Blocage des lycées : « la violence n’est pas légitime » mais certaines revendications le sont, martèle le ministre de l’Éducation nationale

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La grogne des lycéens et lycéennes ne faiblit pas. Né la semaine dernière en Île-de-France, le mouvement est progressivement monté en puissance mardi 29 septembre, avec une journée de mobilisation marquée notamment par des face-à-face tendus entre les forces de l’ordre et des élèves lors de blocages d’établissements dans plusieurs villes de France.

440 personnes ont été interpellées rien que mardi, et « 76 personnes » ont été blessées depuis le début du mouvement, parmi les élèves et les personnels d’établissement, a indiqué mercredi matin le ministre de l’Éducation. « Ce qui m’inquiète, ce n’est pas qu’il y ait des mobilisations ou que les lycéens puissent avoir des revendications (…), ce qui m’inquiète, c’est la violence », a insisté Édouard Geffray au micro de RTL.

VidéoBlocus des lycées : des heurts et des interpellations

« Hier, on a vu des scènes invraisemblables », a-t-il fustigé, citant notamment le cas d’un « jeune qui a perdu l’usage d’une partie de sa main parce qu’il a tiré un mortier, il ne savait pas s’en servir ». Selon lui, il y a aussi eu « des proviseurs agressés par des tirs tendus de mortier, des professeurs frappés et pour certains chassés par des voyous, on est loin, dans ces cas-là, d’une mobilisation sereine ».

Le ministre de l’Éducation dénonce une récupération politique « manifeste », en particulier d’élus de La France insoumise. Interrogé sur les propos du maire LFI de Saint-Denis, Bally Bagayoko, qui a déclaré mardi que la violence pouvait parfois être légitime, Édouard Geffray répond : « Je considère que la violence n’est pas légitime. (…) Ce qui est légitime, ce sont les revendications, (…) lorsqu’elles portent sur le fonctionnement de l’institution scolaire (…) elles doivent être entendues et écoutées, ce qui n’est pas le cas de beaucoup de revendications », selon lui.

« On a besoin de les protéger des violences »

À ce propos, le ministre de l’Éducation nationale assure que les revendications, quand elles portent sur la vie scolaire, doivent se résoudre « dans un cadre organisé ». Il a rappelé qu’il existe des « instances de dialogue social dans tous les lycées », appelés « conseils de vie lycéenne, où les lycéens peuvent discuter avec les adultes d’établissement pour répondre à leurs demandes ».

« Le droit de manifester est un droit fondamental, les instances démocratiques doivent être respectées », mais « la violence, c’est non », a-t-il martelé. Le ministre a indiqué que 7 % des heures de cours n’étaient pas assurées. « On y travaille tous les jours, mais je confirme qu’en tout cas ces chiffres ne sont pas acceptables et qu’il faut évidemment tout faire pour les réduire », a-t-il dit.

De nouveaux blocages de lycées ont lieu depuis ce mercredi matin, avec de nouveau l’envoi de forces de l’ordre. « Le but, c’est de permettre aux élèves d’aller en cours, parfois il y a quelques dizaines d’élèves qui empêchent les autres d’aller en cours », justifie le ministre. « On n’a pas besoin de protéger les élèves de l’école, on a besoin de les protéger des violences qui ont lieu à l’extérieur », a-t-il insisté.

« Je comprends cette violence »

« Cette violence, c’est la conséquence d’une violence institutionnelle et sociale que subissent de nombreux jeunes depuis maintenant neuf ans », a déclaré pour sa part le président de l’Union syndicale lycéenne, Ryad Rani, au même micro de RTL quelques minutes plus tard. « Je ne dirais pas illégitime mais je comprends cette violence », a-t-il ajouté.

Il a toutefois dit « condamner toutes les violences, aussi les violences policières qu’on a pu remarquer en marge de ces mobilisations ». Aux élus qui accusent le mouvement d’être « gangrené », Ryad Rani dément : « Je vois le discours du ministre qui a pour seul but de décrédibiliser cette mobilisation, c’est un peu de l’âgisme de dire qu’on est manipulé, gangrené. Sur chaque blocage où notre syndicat était présent, il n’y avait pas d’agitateur professionnel », a-t-il affirmé.

Sur le fait que le « dialogue a lieu » dans les instances de dialogue social dans les établissements, Ryad Rani estime que « c’est totalement faux » et qu’elles sont « délaissées ».

« Notre organisation est prête à rencontrer Monsieur Geffray et à avoir des discussions », a-t-il dit. « Nous allons lui demander plusieurs mesures, notamment pour remédier à la surcharge des emplois du temps scolaire et des classes où on peut se retrouver à 32 ou 36, ce qui est énorme », a-t-il détaillé, évoquant aussi « la rénovation des lycées délabrés ». Le mot d’ordre de cette mobilisation est la « dignité », a encore dit Ryad Rani, les élèves « veulent des conditions correctes, justes et équitables ».

Le mouvement pourrait se poursuivre jeudi, l’Union syndicale lycéenne appelant à reconduire les blocages, conjointement avec l’Union étudiant, premier syndicat étudiant de France. « Une grosse date » est aussi prévue mardi 6 octobre, « on invite tous nos partenaires syndicaux à nous rejoindre, on pense qu’il peut y avoir une convergence des luttes », a conclu Ryad Rani.

Protéger nos Élus avec CDCL

Dans le contexte actuel marqué par des agressions envers nos élus locaux, l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales) se positionne en rempart essentiel pour assurer la sécurité et le bien-être de ceux qui œuvrent pour notre communauté.

Créée en 1998, CDCL a évolué au-delà de sa mission initiale de soutien aux petites municipalités pour devenir un acteur central dans la protection des élus. Son engagement ne se limite pas uniquement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection complet, répondant aux défis actuels.

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Forte de son enregistrement au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et du SIRET 92326341200010, CDCL a son siège au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris. Elle incarne une communauté engagée, dédiée à donner aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la spécificité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.

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