Menaces, vandalisme, insultes, à Eyguières quatre élus de l’opposition municipale dénoncent un « climat mafieux »

C’est une ville de 7.000 habitants au pied du massif des Alpilles et que l’on pourrait croire paisible, voire endormie, quand on se promène dans les rues quasi-désertes du centre-ville. Et pourtant c’est bien ici, dans ce cadre tranquille, au milieu des oliviers et des arbres fruitiers, que quatre élus de l’opposition dénoncent des actes de vandalisme à répétition depuis 2021.

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Vitres brisées, tags injurieux, voiture brûlée…

Au total ces quatre élus ont déposé 14 plaintes. « Une nuit j’étais à mon domicile avec ma fille, et nous avons entendu un bruit d’éclats de verre. Ils avaient fait exploser les vitres de ma véranda. C’était la troisième fois » raconte Audrey Touron. Un autre élu, dont la maison est située en bordure d’une route, retrouve régulièrement les murs de sa propriété vandalisés.

« Ils jettent des pots de confiture remplis de peinture sur le mur. Ça fait de grandes éclaboussures. Ils écrivent également des insultes : « PD » ou encore « balance » explique Gérard Mie. Un autre élu, qui ne souhaite plus s’exprimer pour « préserver son activité commerciale« , a retrouvé sa voiture brûlée devant chez lui, le mot « voleur » a été écrit en lettres bleues sur les volets de son agence (notre photo en bas de page).

Gérard Mie montre les dernières dégradations commise sur le mur d'enceinte de sa propriété
Gérard Mie montre les dernières dégradations commise sur le mur d’enceinte de sa propriété © Radio FranceFabien LE DU

Mais pourquoi un tel déchainement de haine ?

Depuis 2021 ces 4 élus de l’opposition dénoncent également des lettres de menaces de provocation, d’intimidation. Leurs plaintes ont été classées sans suite, faute de preuves. « Etrangement les images des caméras de vidéo-protection de la ville ne sont jamais exploitables » glisse Audrey Touron qui vise clairement un ancien employé municipal comme instigateur de ces représailles.

« En 2021, j’ai fait détruire la maison que cette personne était en train de construire sur une terre agricole sans aucun permis de construire. J’ai également fait annuler le logement de fonction dont il jouissait sans droit au sein de la commune. Tout est parti de là.. »

Une construction illégale détruite, un projet annulé sur l’aérodrome…

Les élus victimes de ces actes de malveillance estiment qu’ils paient aussi leur opposition à plusieurs projets dont le très sensible dossier de l’aérodrome d’Eyguières : « Le maire voulait que des jets privés se posent sur cet aérodrome. Il n’est pas dimensionné pour cela et nous l’avons prouvé auprès des autorités qui ont interdit cette activité. Il y avait de gros contrats commerciaux à la clé » raconte Audrey Touron, qui travaille dans l’aviation civile.

« Nous ne lâcherons pas face à ce système mafieux » Audrey Touron, élu de l’opposition à Eyguières

Sur toutes ces questions, le maire, Henri Pons, ne nous a pas répondu, malgré nos sollicitations. Plusieurs élus de l’opposition racontent qu’il aurait fait ce commentaire : « vous récoltez ce que vous avez semé« . Dans cette ville taiseuse, les avis sont partagés sur les turbulences de la vie municipale.

« C’est une honte. Quelque soit les raisons de pareils agissements, ils ne sont pas tolérables » lâche Christine, une habitante. Rares sont les administrés qui souhaitent s’exprimer sur le sujet. « Ce sont des gens qui en font trop et qui font du mal à la commune en donnant d’elle une image délétère » estime le patron d’un bar du centre-ville.

Exaspérés par ces actes de malveillance qu’ils estiment liés à leur mandat, les quatre élus refusent toutefois de démissionner. « Quand j’ai vu le mot « balance » écrit en gros sur mon mur ma femme m’a dit « cette fois c’est fini, tu arrêtes« . Puis elle s’est ravisée, ce serait donner raison à ceux qui tentent de nous faire taire. On ira au bout de nos mandats« , affirme Gérard.

L'inscription retrouvée par un élu de l'opposition sur les volets de son agence commerciale
L’inscription retrouvée par un élu de l’opposition sur les volets de son agence commerciale © Radio FranceD.N

CDCL : Un Bouclier pour nos Élus

L’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales) s’élève comme un rempart essentiel face aux défis que rencontrent nos élus locaux. Fondée en 1998, cette organisation a élargi son rôle initial pour devenir un soutien inestimable, particulièrement dans le contexte actuel d’agressions envers nos représentants locaux.

CDCL va au-delà de la simple valorisation du patrimoine et de la formation des élus. L’association a mis en place un dispositif de protection dynamique, comprenant des formations spécialisées, des ressources juridiques, et une assistance réactive en cas d’agression.

Reconnue au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, CDCL a le pouvoir de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, les élus locaux victimes d’agression. Cela renforce son engagement envers la sécurité de ceux qui dédient leur vie au service de la communauté.

Engagez-vous avec CDCL

Pour en savoir plus sur les actions de CDCL et sur la manière dont cette association contribue à protéger nos élus, nous vous encourageons à visiter leur site web.

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