
Le chiffre avait été dévoilé en mai dernier par François-Noël Buffet, ministre auprès du ministre de l’Intérieur, dans un entretien au Figaro : en 2024, 2 501 atteintes à l’encontre d’élus ont été relevées en France par le Centre d’analyse et de lutte contre les atteintes aux élus, dont 250 atteintes physiques. « Aucun élu n’est épargné par l’explosion de la violence », assurait le ministre auprès de nos confrères.
La violente attaque à l’arme blanche de Gilles Dussault, maire de la petite commune de Villeneuve-de-Marc en Isère, mercredi 6 août, vient malheureusement confirmer ces propos. « Toucher un représentant de la République, c’est ignoble », tranche Cyrille Madinier, président de l’association des maires ruraux de l’Isère, contacté ce jeudi par la rédaction.
« Quand j’ai appris ça mercredi soir… On peut ne pas être d’accord avec le maire, mais que ça arrive dans de telles proportions, pour moi, c’est de la lâcheté pure ! »
À lire aussi
Les autres élus de la commune choqués
En tant que président de l’association, il s’est rendu ce jeudi au chevet des autres élus de Villeneuve-de-Marc, où il a pu constater leur détresse. « Il faudra du temps pour qu’ils remontent la pente », soupire Cyrille Madinier.
D’autant que, selon les dernières informations, l’agression de Gilles Dussault serait liée à un « litige » entre son agresseur et la municipalité, à propos d’une question d’urbanisme. Un motif qui peut paraître futile face aux graves blessures du maire, touché au thorax par une arme blanche, et qui a eu pendant un temps son pronostic vital engagé.
« Il n’y a pas que l’aspect physique, souligne le président d’association. Il y a aussi tout l’aspect psychologique. Être maire, c’est le plus beau des mandats à mon sens, mais quand on a des sujets aussi graves, on marche sur la tête ! »
Une violence contre les élus qui va crescendo
Le département n’est donc pas exempt d’une « progression » des violences envers les élus, Cyrille Madinier citant l’agression en 2020 d’un autre édile isérois, Williams Dufour, maire de Miribel-les-Échelles, violemment frappé par un groupe de jeunes.
En termes d’intensité, les agressions contre les élus sont beaucoup plus violentes.
Il avance plusieurs explications à ce phénomène, comme un individualisme plus poussé de la population « depuis la sortie du Covid » et une perte du respect des figures d’autorité, dont celle du maire.
« Il faut remettre un cadre, plaide le président d’association. Aujourd’hui, les gens n’acceptent plus la frustration, ils repoussent au maximum les règles. Il y a une ambiance délétère, on sent qu’il ne faut pas grand chose pour que ça bascule… »
À lire aussi
« On ne laissera rien passer »
Concernant l’agression de Gilles Dussault, Cyrille Madinier suit l’avancée de l’enquête, comme l’ensemble des maires isérois qui ont apporté un soutien unanime à leur collègue. « J’espère qu’ils attraperont rapidement l’auteur et que la sanction sera à la hauteur de la gravité des faits. »
Si besoin, l’association des maires ruraux de l’Isère est même prête à se porter partie civile aux côtés de l’édile de Villeneuve-de-Marc. « On est solidaires, on ne laissera rien passer. »
Suivez toute l’actualité de vos villes et médias favoris en vous inscrivant à Mon Actu.
Protéger nos Élus avec CDCL
Dans le contexte actuel marqué par des agressions envers nos élus locaux, l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales) se positionne en rempart essentiel pour assurer la sécurité et le bien-être de ceux qui œuvrent pour notre communauté.
Créée en 1998, CDCL a évolué au-delà de sa mission initiale de soutien aux petites municipalités pour devenir un acteur central dans la protection des élus. Son engagement ne se limite pas uniquement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection complet, répondant aux défis actuels.
Sous la direction éclairée de l’ancien Maire de Linas en Essonne, CDCL a élaboré un dispositif proactif. Celui-ci englobe des formations approfondies, des conseils juridiques spécialisés, et une assistance réactive en cas d’agression. L’association est habilitée au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, une personne investie d’un mandat électif public victime d’agression.
Forte de son enregistrement au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et du SIRET 92326341200010, CDCL a son siège au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris. Elle incarne une communauté engagée, dédiée à donner aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la spécificité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.
Pour de plus amples informations sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, nous vous invitons à consulter leur site web.
Source de l’article : Source
