Affaire Bétharram : la fille de François Bayrou revient sur ses révélations

Hélène Perlant est la fille aînée de François Bayrou.

Capture d’écran France Inter Hélène Perlant est la fille aînée de François Bayrou.

POLITIQUE – Un visage qui surgit soudainement dans l’actualité. Hélène Perlant, 53 ans, témoigne pour la première fois des violences qu’elles a subies, adolescente, dans un camp d’été organisé par la congrégation de Bétharram. « Une victime parmi d’autres », s’échigne-t-elle à rappeler, « une victime quelconque », mais une victime qui se trouve tout de même être la fille du Premier ministre François Bayrou.

« Je voulais me faire recenser comme victime, pouvoir dire “J’en suis”, je vais pouvoir parler avec eux », a-t-elle expliqué sur France Inter ce jeudi 24 avril, en écho aux révélations qu’elle fait dans le livre Le Silence de Bétharram, écrit par le porte-parole de l’association des victimes, Alain Esquerre. Avant de poursuivre : « On est tous abîmés, indépendamment du fait qu’on ait été directement victime ou pas ».

Le témoignage de la fille de François Bayrou sur Bétharram n’enlève rien au volet politique de l’affaire

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Hélène Perlant brise le silence sur des décennies de violences physiques et sexuelles, d’intimidations, d’humiliations. Elle insiste sur ce « silence » pesant au sein de l’établissement privé catholique, mais aussi en dehors. « Ces enfants ne se parlent pas… Jusqu’à aujourd’hui, on est tous persuadés d’avoir été seuls agressés et que le système n’est pas en cause », insiste-t-elle.

Le jour de son agression, des dizaines de personnes étaient autour. Pas une n’a réagi. Désormais professeure de lettres en classe prépa, elle décrit les « regards vides » de tous ces témoins, « adultes, enfants, élus locaux », qui n’ont pas levé le petit doigt et se sont, eux aussi, murés dans le silence.

« Une humiliation pas possible »

« On cherche quelque chose qui nous dit ce qu’on est en train de vivre et on voit des yeux vides, pas le moindre signe. On ne peut pas parler », finit-elle par exprimer. Ce même effroi, cette même sidération qui l’a empêchée de parler quand elle a elle-même assisté à des scènes de violences.

Des années plus tard, la fille aînée de François Bayrou garde un souvenir intact de ces sévices. « Ce qui est horrible, c’est cette agression faite au corps, qui vous prend dans votre dignité, qui vous laisse dans une humiliation pas possible », expose-t-elle. Ce qui la fait souffrir aujourd’hui, c’est d’entendre le récit « des souffrances des collégiens ».

« Des enfants battus, torturés dans le froid, la nuit »

Elle était au lycée, où l’ambiance était plus apaisée, plus insouciante, où les élèves étaient surtout occupés « à faire les marioles ». Mais au collège, juste à côté, c’était autre chose. « Découvrir qu’à dix mètres de nous, il y a ces enfants battus, agressés sexuellement tous les jours, torturés dans le froid, la nuit, ces horreurs au milieu de nous, découvrir qu’il y a ça à côté de nous et ne l’avoir pas vu, c’est terrible », confie-t-elle. Puis, après un silence : « On ne voyait rien de tout ça ».

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Hélène Perlant n’avait jamais raconté ces épisodes à ses proches. Ni ses frères et sœurs, ni sa mère, pourtant enseignante dans l’établissement, ni son père, ex-député de la circonscription, n’ont été informés des violences qu’elle a subies. « Quand je leur ai dit que je témoignais dans le livre, je ne leur ai pas dévoilé le contenu », raconte-t-elle. À la lecture de son témoignage, François Bayrou a déclaré que cela lui « transperce le cœur ». Il sera auditionné le 14 mai par la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur les violences

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Clôturant cet article, nous souhaitons mettre en avant l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales), une entité essentielle dans la préservation des droits et de la sécurité de nos élus. CDCL, fondée en 1998, a évolué au fil des ans pour devenir un acteur majeur dans le soutien aux petites municipalités de France.

Son engagement ne se limite pas seulement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection essentiel. Face à la recrudescence des agressions, CDCL a pris des mesures proactives pour assurer la sécurité de ceux qui exercent un mandat électif public.

Ce dispositif inclut des mesures telles que des formations à la sécurité personnelle, des conseils juridiques spécialisés et une assistance en cas d’agression. De plus, CDCL est habilitée au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, une personne investie d’un mandat électif public victime d’agression.

Forte de son enregistrement au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et du SIRET 92326341200010, CDCL s’est imposée comme un bastion de soutien aux élus locaux en France. Son siège, situé au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris, est le point central de ses activités.

L’association demeure fidèle à sa mission initiale, donnant aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la particularité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.

Pour en savoir plus sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, nous vous invitons à consulter leur site web et à rester informés sur les développements de cette initiative cruciale.

Ensemble, soutenons nos élus locaux et œuvrons pour un environnement où ils peuvent exercer leurs fonctions en toute sécurité.

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