
La vidéo a fait le tour du pays et même dépassé les frontières. Un homme se confronte à une religieuse au sein de l’abbaye Saint-Pierre de Moissac avant de quitter les lieux en hurlant et en ouvrant la porte de l’édifice d’un coup de pied vindicatif. La scène, filmée, a été postée sur les réseaux sociaux par Pierre-Guillaume Mercadal, de la Ferme des cochons laineux. Une vidéo à la source d’une polémique qui depuis, n’en finit plus d’enfler, au fil des réactions. Qu’il s’agisse des internautes ou des élus… Réactions auxquelles a tenu à répondre le procureur de la République.
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Le mot du préfet
Le préfet du Tarn-et-Garonne a réagi ce dimanche 2 novembre 2025 aux événements survenus à l’abbaye de Moissac le 26 octobre. Une publication dans laquelle le préfet condamne les agissements de l’individu qui, depuis, comme l’indique la préfecture, a été interné. L’homme qui pour rappel, n’a pas fait l’objet de poursuites par le procureur de Montauban.
Le préfet souligne également les « tentatives de récupération » qui selon lui, « incitent à la haine ». Une publication à laquelle ont immédiatement répondu Pierre-Guillaume Mercadal et Romain Lopez, le maire de Moissac.
« Je me rallie à cet élan de colère »
C’est dans une vidéo également publiée sur les réseaux sociaux que Romain Lopez s’est exprimé à son tour, se définissant, dans ce contexte, comme un « maire qui fait face, malheureusement, à l’impuissance de l’État, dont le rôle est de préserver la population et de protéger les lieux de culte.
« On a des fous qui errent dans nos rues, continue l’élu. Des tarés qui rentrent dans nos églises, qui menacent nos bonnes sœurs, qui menacent la population et rien n’est fait pour les mettre dans les hôpitaux psychiatriques. »
Le Procureur de la République au centre de la polémique
Romain Lopez ne décolère pas : « Le procureur de la République de la ville de Montauban s’est permis de classer cette affaire sans suite alors que cet individu a menacé des bonnes sœurs physiquement […]. Qu’est-ce qu’il fera la prochaine fois ? Il va s’en prendre physiquement à elles ? Il va les égorger ? La responsabilité elle sera entre les mains de l’État. »
Une indignation qui s’amplifie
Du côté de l’éleveur de cochons Pierre-Guillaume Mercadal, l’indignation est la même, comme il l’exprime dans une vidéo : « Classement sans suite ? C’est ça la fermeté dont vous êtes capable ? La famille de ce monsieur, après avoir perdu du temps à me menacer, s’est décidée à le faire interner. »
Directement adressée au préfet, cette vidéo fait suite à un précédent post, dans lequel Pierre-Guillaume Mercadal explique avoir été la cible de menaces, lui qui a posté la première vidéo, depuis très largement partagée : « depuis qu’on a sorti cette vidéo et que tout le monde l’a relayée et réagi, et que ça a mis le feu aux poudres, ce monsieur s’est retrouvé interné, et les représentants de l’association qui gère les mosquées de Moissac et de Castelsarrasin sont allés présenter leurs excuses et exprimer leur soutien aux religieuses. Énormément de Musulmans se sont montrés outrés par ce qu’ils voyaient. J’ai l’impression qu’en signalant cette vidéo, on a fait prendre connaissance d’un fait très grave aux gens. »
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L’opposition prend la parole
Séverine Laurent, candidate aux prochaines élections municipales pour l’Union Citoyenne Moissagaise, a posté une vidéo sur la chaîne YouTube du parti. Vidéo dans laquelle elle n’hésite pas à accuser le maire de mensonge, soulignant que le mis en cause était atteint d’une pathologie psychotique sérieuse : « il faut savoir que le comportement de cet individu avait été observé à la mosquée de Moissac et que sa famille cherchait en vain depuis plus de deux ans un établissement. Elle vient d’être entendue par le Préfet. »
Séverine Laurent accuse également le maire de Moissac d’avoir jeté en pâture « des familles entières », citant l’entreprise de pneus qui a souvent été citée sur les réseaux sociaux, alors que d’après elle, celle-ci « n’a rien à voir avec cette histoire. »
Elle évoque également que « la famille du mis en cause a tenu à rencontrer les religieuses pour expliquer la situation et présenter ses excuses », concluant son intervention par un appel à « l’apaisement et à la cohésion. »
La mise au point du procureur de la République
C’est dans un long communiqué de presse, riche en détails, que le procureur de la République s’est exprimé au sujet de l’affaire de l’abbaye de Moissac. Un communiqué dans lequel les faits sont tout d’abord rappelés et précisés. On y apprend notamment que l’individu mis en cause s’est rendu à deux reprises dans l’abbaye, entre 8h55 et 9h18 ; et que la vidéo a été filmée par un bénévole de l’abbaye. Le dépôt de plainte de la religieuse victime de la colère de l’homme est également souligné ainsi que l’absence d’insultes proférées ou de coups portés.
Une pathologie psychiatrique avérée
Dans son communiqué, le procureur de la République notifie l’interpellation de l’individu, le 28 octobre 2025 à 15h28, par les policiers de Castelsarrasin, avant la reprise de l’enquête par la gendarmerie de Moissac. Il est précisé que le mis en cause, confronté aux accusations, ne se souvenait de rien mais s’est bel et bien reconnu sur la vidéo. Il est également fait mention des séjours avérés et répétés en psychiatrie séjours avérés et répétés en psychiatrie du mis en cause, et de sa sortie du dispositif en août 2025. La famille ayant précisé entre temps aux gendarmes que le mis en cause avait arrêté son traitement plusieurs jours avant les faits.
C’est donc le 29 octobre 2025, à 12h20 précisément, que la garde à vue a pris fin et que la procédure a été classée sans suite au motif « infraction insuffisamment caractérisée », notamment car l’individu n’a pas réitéré les menaces nécessaires à d’éventuelles poursuites pénales correctionnelles. Son internement en institut psychiatrique est également confirmé.
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