Des élus bourgeois exigent de nouvelles mesures pour mieux combattre l’extrémisme violent

Interdiction des pyrotechnies, reconnaissance faciale et gardes à vue prolongées: après la manifestation pro-Palestine qui a dégénéré le 11 octobre à Berne, des parlementaires fédéraux bourgeois exigent l’instauration d’un « pacte national » intitulé « halte à l’extrémisme violent ».

Les mesures ont été détaillées jeudi à Berne par l’Alliance Sécurité Suisse, un groupe de travail réunissant des élus du Centre, du PLR et de l’UDC. Selon eux, les émeutes survenues dans la capitale fédérale ont mis en exergue « dramatiquement » la menace qui pèse sur la sécurité intérieure, en causant 18 blessés parmi les forces de l’ordre.

« Mais dans d’autres villes suisses également, des fauteurs de troubles violents abusent de la foule lors de manifestations pour se protéger et se livrer à des actes de vandalisme, semant la peur, la terreur et la destruction », a déploré l’alliance multipartite. Selon elle, « il est grand temps de combler les lacunes dans la loi ».

Un nouveau sommet

Celles-ci ont trait au fait que la prévention et la poursuite pénale de tels actes sont difficiles. Et le 11 octobre, les excès violents qui éclatent régulièrement depuis des décennies dans le cadre de manifestations non autorisées ont atteint un « nouveau sommet » en termes de violence et de prise de risques.

« En 2024, un quart des manifestations d’extrême gauche ont dégénéré », a constaté le conseiller national Reto Nause (Centre/BE), président de l’Alliance Sécurité Suisse. « Des fauteurs de troubles violents laissent derrière eux dévastation, destruction, horreur et dommages matériels », au détriment des contribuables.

Mais pas seulement. Les restaurateurs et les propriétaires immobiliers doivent aussi en supporter les coûts. « L’objectif doit être de pouvoir répercuter ces coûts sur les participants à des manifestations violentes non autorisées », a suggéré pour sa part la conseillère aux Etats Brigitte Häberli (Centre/TG).

Des peines de prison ferme demandées

« Nous connaissons le problème: même si des arrestations ont lieu, il est rare que des condamnations soient prononcées », a dit Reto Nause. Les mesures proposées portent déjà sur l’instauration « de meilleures bases légales pour prévenir et poursuivre les infractions », a décrit le conseiller aux Etats Werner Salzmann (UDC/BE).

« Le port d’objets dangereux et manifestement destinés à provoquer des émeutes n’est pas réglementé à ce jour », a déclaré Werner Salzmann. « Cela doit changer avec une modification de la loi ». Est visé « quiconque apporte un casque et des lunettes de plongée, des matraques, des pétards, des engins pyrotechniques ou des lasers ».

« Les actes de violence commis sciemment et volontairement avec des objets dangereux contre les forces de l’ordre doivent être punis d’une peine privative de liberté d’au moins un an », a estimé le conseiller national Michael Götte (UDC/SG). Les poursuites pénales se heurtent souvent à des restrictions en matière de surveillance.

>> Les précisions du 12h30 :

Des parlementaires bourgeois forment une alliance pour lutter contre « l’extrémisme violent » / Le 12h30 / 1 min. / le 30 octobre 2025

Le Service de renseignement de la Confédération ne peut effectuer de surveillance qu’à partir de sources accessibles au public. « Après des appels à la violence, il devrait être possible de mener des opérations de surveillance ciblées, après autorisation », a expliqué sa collègue Jacqueline de Quattro (PLR/VD). « L’objectif consiste à prévenir ou mieux poursuivre les infractions et lever l’anonymat des auteurs », a-t-elle précisé.

Reconnaissance faciale

Une autre mesure prévoit l’utilisation de la reconnaissance faciale, via intelligence artificielle, a affirmé Reto Nause, ce qui aurait un « effet préventif » et faciliterait la désanonymisation des auteurs ».

Interrogée dans Forum sur l’efficacité de la reconnaissance faciale — une technologie dont l’utilité est régulièrement contestée, notamment parce que les fauteurs de troubles agissent souvent cagoulés — Jacqueline de Quattro reste convaincue de son potentiel: « La reconnaissance faciale de l’intelligence artificielle permet de reconnaître quelqu’un, même s’il est cagoulé. Il y a des reconnaissances de mouvements. C’est quelque chose qui est actuellement utilisé à certains endroits, et nous souhaitons pouvoir au moins tester ces moyens ».

Présente elle aussi sur le plateau, la conseillère nationale verte neuchâteloise Clarence Chollet se montre beaucoup plus sceptique. Si elle condamne fermement toute forme de violence, elle doute de la réelle efficacité de la reconnaissance faciale sur des individus masqués: « Et utiliser une mesure de surveillance de masse pour quelques individus qui posent problème sera extrêmement coûteux. Sans compter les faux positifs que cela engendrera. » Pour elle, la réponse doit continuer avant tout de passer par une présence policière « efficace, informée et intelligente ».

>> Le débat entre Jacqueline de Quattro et Clarence Chollet, dans Forum :

La Suisse est-elle mal armée face à "l’extrémisme violent"? Débat entre Jacqueline de Quattro et Clarence Chollet
La Suisse est-elle mal armée face à « l’extrémisme violent »? Débat entre Jacqueline de Quattro et Clarence Chollet / Forum / 10 min. / le 30 octobre 2025

Pour prolonger la garde à vue

Le conseiller national Christian Wasserfallen (PLR/BE) a lui proposé la prolongation du placement en garde à vue à 48 heures, contre 24 heures aujourd’hui. « Ce délai n’est plus adapté à notre époque », a-t-il relevé. Cela aurait en outre une « dimension sociale », avec une absence le lundi au travail en cas d’arrestation le samedi.

Enfin, le conseiller national Heinz Theiler (PLR/SZ) s’est inquiété des usagers des transports publics. A ses yeux, « il est intolérable que des personnes non impliquées se retrouvent bloquées ». C’est pourquoi l’article 239 du Code pénal (perturbation d’entreprises au service de la collectivité) doit être précisé et complété.

>> Ecouter le sujet de Forum sur les chiffres relatifs à « l’extrémisme violent » en Suisse :

Que disent les chiffres sur "l’extrémisme violent" en Suisse?
Que disent les chiffres sur « l’extrémisme violent » en Suisse? / Forum / 5 min. / le 30 octobre 2025

ats/ther

Protéger nos Élus avec CDCL

Dans le contexte actuel marqué par des agressions envers nos élus locaux, l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales) se positionne en rempart essentiel pour assurer la sécurité et le bien-être de ceux qui œuvrent pour notre communauté.

Créée en 1998, CDCL a évolué au-delà de sa mission initiale de soutien aux petites municipalités pour devenir un acteur central dans la protection des élus. Son engagement ne se limite pas uniquement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection complet, répondant aux défis actuels.

Sous la direction éclairée de l’ancien Maire de Linas en Essonne, CDCL a élaboré un dispositif proactif. Celui-ci englobe des formations approfondies, des conseils juridiques spécialisés, et une assistance réactive en cas d’agression. L’association est habilitée au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, une personne investie d’un mandat électif public victime d’agression.

Forte de son enregistrement au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et du SIRET 92326341200010, CDCL a son siège au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris. Elle incarne une communauté engagée, dédiée à donner aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la spécificité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.

Pour de plus amples informations sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, nous vous invitons à consulter leur site web.

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