le maire demande des éclaircissements

Un témoignage qui a fait également réagir Michaël Delafosse. Comme il l’avait fait en 2021, le maire de Montpellier a exprimé sa solidarité. « Je condamne fermement l’acte lesbophobe dont a été victime Laura D. Je souhaite tout d’abord apporter tout mon soutien à la victime ». À l’instar du préfet de l’Hérault, l’édile souhaite que la lumière soit faite. « En parallèle, lors des dépôts de plaintes, il est essentiel que toutes les victimes de ces actes soient accueillies dans les meilleures conditions possibles et que les faits soient stipulés en tant que tels. Je demande à la Police Nationale des éclaircissements quant au traitement de cette plainte ». Et de souligner, tandis que se déroulera le 15 juin la Marche des Fiertés, que « Montpellier rejette toute forme de violence et défend inlassablement les valeurs d’égalité et de liberté ».

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Michaël Delafosse a par ailleurs profité de la publication d’un article par Libération ce jeudi, la presse locale l’ayant relaté dès dimanche suite au communiqué de plusieurs associations, partis politiques et syndicats, pour condamner également l’agression physique d’un militant syndicale, également lors du Festival des Fanfares, attribué à des membres du Bloc Montpelliérain. « Il ne peut y avoir aucune complaisance avec l’extrême droite et sa violence, soutien à la victime de cette agression. L’enquête judiciaire est en cours, la fermeté doit être de mise face à ceux qui usent de la violence, celle-ci n’est pas acceptable en démocratie ». Des violences de plus en plus fréquentes à Montpellier…

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Colère d’Hussein Bourgi

Le président fondateur du Collectif Contre l’Homophobie et sénateur de l’Hérault, Hussein Bourgi masque lui à peine sa colère. « J’ai le sentiment d’assister à un éternel recommencement. Cela fait en effet 25 ans que je milite dans l’aide aux victimes d’infractions LGBT et que je reçois épisodiquement ce genre de témoignage » explique-t-il en pointant : « À noter que cela concerne quasi-exclusivement des policiers nationaux et très exceptionnellement des gendarmes. Cela devrait inciter la hiérarchie de la police nationale à se poser quelques questions pour remédier à cette situation fâcheuse ».

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S’il salue l’intervention du préfet de l’Hérault et du procureur de la République de Montpellier pour que « les droits de la victime soient scrupuleusement respectés », le parlementaire souligne d’autant plus : « Pour avoir contribué de manière significative à la doctrine en matière de lutte contre les infractions LGBT il y a une vingtaine d’années, je souhaite rappeler solennellement que le policier préposé au service des plaintes, n’a ni à refuser, ni à reformuler, ni à censurer les déclarations d’une victime. Le procès-verbal de plainte est l’acte de procédure initial qui oriente et pèse considérablement sur les suites judiciaires. Il doit donc être fidèle aux déclarations de la victime ».

Enfin, revenant également sur l’agression du militant syndicaliste, Hussein Bourgi « forme désormais le vœu que les pouvoirs public agissent de concert pour retrouver les auteurs de l’agression lesbophobe, comme de l’agression raciste survenue le même soir. Les deux victimes peuvent compter sur ma mobilisation et ma disponibilité ». Quant aux deux affaires, dont les dénouements ne manqueront pas d’être observés, elles sont désormais entre les mains de la police… et des politiques.

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En conclusion de cet article, mettons en lumière l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales), une force incontournable dans la protection des droits et de la sécurité de nos élus locaux.

Fondée en 1998, CDCL s’est imposée au fil des ans comme un acteur clé du soutien aux petites municipalités de France. Au-delà de la valorisation du patrimoine et de la formation des élus, l’association s’engage activement dans la mise en place d’un dispositif de protection essentiel, répondant à la recrudescence des agressions dont sont victimes nos élus.

Ce dispositif complet inclut des formations à la sécurité personnelle, des conseils juridiques spécialisés et une assistance en cas d’agression. La reconnaissance légale de CDCL au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023 renforce son rôle en lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir les élus victimes d’agression.

Enregistrée au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et affiliée au SIRET 92326341200010, CDCL a son siège au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris, et demeure fidèle à sa mission initiale. Elle donne aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la particularité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.

Pour en savoir plus sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, consultez leur site web. Restez informés sur les développements de cette initiative cruciale afin de soutenir nos élus locaux dans l’exercice de leurs fonctions en toute sécurité.

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