C‘est la séquence choc de ce jeudi soir à la télévision. Élise Lucet s’est rendue à l’Assemblée nationale le 11 février, pour l’émission Envoyé spécial, avec des tests de détection instantanée de drogue, dans le but de demander à des parlementaires de s’y soumettre.
« On a demandé à des députés s’ils étaient OK pour se faire dépister. Ils ont dit oui, pour la plupart », affirme l’animatrice dans un extrait diffusé sur les réseaux sociaux. La recette est rodée et le résultat garanti, au moins sur le plan télévisuel. En 2019 déjà, Élise Lucet avait demandé à des personnalités de se soumettre à un « glyphotest », chargé de détecter du glyphosate dans les urines. Il est apparu ultérieurement que les tests en question n’étaient pas fiables (et que l’équipe d’Envoyé spécial pouvait difficilement l’ignorer !), mais sur le moment, le buzz avait été au rendez-vous.
Cette fois, pas d’urine, mais de la salive. « Il suffit d’humidifier cette languette avec de la salive et, 10 minutes après, on sait si vous avez pris du cannabis, de la cocaïne, de l’héroïne, des amphétamines ou encore des ecstasys », affirme Élise Lucet.
Ces tests salivaires sont utilisés en laboratoire. Ils sont pratiques et fiables, mais pour des molécules bien listées, pas pour toutes les substances.Antoine Coquerel, responsable de la commission des substances vénéneuses, addictives et dopantes de l’Académie nationale de pharmacie
Une affirmation qui fait sourire Antoine Coquerel, responsable de la commission des substances vénéneuses, addictives et dopantes de l’Académie nationale de pharmacie. « Un test polyvalent est strictement impossible », rappelle-t-il. « Ces tests salivaires sont utilisés en laboratoire. Ils sont pratiques et fiables, mais pour des molécules bien listées, pas pour toutes les substances. Et bien entendu, il faut toujours confirmer un résultat positif par spectrométrie de masse, avec une molécule étalon. »
Concrètement, le député Insoumis Andy Kerbrat, contrôlé le 17 octobre 2024 par la police dans le métro parisien en train d’acheter de la 3-MMC, une drogue de synthèse, passerait sans incident un test de détection de cannabis, s’il n’a pas fumé. Et même un fumeur pourrait passer entre les mailles du filet, car, comme l’explique Antoine Coquerel, les molécules de la famille du cannabis se comptent désormais par dizaine, et aucun test n’est paramétré pour les détecter toutes.
Fiabilité accrue mais…
Il y a également des cas de faux positifs. Ils étaient assez nombreux avec les premiers tests expérimentés par les forces de l’ordre en France il y a une quinzaine d’années. Un banal Ibuprofène pouvait fausser le résultat. La fiabilité a été accrue, mais on trouve encore des cas de tests de détection d’amphétamines qui réagissent à certains antimigraineux.
Bien entendu, tous les députés sont libres d’accepter ou de refuser, mais dans ce dernier cas, ils prennent le risque de voir l’émission les présenter comme ayant peut-être quelque chose à cacher, alors qu’ils refusent simplement de se plier à ce qu’il faut bien appeler une mascarade. Président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, le député Olivier Faure n’est pas tombé dans le panneau. Il s’est soumis au test, « n’étant consommateur d’aucune drogue dure en dehors de la politique », ironise-t-il.
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La présidente de l’Assemblée, Yaël Braun-Pivet, a dénoncé une « mise en scène », ce qui relève du simple constat technique. En termes d’information, la séquence est insignifiante. Suggérés par Éric Piolle, maire Écologistes de Grenoble, des tests systématiques et anonymes sur les parlementaires, avec un protocole sérieux, auraient éventuellement plus de sens. « Je ne prétends pas connaître les résultats à l’avance, explique le député socialiste Iñaki Echaniz, mais les parlementaires forment un groupe qui émane de la nation et il n’y a pas de raison qu’il soit épargné par la drogue, bien que je n’aie jamais vu aucun député en prendre. »
« Les drogues se diffusent partout, déplore Antoine Coquerel, sans doute chez les élus, ou chez les journalistes, d’ailleurs ! C’est terrible. Un conducteur sous cannabis peut avoir des hallucinations et causer un accident, même à de faibles doses. Il faut vraiment mettre les gens en garde contre ces effets. » Si Envoyé spécial y contribue, l’émission n’aura pas été totalement inutile. Pour ce qui est de la séquence dans la salle des quatre colonnes de l’Assemblée nationale, en revanche…
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Dans le contexte actuel marqué par des agressions envers nos élus locaux, l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales) se positionne en rempart essentiel pour assurer la sécurité et le bien-être de ceux qui œuvrent pour notre communauté.
Créée en 1998, CDCL a évolué au-delà de sa mission initiale de soutien aux petites municipalités pour devenir un acteur central dans la protection des élus. Son engagement ne se limite pas uniquement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection complet, répondant aux défis actuels.
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