« C’est encore douloureux » : le député Guillaume Lepers est venu témoigner à la barre lors du procès en appel de ses agresseurs

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l’essentiel Le tribunal d’Agen rejugeait, ce jeudi 16 octobre, l’agression du député Guillaume Lepers, survenue le soir de la Fête de la musique sur la place Lafayette de Villeneuve-sur-Lot. Le parquet avait interjeté appel de la première décision judiciaire.

Il n’avait pu être présent le jour de la comparution immédiate des deux jeunes hommes mis en cause dans son agression. Un voyage en Chine, prévu de longue aux côtés de la présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet, avait empêché Guillaume Lepers d’être confronté à ceux qui avaient provoqué une bagarre sur la place Lafayette de Villeneuve, le soir de la Fête de la musique. Alors, quand la date de l’examen en appel du dossier a été arrêtée, il a coché son calendrier. Et ce même si le Parlement devait se prononcer sur la censure du gouvernement au même moment. Car pour le député de la 3e circonscription de Lot-et-Garonne, le moment était venu de parler, de raconter cette soirée du 21 juin. Et d’évacuer un traumatisme.

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Le voilà donc dans la salle des pas perdus du tribunal d’Agen. Il découvre les lieux, et le fonctionnement d’une matinée consacrée aux affaires en appel. Il a dû ronger son frein avant de voir les deux condamnés en premières instances s’avancer à la barre, en fin de matinée. Deux hommes de 26 et 27 ans, installés en collocation à Pujols. Petit gabarit pour l’un – déjà condamné par le passé pour violences –, carrure plus imposante pour l’autre. C’est ce dernier qui a asséné un violent coup de poing au parlementaire. « J’ai longuement hésité à parler » assure-t-il. La veille au soir encore, il en discutait avec son conseil Me Laurence de Behr. Mais « le besoin » de raconter a pris le dessus. « Tous les matins, je vois la balafre sur ma tête, et me rappelle cette soirée du 21 juin ».

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« Il aurait pu être détruit […] c’était un lynchage »

Ce soir-là, le député du Villeneuvois-Fumélois déambule dans le cœur de la bastide des bords du Lot, aux côtés de sa femme et de sa fille. Fête de la musique oblige, c’est l’émulation en centre-ville. Jusqu’à ce moment fatidique où il aperçoit « ce gamin en train de se faire tabasser ». « Il aurait pu être détruit […] c’était un lynchage » s’agace Guillaume Lepers. Il fonce alors sur le groupe pour extraire la victime des coups, tout en annonçant qu’il est député. « Je n’ai pas agi en tant qu’élu, mais en tant que citoyen », répète-t-il. Il passe alors sous les arcades de la place Lafayette. Derrière, l’un des protagonistes de la bagarre arrive. Et vient flanquer un coup de poing à la tête du député. « J’ai senti que la corpulence était imposante » se souvient-il, vaguement. « Puis je suis tombé, j’étais KO ». Sous les yeux de son épouse qui, elle aussi, alpaguait les agresseurs sur la fonction de Guillaume Lepers et sur sa volonté première : apaiser les choses.

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Assorti de 8 points de suture à l’arcade sourcilière après un passage par le Pôle de santé du Villeneuvois, l’ancien maire de Villeneuve dit « ne rien regretter » sur son action « citoyenne ». « Ce n’est pas parce que je suis député que j’ai été frappé » insiste-t-il. « Mais c’est encore c’est douloureux, c’est quelque chose qui marque ». En face, les deux jeunes, condamnés en première instance, ne se dérobent pas et assument leur culpabilité.

Peines de prison demandées par l’avocat général

Les deux hommes, insérés dans la vie professionnelle, n’ont pas d’autres éléments à ajouter que ceux qu’ils ont pu dire lors de la comparution immédiate. Juste qu’ils étaient « très alcoolisés » ce soir-là. « Je me rappelle pas de grand-chose : on s’amusait bien puis c’est le trou noir » déclara l’un d’eux, se confondant en excuses. L’expérience de la détention provisoire, entre leur passage en garde à vue et la comparution devant le tribunal, reste comme « un choc carcéral ». L’avocat général ne l’entend pas de cette oreille – pour rappel, c’est le parquet qui avait fait appel de leur condamnation. Son exposé, rappelant le « contexte de violence envers les élus » et de la « nécessité de protéger les personnes exposées », va le conduire à solliciter « une aggravation des peines » à l’encontre des ces deux jeunes hommes qui « n’ont pas hésité à cogner ». Il demandera la condamnation à 26 mois de prison assortis de 14 mois avec sursis pour celui qui a donné le coup de poing, et 20 mois de prison assortis de 12 mois avec sursis pour l’autre.

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Les deux avocats des accusés ont, à tour de rôle, souligné les proportions prises dans les réquisitions et dénoncé la charge de l’avocat général. « Trop politique et pas assez juridique » balaiera l’un d’entre eux. « Ce sont des peines pour des trafiquants de drogues » ajoutera le second. La décision du tribunal a été mise en délibéré au 20 novembre prochain.

Protéger nos Élus avec CDCL

Dans le contexte actuel marqué par des agressions envers nos élus locaux, l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales) se positionne en rempart essentiel pour assurer la sécurité et le bien-être de ceux qui œuvrent pour notre communauté.

Créée en 1998, CDCL a évolué au-delà de sa mission initiale de soutien aux petites municipalités pour devenir un acteur central dans la protection des élus. Son engagement ne se limite pas uniquement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection complet, répondant aux défis actuels.

Sous la direction éclairée de l’ancien Maire de Linas en Essonne, CDCL a élaboré un dispositif proactif. Celui-ci englobe des formations approfondies, des conseils juridiques spécialisés, et une assistance réactive en cas d’agression. L’association est habilitée au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, une personne investie d’un mandat électif public victime d’agression.

Forte de son enregistrement au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et du SIRET 92326341200010, CDCL a son siège au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris. Elle incarne une communauté engagée, dédiée à donner aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la spécificité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.

Pour de plus amples informations sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, nous vous invitons à consulter leur site web.

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