
Grosse tension au conseil municipal de Corbeil-Essonnes. Le maire Bruno Piriou (divers gauche) a annoncé vendredi 20 juin 2025 avoir déposé plainte contre le conseiller municipal d’opposition Jean-François Bayle (Les Républicains). Il accuse en effet son opposant de droite de l’avoir insulté et d’avoir tenté de s’en prendre à lui physiquement, lors de la séance du conseil municipal du 18 juin.
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« Je ne supporte pas le racisme »
Jean-François Bayle avait pris la parole au sujet des médecins étrangers exerçant en France, dans le cadre d’une délibération concernant la création d’un centre dentaire sur la commune. Il est prévu de faire appel à des dentistes étrangers pour faire fonctionner ce futur centre, ce que l’opposant municipal déplore, estimant que cela participe au fait de « piller » les pays d’origine de leurs médecins.
Manifestement choqué par le teneur des propos de son opposant, Bruno Piriou lui a répondu sur un ton vif, l’accusant d’être « un homme qui ne supporte pas qu’à Corbeil-Essonnes comme en France, il y ait des hommes et des femmes de toutes les couleurs, de toutes les origines ». Alors que le maire termine son intervention et invite un de ses adjoints à prendre la parole, Eric Breton, un autre élu d’opposition le relance et fait remarquer que le maire est « énervé ». «Je ne supporte pas le racisme, c’est comme ça, c’est viscéral », rétorque alors Bruno Piriou.
La remarque fait bondir Jean-François Bayle. L’élu se précipite vers le maire, à l’autre bout de la salle du conseil municipal. Il est toutefois arrêté sur sa lancée et maîtrisé par plusieurs personnes, dont au moins un adjoint au maire. Les agents de sécurité interviennent également et font sortir l’opposant, qui adresse alors un « espèce d’ordure » à Bruno Piriou, très audible sur l’enregistrement audio et vidéo de la séance disponible sur la chaîne Youtube de la ville (le moment de tension intervient vers 2h51mn45). Le maire affirme aussi dans un communiqué qu’il l’aurait traité de « salopard ». Il explique aussi auprès du Parisien Jean-François Bayle bousculé une élue qui serait tombée et se serait alors mise à pleurer.
Alors que le maire s’emploie dans la foulée à faire avancer la séance, Eric Breton s’indigne : « Vous ne pouvez pas insulter notre collègue comme ça ! », reproche-t-il à Bruno Piriou. « Le racisme n’est pas une opinion, c’est un délit », lui rétorque l’édile, avant de parvenir à faire reprendre les débats sur les sujets inscrits à l’ordre du jour. Pendant ce temps, Jean-François Bayle est revenu dans la salle par une autre porte et est retourné s’asseoir sur sa chaise.
L’élu d’opposition réfute toute volonté de violence physique
« Sans l’intervention d’un élu et des agents de sécurité que se serait-il passé ? », interroge Bruno Piriou dans son communiqué, formulant par ailleurs cette interrogation : « Quand des élus en viennent aux mains, dans une enceinte sacrée comme celle du conseil municipal, comment s’étonner après de l’augmentation des violences perpétrées au sein de la société ? »
« Il apparait impossible que quelqu’un qui s’est livré à des actes d’une telle violence puisse continuer à siéger dans une enceinte de la République. Je crois que toutes et tous, Élu.e.s de la majorité et de l’opposition, devons faire front pour stopper de tels comportements »
Auprès du Parisien, Jean-François Bayle explique qu’il n’a jamais eu l’intention de s’en prendre physiquement au maire : « Je me suis levé car il refusait de me donner la parole. C’est vrai, je vais vers lui et avec mes 112 kg, ça peut donner une impression… Ça peut apparaître comme tel, mais ça ne l’est pas ». L’élu dit réfléchir à une action en justice pour diffamation.
Jean-François Bayle a été adjoint de l’ancien maire Serge Dassault (UMP pis LR) et de son successeur Jean-Pierre Bechter (UMP puis LR), tous deux condamnés dans des affaires de corruption. « Notre commune a été durement touchée pendant 25 ans par un système clientéliste et de corruption […]. Depuis cinq ans, notre municipalité a mené un travail de tous les instants pour défaire ce système. Ce système fonctionnait par la menace, la violence et l’intimidation », souligne Bruno Piriou.
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