« J’ai une côte qui est cassée » : 14 jours d’ITT pour l’élu …

l’essentiel Frappé par un voisin le samedi 31 mai à Monferran-Savès, l’adjoint au maire Gérôme Beyries s’est vu prescrire 14 jours d’ITT par son médecin. Soutenu par l’AMF, il poursuit son combat pour la requalification de cet acte comme une agression d’élu.

Pas question de baisser les bras. Trois semaines après l’agression de Gérôme Beyries, frappé par un voisin à qui il demandait de baisser le volume sonore, l’heure est toujours à l’indignation et la mobilisation au sein de l’équipe municipale de Monferran-Savès.

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Touché à la tête et aux côtes, l’adjoint au maire s’est rendu récemment dans un cabinet de radiologie pour constater les dégâts. « J’ai une côte qui est cassée. On est passé d’un jour à 14 jours d’ITT », expose l’élu. S’il peut poursuivre son activité professionnelle d’ingénieur informatique, il ne peut en revanche plus assumer son rôle de soutien auprès du cantonnier.

Une pétition en préparation

Contactée, la procureure de la République d’Auch assure que l’enquête « est toujours en cours ». Clémence Meyer précise : « Le point qui pose difficulté, c’est de savoir si on retient ou non la qualification d’élu. Il faut affiner la qualification par rapport à l’incapacité de travail. Une deuxième réquisition est en cours auprès du médecin légiste. Je n’ai pas tous les éléments à ce stade pour prendre la décision. »

Gérôme Beyries poursuit son combat pour voir l’acte requalifié comme une agression d’élu.
Gérôme Beyries poursuit son combat pour voir l’acte requalifié comme une agression d’élu. DDM – VCL

De son côté, Gérôme Beyries n’a pas changé de version depuis le début : « Mon intervention n’est pas anodine et ce n’est pas une intervention de voisin ». L’élu et la maire de la commune Maryelle Vidal l’affirment donc une nouvelle fois : « On va se battre pour faire reconnaître cela comme une agression d’élu, c’est notre combat ».

Une pétition intitulée « Touche pas à mon élu » devrait bientôt être lancée en ce sens par l’équipe municipale. Le conseil municipal se prépare également à voter une motion de soutien, qui sera transmise par la suite « à tous les conseils municipaux de France, qui devront délibérer sur cette motion de soutien ». L’objectif : « Informer sur ce qui s’est passé et sensibiliser aux violences envers les élus », dixit Gérôme Beyries. L’adjoint au maire précise par ailleurs que l’élu Francis Larroque devrait en faire de même au sein du conseil départemental.

« On est totalement derrière l’élu »

L’équipe municipale de Monferran-Savès peut également compter sur l’appui de l’Association des maires de France dans le Gers (AMF 32), qui a mis à disposition son avocate Me Vazquez. Président de l’AMF 32, Michel Baylac qualifie d’absolument « intolérable » l’attaque subie par Gérôme Beyries et déplore l’exposition grandissante des élus locaux face à la violence des administrés. « Ce qui fait la force des élus locaux, c’est la proximité, mais cette proximité ne doit pas donner lieu à des excès. Il ne faut pas oublier que le maire est officier de police judiciaire. Le seul qui est habilité à intervenir, c’est le maire, et par délégation l’adjoint. »

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Dans ce contexte, Michel Baylac espère une réponse pénale adaptée à la gravité des faits et assure du soutien de l’AMF : « Aujourd’hui, on est totalement derrière l’élu, et au plus haut niveau », conclut-il.

Clôturant cet article, nous souhaitons mettre en avant l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales), une entité essentielle dans la préservation des droits et de la sécurité de nos élus. CDCL, fondée en 1998, a évolué au fil des ans pour devenir un acteur majeur dans le soutien aux petites municipalités de France.

Son engagement ne se limite pas seulement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection essentiel. Face à la recrudescence des agressions, CDCL a pris des mesures proactives pour assurer la sécurité de ceux qui exercent un mandat électif public.

Ce dispositif inclut des mesures telles que des formations à la sécurité personnelle, des conseils juridiques spécialisés et une assistance en cas d’agression. De plus, CDCL est habilitée au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, une personne investie d’un mandat électif public victime d’agression.

Forte de son enregistrement au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et du SIRET 92326341200010, CDCL s’est imposée comme un bastion de soutien aux élus locaux en France. Son siège, situé au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris, est le point central de ses activités.

L’association demeure fidèle à sa mission initiale, donnant aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la particularité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.

Pour en savoir plus sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, nous vous invitons à consulter leur site web et à rester informés sur les développements de cette initiative cruciale.

Ensemble, soutenons nos élus locaux et œuvrons pour un environnement où ils peuvent exercer leurs fonctions en toute sécurité.

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