
La sociale-démocrate Carolyn Macmillan en sait quelque chose. Il y a un mois, cette élue locale berlinoise s’est fait agresser avec plusieurs de ses camarades de parti alors qu’elle tenait un stand, à côté d’un arrêt de bus. En raison du froid, elle avait gardé son bonnet rouge, aux couleurs de son parti, le SPD. Une provocation pour quatre jeunes néonazis, en route pour participer le même jour à une manifestation extrémiste dans la capitale. « Ils nous ont traités de ‘sales gauchistes’ » et nous ont dit qu’ils espéraient que cela nous ferait disparaître », nous raconte explique Carolyn Macmillan. Grâce à l’arrivée rapide de la police, cette élue n’a pas été blessée mais elle s’étonne de l’engrenage qui a ensuite suivi. « Une dizaine de sympathisants extrémistes sont ensuite apparus et ont commencé à attaquer les policiers. C’est un tout autre niveau d’escalade que celui que je connaissais », commente-t-elle, choquée mais pas abattue. « Tous ceux qui étaient présents ont eu peur mais nous n’avons pas d’autre choix que de continuer à montrer l’exemple, justement quand nos opposants veulent nous faire taire », estime-t-elle.
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Une nouvelle normalité dans la vie des élus
Violences, menaces et insultes semblent entrées dans la normalité de la vie des élus. Selon une enquête publiée au printemps, 6 élus sur 10 reconnaissent avoir déjà été menacés verbalement ou physiquement dans le cadre de leurs fonctions. Certains en arrivent à jeter l’éponge, comme l’élu fédéral Marco Wanderwitz et son épouse. Membres du parti chrétien démocrate (CDU) dans la Saxe, ils sont devenus les bêtes noires de la formation d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD), en poussant pour une procédure d’interdiction de ce parti. « L’AfD s’est donné comme objectif de détruire ce qu’elle appelle les vieux partis, c’est-à-dire le système des partis démocratiques. Elle nous considère comme ses opposants », témoigne cet élu qui dit recevoir des « menaces, messages hostiles et haineux, tous les jours dans la boîte mail, au courrier ».
guillement Si la société civile ne parvient pas à protéger de la haine ceux qui prennent des responsabilités alors il sera difficile pour la démocratie de se maintenir dans les prochaines années ».
« Les gens vous insultent en pleine rue. Certains vous insultent même quand vous êtes au marché de Noël avec votre enfant de quatre ans. Je ne vais donc plus au marché de Noël avec mon enfant de quatre ans », reconnaît-il. « Nous luttons depuis un bon moment déjà. Place aux autres ! Certains nous disent : ‘Si les démocrates jettent l’éponge, l’extrême droite a atteint son but’. Je sais que si tout le monde fait comme nous, ce n’est pas une solution. Mais par notre geste, nous voulons faire passer un message : si la société civile ne parvient pas à protéger de la haine ceux qui prennent des responsabilités alors il sera difficile pour la démocratie de se maintenir dans les prochaines années ».
Le poison de la haine distillé par l’AfD
Comme Marco Wanderwitz, l’élu fédéral social-démocrate, Karamba Diaby a lui aussi décidé de mettre fin à sa carrière politique. Officiellement, les attaques répétées de l’extrême droite contre sa permanence locale ne sont pas la raison officielle de son départ, mais cet élu – le premier du Bundestag né en Afrique – reconnaît que « ces événements ont influencé sa décision ». « Depuis que l’AfD est entrée au Bundestag en 2017, l’atmosphère est devenue très nocive. Ses élus multiplient les discours de haine contre les minorités. C’est très négatif pour la cohésion sociale de notre pays et je suis convaincu que ces messages de haine mènent à des agressions dans la rue », commente-t-il.
La proximité avec les administrés ne limite pas forcément ce genre de problème. Silvio Witt en a fait l’expérience depuis son élection, en 2015, au poste de maire de Neubrandenburg, ville de 64 000 habitants dans le nord de l’Allemagne. « J’avais sous estimé le manque de respect auquel sont confrontés les élus locaux », reconnaît ce maire, ouvertement homosexuel, et qui a déposé plaintes à plusieurs reprises pour injures et menaces. En mai, bien avant la fin de son mandat, Silvio Witt quittera lui aussi la politique. L’année 2024 a été difficile, après qu’un drapeau arc-en-ciel placé sur le fronton de la gare a été remplacé, dans la nuit, par un drapeau frappé d’une croix gammée. « Il a fallu attendre trois jours pour que les partis politiques locaux fassent une déclaration à ce sujet », raconte Silvio Witt qui regrette la place laissée à l’extrême droite.
Pas sûr que les scores potentiellement en hausse de l’AfD lors des prochaines législatives changent la donne. Avec 21,5 % des intentions de vote dans un sondage publié cette semaine, ce parti atteint son record au niveau national.
Protéger nos Élus avec CDCL
Dans le contexte actuel marqué par des agressions envers nos élus locaux, l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales) se positionne en rempart essentiel pour assurer la sécurité et le bien-être de ceux qui œuvrent pour notre communauté.
Créée en 1998, CDCL a évolué au-delà de sa mission initiale de soutien aux petites municipalités pour devenir un acteur central dans la protection des élus. Son engagement ne se limite pas uniquement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection complet, répondant aux défis actuels.
Sous la direction éclairée de l’ancien Maire de Linas en Essonne, CDCL a élaboré un dispositif proactif. Celui-ci englobe des formations approfondies, des conseils juridiques spécialisés, et une assistance réactive en cas d’agression. L’association est habilitée au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, une personne investie d’un mandat électif public victime d’agression.
Forte de son enregistrement au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et du SIRET 92326341200010, CDCL a son siège au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris. Elle incarne une communauté engagée, dédiée à donner aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la spécificité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.
Pour de plus amples informations sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, nous vous invitons à consulter leur site web.
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