
Un homme de 79 ans a été condamné par le tribunal d’Auch ce jeudi 6 mars pour avoir outragé et diffamé le maire de Pauilhac. Il écope d’une amende de 1 500 €, dont 1 000 € avec sursis, et devra indemniser le premier édile.
Depuis plusieurs années, « il y a un passif entre nous », indique le prévenu. Pourtant, si les relations étaient régulièrement difficiles, ces tensions ont atteint un stade supérieur le 14 août 2024, date des faits qui intéressent le tribunal d’Auch ce jeudi 6 mars.
Plusieurs mois après la scène, Paul*, 79 ans, est présenté devant la juridiction gersoise : il lui est reproché d’avoir outragé et diffamé publiquement le maire de Pauilhac, où il réside. En début de soirée, ce 14 août, Paul se rend à la mairie de sa commune, devant laquelle discutent le premier édile, Patrice Suarez, et deux de ses adjoints. « Vous allez lui demander s’il y a une solution pour faire enlever un fauteuil », relate le président, Philippe Rigault.
Publications sur Facebook
Selon les élus, « le maire vous dit que vous devez trouver une solution pour l’emmener à la déchetterie. Vous vous seriez alors énervé », poursuit Philippe Rigault. « Connard », « facho »… Patrice Suarez est insulté à plusieurs reprises par le Pauilhacais. Séparé par l’un des adjoints présents, Paul rentre ensuite à son domicile et publie, au cours des heures qui suivent, un message sur sa page Facebook dans lequel il qualifie Patrice Suarez, entre autres, de « maire qui agit en tant que chef de gang violent ».
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À la barre, Paul reconnaît avoir proféré ces injures et publié ces messages. Mais, selon lui, « les choses ont commencé à devenir agressives à mon égard », assure le prévenu devant les juges. « Je ne l’ai pas insulté, par contre les « connards » ont fusé contre moi. » Il affirme qu’il aurait été poussé par un élu. « Là, j’ai dit facho, je le revendique encore aujourd’hui. »
« Liberté d’expression aussi contre les élus »
« Vous ne considérez pas le mot fasciste comme un outrage ? », questionne alors le président du tribunal. « Non, pour moi, le terme était collectif et décrivait l’utilisation de la force contre un citoyen. » Quant au texte publié sur une page Facebook regroupant 600 personnes, qui interrogeait notamment « Comment a-t-on pu élire une telle bande, tenue par le népotisme ? », l’avocat du prévenu plaide pour « la liberté d’expression aussi contre les élus. Cela ne dépasse pas les limites de la polémique. » Maître Jean-Jacques Dulong dénonce également un traitement en faveur du maire, regrettant qu’une plainte déposée par Paul ait été classée sans suite : « Il a prononcé les insultes mais il avait été molesté. »
Une « reconnaissance a minima des faits » que la procureure, Elsa Lafite, relève dans ses réquisitions. Elle estime que les outrages sont constitués. « M. Suarez est un élu qui exerce sa mission de manière désintéressée, avec des moyens de plus en plus réduits et une crise des vocations de plus en plus forte ».
« Un désagrément grave et inacceptable »
Un discours qu’exprime aussi le maire devant le tribunal : « Je suis élu et pour de nombreux projets, je dois aller au contact de la population. Cela a causé un réel préjudice dans ma fonction. Les élus devraient être plus respectés. » Le premier édile demande, par la voix de son avocat, Maître Renaud Dufeu, que ce préjudice lui soit remboursé. « Cette affaire est un désagrément extrêmement grave et inacceptable pour le maire », plaide son conseil.
Finalement, le tribunal estime que Paul est coupable de l’ensemble des charges retenues contre lui. Le Pauilhacais est condamné à une amende de 1 500 €, dont 1 000 € avec sursis, et devra indemniser Patrice Suarez à hauteur de 500 € pour son préjudice.
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