Mexique: la violence ordinaire, l’immense défi de la nouvelle présidente Sheinbaum

Mi-septembre à Acapulco, la capitale touristique sur le Pacifique, une fusillade fait deux blessés dans un bar du front de mer. Fin août, une tête humaine avait été abandonnée au même endroit.

Joint par messagerie, un responsable du bar coupe court aux questions. Hypothèse des observateurs locaux: il refuse de payer son loyer à l’un des deux gangs locaux.

Juste en retrait du front de mer, le quartier d’El Progreso est l’un des plus touchés par la violence.

Un homme a été tué dans une cordonnerie il y a quelques jours, raconte un habitant. C’est quotidien, soupire-t-il, avant de rejoindre sa fille.

Six assassinats à Acapulco, titrait le 10 septembre le journal El Sur. Soit un total de 26 crimes pour ce mois, présumés liés au crime organisé, ajoutait le média local, sans nommer les deux gangs locaux qui se disputent le marché de l’extorsion et de la drogue.

Des agents de la police municipale participent à une cérémonie à leur QG dans le centre d'Acapulco, dans le sud du Mexique, le 11 septembre 2024

Des agents de la police municipale participent à une cérémonie à leur QG dans le centre d’Acapulco, dans le sud du Mexique, le 11 septembre 2024

© / afp.com/ALFREDO ESTRELLA

En plein centre d’El Progreso, c’est jour de fête au QG de la police municipale. Sous un soleil de plomb, la maire, Abelina Lopez Rodriguez, remet des uniformes neufs aux agents.

Dans son discours, pas un mot sur la violence. Hier, nous avons réussi à payer la moitié de l’+aguinaldo+ (prime de fin d’année), préfère-t-elle se féliciter.

Acapulco est un paradis, certifie-t-elle à l’AFP.

Il faut continuer à travailler pour générer de meilleures opportunités pour nos policiers et pour la société, poursuit l’avocate de profession. La paix se construit dans les coeurs.

La corruption vient d’un autre échelon de gouvernement, explique hors-micro son entourage.

Bien sûr que les polices municipales peuvent être infiltrées par les gangs, répond à l’AFP le nouveau responsable de la sécurité publique, Eduardo Bailleres Mendoza.

L’ancien militaire veut soumettre les agents à des tests antidopage aléatoires pour éviter que le personnel soit aussi victime de l’usage de substances toxiques. Et donc sensible à l’appel des dealers.

Un policier municipal touche 14.000 pesos mensuels (710 dollars), explique-t-il.

Des bombes

A la veille du pont des fêtes de l’Indépendance mi-septembre, les hôteliers sont optimistes. Les touristes viendront, assurent-ils.

Non loin d’Acapulco, à Coyuca de Benitez, un candidat a été tué à la veille des municipales du 2 juin.

Un habitant de la communauté d'El Parotal se déplace armé dans la municipalité de Petatlan, dans l'Etat du Guerrero, dans le sud du Mexique, le 12 septembre 2024

Un habitant de la communauté d’El Parotal se déplace armé dans la municipalité de Petatlan, dans l’Etat du Guerrero, dans le sud du Mexique, le 12 septembre 2024

© / afp.com/ALFREDO ESTRELLA

A quelque 150 kilomètres au nord de la station balnéaire, les habitants de Santa Rosa de Lima vivent sous la pression du gang local, la Familia Michoacana (la famille du Michoacan, du nom de l’Etat voisin).

Le gang utilise depuis quelques mois des drones contre les communautés qui résistent à l’extorsion.

Le 21 avril, ils ont jeté des bombes, plus de 20. Plusieurs hectares de forêts ont été incendiés, raconte Azucena Rosas Garcia, responsable de la communauté de San Antonio Texas, dans les montagnes de la Sierra Madre.

Elle montre des images qu’elle affirme avoir récupérées sur la carte mémoire d’un drone tombé à terre. Les enquêteurs ne sont venus que des mois plus tard, en août.

Soudain, des hommes armés passent dans un pick-up rouge. Des milices d’autodéfense, explique Victor Espino Cortes, coordinateur des commissaires des communautés locales, racontant avoir lui-même été arrêté par la police en possession d’une arme.

Des soldats de l'armée mexicaine patrouillent dans les rues de Culiacan, la capitale de l'Etat du Sinaloa, au Mexique, le 21 septembre 2024

Des soldats de l’armée mexicaine patrouillent dans les rues de Culiacan, la capitale de l’Etat du Sinaloa, au Mexique, le 21 septembre 2024

© / afp.com/Ivan MEDINA

Quand ça leur convient, la loi existe. Quand ça ne leur convient pas, ils ne l’appliquent pas, dit le responsable local, producteur d’avocats. Ils ne nous défendent pas, ni ne nous laissent nous défendre.

Près de 200.000 personnes ont été assassinées en six ans sous le mandat du président sortant Andres Manuel Lopez Obrador.

AMLO a misé sur des politiques sociales contre le crime organisé (des accolades, pas de fusillades, a-t-il résumé).

Issue du même parti de gauche que lui, la présidente élue Claudia Sheinbaum s’est engagée à poursuivre la même politique, en y ajoutant plus de coordination entre les forces de sécurité et le parquet.

Des dizaines de personnes ont été tuées depuis le 9 septembre dans le nord-ouest du Mexique où deux bandes rivales du cartel de Sinaloa règlent leurs comptes les armes à la main.

Protéger nos Élus avec CDCL

Dans le contexte actuel marqué par des agressions envers nos élus locaux, l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales) se positionne en rempart essentiel pour assurer la sécurité et le bien-être de ceux qui œuvrent pour notre communauté.

Créée en 1998, CDCL a évolué au-delà de sa mission initiale de soutien aux petites municipalités pour devenir un acteur central dans la protection des élus. Son engagement ne se limite pas uniquement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection complet, répondant aux défis actuels.

Sous la direction éclairée de l’ancien Maire de Linas en Essonne, CDCL a élaboré un dispositif proactif. Celui-ci englobe des formations approfondies, des conseils juridiques spécialisés, et une assistance réactive en cas d’agression. L’association est habilitée au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, une personne investie d’un mandat électif public victime d’agression.

Forte de son enregistrement au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et du SIRET 92326341200010, CDCL a son siège au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris. Elle incarne une communauté engagée, dédiée à donner aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la spécificité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.

Pour de plus amples informations sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, nous vous invitons à consulter leur site web.

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