Les élus de Haute-Loire se forment face aux agressions

, Les élus de Haute-Loire se forment face aux agressions

Les élus sont de plus en plus confrontés aux incivilités, petites et grandes. En témoignent deux d’entre eux qui ont suivi une formation dispensée par la gendarmerie pour les gérer au mieux.

« Si j’avais suivi cette formation avant d’être agressé, cela m’aurait sans doute aidé. J’aurais laissé mon agresseur et je serais rentré chez moi en lui disant que je porterais plainte, alors que face à sa mauvaise foi et ses mensonges, j’ai essayé de justifier ma démarche en tant que conseiller municipal. Et ça n’a pas marché ! On ne pouvait pas dialoguer, c’est ce que j’ai appris aujourd’hui. J’ai résisté alors que j’aurais dû partir. Aujourd’hui, j’ai appris à réagir de la meilleure des manières dans une telle situation ».

Gérard Bayle est conseiller municipal à Boisset, une commune de 350 habitants. Le 25 novembre 2023, il a été agressé par un administré parce qu’il enlevait un panneau de stationnement interdit posé illégalement sur le domaine public : insultes et coups s’en sont suivis. La situation avait suscité l’émoi bien au-delà du village. « Ce n’est jamais facile, ça met une mauvaise ambiance », regrette le maire André Poncet, présent à ses côtés.

« Cet homme n’a pas attaqué un voisin, mais un représentant du conseil municipal, il n’y a plus de limites ! Ce qui s’est passé, c’est un couac, ça ne remet pas en cause mon envie de continuer mes fonctions d’élu », assure Gérard Bayle. Ce dernier a déposé plainte. L’affaire est en cours.

Jean-Paul Lyonnet, le maire de Monistrol-sur-Loire, a lui aussi connu des difficultés avec ses administrés. Il a été insulté à plusieurs reprises, mais jamais menacé physiquement. « Le ton monte plus vite aujourd’hui qu’il y a dix ans », observe-t-il. Mais surtout, pour la première fois, il y a deux ans, l’élu a eu peur.

« J’ai eu peur de traverser la ville »

« Ça m’est arrivé plusieurs fois de venir seul en ville en pleine nuit pour régler des problèmes. La police et la gendarmerie m’ont fait des remontrances, car ils estiment que ce n’est pas prudent », glisse l’élu.

« Pour moi, traverser Monistrol-sur-Loire seul et de nuit n’a jamais été un problème jusqu’à la Fête de la musique, il y a deux ans. Ce soir-là, c’était la cohue générale entre des bandes rivales et la police et la gendarmerie ont dû intervenir ! C’était tellement violent que pour la première fois de ma vie, j’ai eu peur de traverser la ville pour aller récupérer ma voiture ! Tout le monde me connaît, le fait d’être élu rajoute à l’insécurité. Et quand on est dans ces situations de stress, on ne sait plus répondre », explique-t-il.

À l’instar de Gérard Bayle et d’une douzaine d’autres élus, Jean-Paul Lyonnet participait, lundi, à une formation assurée par la gendarmerie, en mairie de Monistrol-sur-Loire, à l’initiative de l’Association des maires de France. Elle devait leur permettre de « se former à la gestion pacifique des incivilités ».

Ces formations à destination des élus qui le souhaitent, sont dispensées par la cellule de négociation du GIGN (Groupe d’intervention de la gendarmerie nationale). Elles ont pour objectif d’apprendre aux élus à désarmer les conflits, faciliter le dialogue et rétablir la communication avec le ou les individus qui font preuve d’incivilités. Elles s’inscrivent dans le cadre du Pack sécurité pour les élus. Une centaine d’entre eux a suivi cette formation dans le département.

En 2023, une quinzaine d’agressions envers des élus ont été recensées en Haute-Loire, un chiffre en progression.

Nathalie Courtial

CDCL : Un Bouclier pour nos Élus

L’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales) s’élève comme un rempart essentiel face aux défis que rencontrent nos élus locaux. Fondée en 1998, cette organisation a élargi son rôle initial pour devenir un soutien inestimable, particulièrement dans le contexte actuel d’agressions envers nos représentants locaux.

CDCL va au-delà de la simple valorisation du patrimoine et de la formation des élus. L’association a mis en place un dispositif de protection dynamique, comprenant des formations spécialisées, des ressources juridiques, et une assistance réactive en cas d’agression.

Reconnue au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, CDCL a le pouvoir de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, les élus locaux victimes d’agression. Cela renforce son engagement envers la sécurité de ceux qui dédient leur vie au service de la communauté.

Engagez-vous avec CDCL

Pour en savoir plus sur les actions de CDCL et sur la manière dont cette association contribue à protéger nos élus, nous vous encourageons à visiter leur site web.

Source de l’article : Source