Menaces et violences à Montfleur : le maire et une partie de son conseil démissionnent

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C’est la goutte de trop. La crise politique qui déchire le village de Montfleur (Jura) depuis plusieurs années a pris un nouveau tournant.

Vendredi 12 décembre 2025, le maire de la commune, Jean-Claude Nevers, a réuni la presse pour annoncer sa démission, ainsi que celle de ses adjoints, Jacqueline Aurine et Michel Chavant, et de deux de ses conseillers municipaux, André Ackerman et Sylvie Pasquelin.

« Cette décision, lourde et grave, est le résultat d’une situation devenue intenable », ont déclaré les membres démissionnaires.

Une situation devenue invivable

Selon eux, la situation, déjà particulièrement tendue, s’est dégradée depuis les élections complémentaires en mars 2025 et l’arrivée de quatre nouveaux élus.

« Depuis le 23 mars 2025, les nouveaux élus n’ont cessé de multiplier les pressions, le harcèlement et les tentatives de discrédit. Les réunions du conseil municipal sont désormais devenues invivables : chaque sujet, même le plus technique ou le plus consensuel, se transforme systématiquement en affrontement », déplorent les élus.

« Le débat est remplacé par la polémique, et l’action publique se retrouve paralysée ». La dernière séance, le 17 novembre 2025, a même dû être interrompue en raison de propos à l’encontre du maire jugés « trop violents ».

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Plusieurs faits de violence au cours des dernières années

Cet incident n’est pas un cas isolé. Les élus ont rappelé durant cet échange les différents faits de violence qui ont marqué et fracturé cette petite commune de cent soixante habitants ces dernières années.

Cela va de la voiture incendiée, dont celle du premier adjoint en 2022, à l’incendie de la mairie, criminel selon eux, en passant par des lettres de menaces anonymes et la profanation du cimetière avec menace de mort à l’encontre du maire.

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« Tout cela pèse au niveau psychologique », admettent les élus démissionnaires. « Un conseiller a même dû déménager après avoir reçu des menaces et vu son garage brûler », illustre Jacqueline Aurine.

Une quinzaine de plaintes

Au total une quinzaine de plaintes ont été déposées ces dernières années, dont deux encore en cours d’investigation, mais la majorité ont été classées sans suite. Un habitant a toutefois été condamné par le tribunal judiciaire de Lons-le-Saunier en 2022 pour avoir insulté le maire et un adjoint.

« Ce climat malsain et ces violences orchestrées de manière manifeste ont préparé le terrain de crise que nous subissons aujourd’hui. Notre décision n’est pas un abandon mais un acte de responsabilité », ont-ils écrit dans un courrier pour expliquer leur décision aux habitants.

Quelle suite donner à cette démission ?

À la suite de sa démission, en date du 1er décembre 2025, Jean-Claude Nevers est maire démissionnaire mais toujours en fonction.

« Je ne veux pas rester maire au-delà du 31 décembre car je ne me vois pas organiser des élections municipales en me faisant insulter », conclut l’élu, qui doit être reçu en préfecture ce mercredi 17 décembre 2025 avec l’objectif de demander à l’État de prendre le relais.

« La seule solution pour que ce village survive, c’est une mise sous tutelle par la préfecture pendant un certain temps. Par la suite j’aimerais que Montfleur fusionne avec une autre commune, d’autant plus que notre village ne dispose pas, seul, de ressources financières suffisantes pour faire face aux échéances à venir ».

Jean-Claude Nevers, maire de Montfleur

Affaire à suivre donc.

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