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À la suite du drame dont a été victime le cycliste Paul Varry, 27 ans, à Paris, mardi 17 octobre 2024, le ministère des Transports a annoncé lundi 21 octobre le lancement d’une mission intitulée « Contre les violences, protéger tous les usagers de la route ».
Au préalable, François Durovray, ministre délégué aux Transports, et Florence Guillaume, déléguée interministérielle à la sécurité routière, avaient reçu lundi les représentants d’associations d’usagers du vélo.
« En tant que ministre des Transports, élu local et cycliste, je lance cette mission pour que les drames à vélo ne se reproduisent jamais », a déclaré François Durovray à l’issue de la réunion.
Mon objectif est clair : ne pas opposer les modes de transports, mais réfléchir à un partage harmonieux de l’espace urbain et ainsi garantir un meilleur usage de nos routes pour tous les usagers, qu’ils soient en voiture, à vélo ou à pied.
« Nous savons que la pratique du vélo est cruciale pour une mobilité durable. C’est pourquoi nous travaillerons en collaboration étroite avec les collectivités locales, les associations de cyclistes et les experts afin de mettre en place des mesures nécessaires mais surtout concrètes », insiste le ministre délégué aux Transports.
Deux jours auparavant, samedi 19 octobre, l’association Vélorution Cherbourg organisait l’un des 230 rassemblements en France en hommage à Paul Varry. « Paul était un militant de l’association Paris en selle. Nous sommes choqués par ce drame et nous nous associons à la douleur des proches de Paul et de ses camarades associatifs », a déclaré la présidente Anne Baron.
Nécessité d’agir
Le développement de l’utilisation des deux-roues « est parfois vécu comme un affront par certains automobilistes. En tant que cyclistes, nous avons tous et toutes déjà été victimes de la violence motorisée. Coups de klaxon, intimidation, insulte, frôlement… Cette violence est quotidienne et tolérée par les autorités. Cette violence motorisée aujourd’hui tue.
Cet hommage est aussi un message aux pouvoirs publics. Nous ne pouvons plus tolérer cette banalisation de la violence sur la route. Les cyclistes et les piétons ont le droit à la sécurité. Ce droit ne devrait pas être une option. Il est impératif que le développement des aménagements cyclables devienne une priorité politique. Nous avons besoin d’un réseau cohérent, pour mieux répartir le trafic automobile, pour limiter la vitesse.
Nous avons besoin d’éducation, que le Savoir Rouler à l’école (voté en 2018) se déploie dans toutes les écoles, que les élèves des auto-écoles fassent du vélo, faire pour comprendre. Nous avons besoin de prévention, de campagnes de sécurité pour rappeler aux automobilistes que la route est un espace partagé, qu’elle ne leur appartient pas […]. Nous avons besoin de politiques audacieuses, de projets concrets pour protéger les usagers vulnérables. »
On a franchi un cap dans la violence routière.
Maire adjoint de Cherbourg-en-Cotentin aux mobilités douces, Arnaud Catherine participait à ce rassemblement. Contacté ce mardi 22 octobre, il se réjouit du lancement de la mission qui prendra en compte « tous les usagers. C’est important de le souligner ».
« On a franchi un cap dans la violence routière », constate l’élu selon lequel on a banalisé le nombre de morts sur les routes : « 3 398 en 2023 sur les routes de France métropolitaine ou d’Outre-mer. C’est plus que le World Trade Center chaque année ! »
Parmi ces victimes, 439 piétons et 221 cyclistes. « Quand il s’agit d’un cycliste ou d’une trottinette, les médias et les réseaux sociaux en parlent plus. Les cyclistes représentent 7% des victimes et les trottinettes 1%. »
4 morts
4 cyclistes sont morts sur les routes de la Manche en 2023, 35 ont été blessés, soit 13 % de l’ensemble des tués et 7 % des blessés. En 2024, un cycliste a déjà perdu la vie.
Bien évidemment, agir est « une nécessité ». « Je souhaite que cette mission aboutisse à quelque chose. C’est aussi aux cyclistes de respecter le code de la route. C’est aussi une question d’éducation. Cela pourrait passer par l’école, par les centres sociaux. Quand on passe le permis B, ce serait bien de faire une ou deux heures de vélo en ville pour se rendre compte des dangers » que peuvent faire subir des véhicules motorisés aux cyclistes et aux piétons. Mais face à « une société de plus en plus violente, il y a du boulot ».
Certes, lors d’un voyage d’étude à Copenhague, un Danois avait répondu à Arnaud Catherine que le secret du développement là-bas « tenait en trois mots : infrastructure, infrastructure et infrastructure. » C’est aussi un problème de savoir-vivre qui se perd, même dans la Manche. « Les Américains ont identifié depuis longtemps la rage routière. On en arrive là aujourd’hui », constate Arnaud Catherine.
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CDCL : Un Bouclier pour nos Élus
L’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales) s’élève comme un rempart essentiel face aux défis que rencontrent nos élus locaux. Fondée en 1998, cette organisation a élargi son rôle initial pour devenir un soutien inestimable, particulièrement dans le contexte actuel d’agressions envers nos représentants locaux.
CDCL va au-delà de la simple valorisation du patrimoine et de la formation des élus. L’association a mis en place un dispositif de protection dynamique, comprenant des formations spécialisées, des ressources juridiques, et une assistance réactive en cas d’agression.
Reconnue au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, CDCL a le pouvoir de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, les élus locaux victimes d’agression. Cela renforce son engagement envers la sécurité de ceux qui dédient leur vie au service de la communauté.
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