Législatives : insultes, agressions physiques… À Paris et en petite couronne, une campagne sous haute tension

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À moins d’une semaine du premier tour des élections législatives, l’effervescence électorale se mêle à une atmosphère tendue et parfois violente à Paris et en petite couronne. Entre la mobilisation intense des candidats et militants sur le terrain et une série croissante d’incidents regrettables, l’ambiance est loin d’être sereine. Et ces derniers se retrouvent en première ligne face à ces violences.

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« Je me suis sentie humiliée »

À Ivry-sur-Seine, dimanche 23 juin, l’après-midi est ensoleillée. Shannon Seban (Renaissance), candidate dans la 10e circonscription du Val-de-Marne, espérait une journée de campagne paisible à la fête locale. Cependant, la réalité a rapidement basculé lorsque des tensions ont éclaté.

« Aux alentours de 16h30, un homme me reconnaît et commence à être virulent avec moi », raconte-t-elle à actu Paris. « Il commence à me crier dessus et à me répéter de nombreuses fois « dégage sale sioniste, tu n’es pas chez toi ici », je me suis sentie humiliée », se remémore-t-elle, les larmes aux yeux. Selon elle, « des élus de la République, départementaux et d’Ivry » étaient également présents dans la foule durant cette invective.

« Entourée par environ 200 personnes brandissant des drapeaux palestiniens, j’ai été huée et agressée verbalement. C’était un acte clair d’antisémitisme », dénonce-t-elle. Une plainte a été déposée dans la soirée pour injure raciste, confirmée par des documents consultés par actu Paris.

Des agressions physiques

La veille, le samedi 22 juin, ce sont cette fois-ci des militants du Nouveau Front Populaire qui ont été victimes d’une agression à Maison-Alfort (Val-de-Marne), sur le marché de Charentonneau. Les militants racontent que « des hommes d’extrême droite, tout de noir vêtus » s’en sont pris à eux, « verbalement et physiquement ».

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« Des bousculades ont dégénéré en insultes à caractère sexuel, puis en violences physiques où une militante a été agressée après avoir fait un geste de provocation », nous rapporte-t-on. Dans cette agression, une plainte a également été déposée.

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« Le climat est hostile »

Ces incidents ne sont pas isolés, et visent l’ensemble des partis politiques. « Ce sont malheureusement des phénomènes réguliers mais amplifiés dans la période actuelle », regrette Terence Blanc, responsable LR à Sciences Po Paris. « Certains de nos militants dans le 12e arrondissement ont vu certains de leurs tracts arrachés et détruits, ils ont reçu des insultes et des intimidations, glisse-t-il, le climat est hostile ».

« Je n’ai jamais vu autant de tension », confie à son tour Raphaëlle Rémy-Leleu, conseillère de Paris et militante pour le Nouveau Front Populaire. Elle aussi a été témoin d’une de ces agressions.

Des insultes à caractère raciste

Raphaëlle Rémy-Leleu a, de son côté, été confrontée à des attaques racistes lors d’une séance de tractage. « J’étais en train de distribuer des tracts lorsque j’ai été prise à partie par une dame qui a proféré des insultes racistes envers le candidat que nous soutenons [Pouria Amirshahi (NFP)]. Elle a également tenu des propos injurieux à mon encontre », raconte-t-elle, soulignant une atmosphère de campagne devenue extrêmement tendue.

 

« On est obligés de passer des appels à la prévention auprès de nos militants », poursuit Raphaëlle Rémy-Leleu. « C’est assez dingue de devoir se poser la question de la sécurité pendant la campagne », s’agace-t-elle.

De la sensibilisation pour les militants

Face à cette montée de la violence politique, les organisations concernées renforcent les mesures de sécurité pour leurs équipes sur le terrain. « Nous avons intensifié la formation de nos militants et insistons sur le fait de ne jamais se retrouver seul lors des opérations de campagne », explique Alexis Leclerc-Dalmet, impliqué dans la campagne du Nouveau Front Populaire dans le Val-de-Marne.

« Si on compare à 2022, nous constatons une nette augmentation du degré de violence et de l’hostilité rencontrée sur le terrain », ajoute-t-il, exprimant une profonde appréhension pour la sécurité des participants à la campagne électorale. « On est inquiets », conclut-il.

À l’approche d’une échéance électorale cruciale, ces incidents mettent en lumière un climat politique tendu, où la sécurité des acteurs démocratiques devient une priorité majeure, tandis que certaines personnes utilisent les idéologies politiques comme justification à la violence.

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