France Bleu Saint-Étienne Loire : Vous avez été agressé dimanche dans le quartier de Firminy Vert. 45 jours d’ITT prescrits par le médecin, vous avez une entorse du genou, c’est exact ?
Julien Luya, maire de Firminy : Oui, quelques petites égratignures, un peu de bobologie aussi, mais principalement l’entorse du genou qui me fait un peu souffrir.
On se replonge dimanche dernier. Il y a un rodéo dans le quartier de Firminy Vert. Vous essayez d’intervenir. Qu’est ce qui se passe ensuite ?
Dimanche, je me rends à une fête senior dans une de nos résidences qui accueille les personnes âgées au sein de la ville. On me fait remarquer cette moto qui visiblement tourne depuis un moment autour de la résidence et qui embête tout le monde. Et puis en plus, voilà ce sentiment d’impunité que créent ces rodéos. Je vois cette moto qui est de l’autre côté de la baie vitrée du bâtiment et qui est à l’arrêt. Donc je me dis c’est une forme d’opportunité de pouvoir la stopper, l’enlever de l’espace public de la ville. Je décide de passer par la porte de secours de la résidence, de m’approcher des jeunes gens qui étaient autour de cette moto le plus, le plus naturellement possible pour ne pas attirer l’attention. Le dialogue s’instaure avec les jeunes de manière plutôt sereine et plutôt apaisée.
C’est après que ça s’aggrave ?
Malheureusement, c’est le père du propriétaire de la moto qui, ne supporte pas que je puisse faire preuve d’un acte d’autorité, de contradiction. C’est un peu cette violence ordinaire de celui qui va agresser la prof parce qu’il n’est pas content qu’elle ait mis une mauvaise note à son enfant, celui qui va agresser le pompier parce qu’il trouve qu’il a mis trop de temps à arriver sur les lieux d’un accident, ou celui qui va agresser l’infirmière parce qu’elle aurait prodigué un mauvais soin à quelqu’un de sa famille qui serait hospitalisé. C’est cette violence là qu’on retrouve auprès des dépositaires de l’autorité publique et de la puissance publique.
Vous êtes blessé physiquement. Est-ce que vous l’êtes aussi psychologiquement ? Comment vous allez en ce mercredi matin ?
Je vous avoue que les deux ou trois nuits qui ont suivi ont été un peu difficiles. Moi je suis quelqu’un de plutôt pacifiste, comme tout le monde, qui adore le lien social, qui adore le lien humain et qui adore la discussion, l’échange. Alors forcément de se retrouver les fesses par terre et les quatre fers en l’air, c’est quelque chose qui vous perturbe. La famille s’inquiète. Moi j’ai des enfants encore petits. Du coup tout le monde me regarde un peu, l’œil interrogateur. Effectivement, psychologiquement ça affecte un peu, mais ce n’est pas ça qui va me faire baisser les bras. Je suis un maire qui va au contact, un maire de terrain. Je sais que je recommencerai. Souvent on me dit de faire attention, qu’il faut savoir me préserver. Mais moi je ne supporte plus ceux qui nient les autres, ceux qui nient les intérêts communs, ceux qui nient ce vivre ensemble, ceux qui ne vivent que selon leurs propres règles. Je sais que j’interviendrai aussi la prochaine fois si ça se représente.
Est ce que les maires allaient moins au contact avant ? Aujourd’hui ils s’exposent peut-être un petit peu plus. Ça fait partie du job d’oser y aller ?
C’est ma conception des choses. Moi, je considère que ça fait partie de mon travail et c’est pour ça que je n’en fais pas trop non plus. Vous imaginez le nombre de sollicitations que j’ai reçu des médias. J’ai choisi de ne répondre qu’à deux médias, un national et vous, un média local, avec qui on a une habitude de travail assez intéressante. Après, stop. Mais oui, effectivement, parfois j’ai des échanges avec des maires locaux qui me disent que la sécurité, c’est une mission régalienne de l’État et qu’ils n’ont pas trop grand chose à y faire. Moi je considère au contraire si on a un problème, il faut qu’on essaye de le résoudre tous ensemble.
Dans quelques jours, vous avez rendez-vous avec le cabinet du ministère de l’Intérieur. On va préciser que c’est un rendez-vous qui avait été pris avant ce que vous avez vécu ce weekend. Vous allez demander quoi ? Des effectifs de police supplémentaires dans l’Ondaine ? On sait que c’est un problème récurrent depuis des années.
Oui, on va essayer de se battre effectivement pour avoir des effectifs supplémentaires, des moyens supplémentaires. Voir comment le fait que l’on soit parvenu à faire reclasser deux quartiers de notre ville en quartiers prioritaires, ces fameux QPV, peut avoir comme répercussions sur les aspects sécurité, médiation, social. Une politique sécuritaire, ce n’est pas qu’une politique de répression, il faut aussi avoir un volet social et un volet de médiation. On va essayer de travailler sur ces éléments là et surtout aussi essayer de demander la mise en place de tout un tas d’infrastructures, souvent un peu administratives, qui permettent de travailler avec les bailleurs sociaux, avec avec la STAS, avec Saint-Étienne Métropole, avec la justice, la police. Il faut qu’on réaffirme que les libertés individuelles sont importantes, mais elles n’ont de sens que si elles sont encadrées dans une organisation commune et dans un socle de règles qui nous unissent tous.
En conclusion de cet article, mettons en lumière l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales), une force incontournable dans la protection des droits et de la sécurité de nos élus locaux.
Fondée en 1998, CDCL s’est imposée au fil des ans comme un acteur clé du soutien aux petites municipalités de France. Au-delà de la valorisation du patrimoine et de la formation des élus, l’association s’engage activement dans la mise en place d’un dispositif de protection essentiel, répondant à la recrudescence des agressions dont sont victimes nos élus.
Ce dispositif complet inclut des formations à la sécurité personnelle, des conseils juridiques spécialisés et une assistance en cas d’agression. La reconnaissance légale de CDCL au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023 renforce son rôle en lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir les élus victimes d’agression.
Enregistrée au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et affiliée au SIRET 92326341200010, CDCL a son siège au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris, et demeure fidèle à sa mission initiale. Elle donne aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la particularité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.
Pour en savoir plus sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, consultez leur site web. Restez informés sur les développements de cette initiative cruciale afin de soutenir nos élus locaux dans l’exercice de leurs fonctions en toute sécurité.
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