Arles : « l’armée de castors » répond au député RN Romain Baubry

, Arles : « l’armée de castors » répond au député RN Romain Baubry

Pas de place pour les lâches. » Le post du député RN Romain Baubry ne fait pas dans la dentelle. La raison de son courroux en ce 9 juillet, surlendemain de sa victoire aux élections législatives anticipées ? La plupart des maires de la 15e circonscription des Bouches-du-Rhône, qualifiés d’ »armée de castors » par le député, ont eu l’outrecuidance de ne pas le soutenir, voire ont fait le choix d’apporter leurs suffrages à une candidate concurrente. « J’ai mis fin au bal des hypocrites. Pendant deux ans, ils m’ont fait des grands sourires de façade mais ont tout fait pour m’invisibiliser« , se justifie a posteriori Romain Baubry. Et le parlementaire d’extrême droite de lister nommément, sur les réseaux sociaux, ceux qu’ils qualifient d’ »armée de castors« , appelant « les électeurs à se souvenir du manque de courage de leurs élus« . La plupart des maires pointés du doigt (parmi lesquels Lucien Limousin pour Tarascon, Hervé Chérubini pour Saint-Rémy-de-Provence ou encore Georges Jullien pour Noves), rejoints par d’autres élus (tels que Michel Pécout, maire de Graveson, Philippe Ginoux, maire de Sénas ou Marie-Pierre Callet, vice-présidente du Conseil départemental des Bouches-du-Rhône), ont réagi en adressant une lettre à Jordan Bardella. Dans ce courrier daté du 22 juillet, les édiles interpellent le président du Rassemblement national sur l’attitude du député en ces termes : « Nous vivons dans une démocratie où le droit de vote et la liberté d’expression doivent être respectés avec un minimum d’élégance et de courtoisie, a fortiori envers les élus de la République« .

« On est encore libre de penser ce qu’on veut »

Quelle mouche a donc piqué Romain Baubry pour reprocher de manière aussi virulente à des maires le simple fait de ne pas partager ses convictions ? « Certains sont soi-disant apolitiques et on les retrouve sur scène avec une macroniste (la candidate éliminée au 1er tour Solange Ponchon, Ndlr). C’est un manque de respect et de considération à l’égard des électeurs« , reproche celui qui est également élu d’opposition à Sénas. « On est encore libre en France de penser ce qu’on veut. Romain Baubry est quelqu’un de très agressif, qui ne se contrôle pas. Je l’ai subi publiquement à plusieurs reprises. Pour que je le soutienne, encore eut-il fallu qu’il me le demande. Mais de toute façon, je ne l’aurais pas fait« , témoigne Marcel Martel, maire de Châteaurenard qui soutenait son adjointe Solange Ponchon au premier tour mais ne s’est pas prononcé au second. Jean-Pierre Serrus, maire de La Roque-d’Anthéron, ne risquait pas de soutenir Romain Baubry puisqu’il était lui-même candidat, suppléant de la même Solange Ponchon. « Je ne vois pas de lâcheté dans le fait de se présenter ou de soutenir un autre candidat », argumente celui qui avait réagi dès la diffusion du post « indigne d’un élu » dont la première expression réside dans « l’insulte et la menace. Ce ne sont pas des pratiques républicaines« .

« On n’a jamais vu une élection où les maires ne peuvent soutenir qui ils veulent. Je n’ai jamais fait de sectarisme après une victoire, et j’en ai vécu quelques-unes. Il faut savoir être bon gagnant mais tout le monde n’a pas une hauteur de vue politique suffisante« , tacle Jacky Gérard, maire de Saint-Cannat, comparant le procédé de Romain Baubry à une « liste noire« . Et de dénoncer la « démagogie » du député RN, qui mène peu « d’actions concrètes et bénéficie du mécontentement populaire« .

Pour sa défense, le parlementaire choisit l’attaque, remettant en question la sincérité de leur appel au barrage anti-RN : « Est-ce que ce sont leurs convictions ou le résultat d’un chantage aux subventions ? Certains de ses maires m’ont dit que des élus du Conseil départemental leur avaient intimé de prendre leur distance vis-à-vis de moi« .

Stratégie électorale

Derrière une communication post-électorale outrancière sur les réseaux sociaux pointe une stratégie à plusieurs bandes, des législatives à la présidentielle, en passant par les municipales de 2026.

« Comptez sur moi pour expliquer aux administrés qu’il sera important d’élire des conseillers municipaux qui n’enverront pas au Sénat des macronistes qui empêcheraient la mise en oeuvre de notre programme présidentiel en 2027. » Pourquoi s’arrêter en si bon chemin ?

CDCL : Un Bouclier pour nos Élus

L’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales) s’élève comme un rempart essentiel face aux défis que rencontrent nos élus locaux. Fondée en 1998, cette organisation a élargi son rôle initial pour devenir un soutien inestimable, particulièrement dans le contexte actuel d’agressions envers nos représentants locaux.

CDCL va au-delà de la simple valorisation du patrimoine et de la formation des élus. L’association a mis en place un dispositif de protection dynamique, comprenant des formations spécialisées, des ressources juridiques, et une assistance réactive en cas d’agression.

Reconnue au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, CDCL a le pouvoir de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, les élus locaux victimes d’agression. Cela renforce son engagement envers la sécurité de ceux qui dédient leur vie au service de la communauté.

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