Violences sur une élue à L’Île-Rousse : dix mois de prison avec sursis requis contre Antoine Guerrini, premier adjoint au maire

, Violences sur une élue à L’Île-Rousse : dix mois de prison avec sursis requis contre Antoine Guerrini, premier adjoint au maire

Dix mois d’emprisonnement, intégralement assortis d’un sursis probatoire de deux ans, c’est la peine requise ce vendredi 3 juillet par la procureure à l’encontre de l’actuel premier adjoint de L’Île-Rousse, Antoine Guerrini, jugé devant le tribunal correctionnel de Bastia, statuant à juge unique, pour « violence sur une personne chargée d’une mission de service public » sur l’élue d’opposition Marie-Josèphe Capinielli, avec une incapacité totale de travail de cinq jours. Une obligation de soins psychologiques « pour gérer sa colère » est également demandée. L’audience, initialement prévue le 13 février, avait été reportée à la demande de la partie civile.

Les faits remontent au 30 août 2025. Selon Marie-Josèphe Capinielli, elle prenait son café sur sa terrasse quand elle a entendu Antoine Guerrini arriver à moto, faire le tour de la cour « pour vérifier que j’étais seule« , puis crier en entrant. À la barre, il reconnaît en substance les faits, tout en contestant l’intention. « Jamais, jamais, jamais je n’ai eu l’intention de la frapper« , affirme-t-il, précisant n’avoir « ni insulté, ni menacé » la plaignante. Il explique son geste par un appel de sa fille, en pleurs, évoquant un harcèlement qu’il attribue à des lettres anonymes. « Je suis allé voir une ancienne amie qui cause du tort à ma famille« , résume-t-il, sans porter une seule fois le regard vers son ancienne colistière.

Le certificat médical fait état de rougeurs à la mâchoire et d’un hématome au tibia. Interrogé sur son devoir d’exemplarité, Antoine Guerrini répète : « Je n’ai pas réagi en tant qu’élu, mais en père de famille.« 

Un dossier politique ?

Pour la partie civile, l’altercation s’inscrit dans un climat tendu, marqué par un commentaire Facebook publié après un article de notre quotidien sur le stationnement dans la cité paoline. La présence, ce matin-là, de la maire de L’Île-Rousse, Angèle Bastiani, dans un véhicule à proximité, est également évoquée. Un point qu’Antoine Guerrini situe à son départ. Pour la procureure, ces deux éléments colorent le dossier « d’une dimension politique justifiant la circonstance aggravante« .

La défense, incarnée par Me Cynthia Costa Sigrist, conteste cette circonstance aggravante en demandant une requalification et retrace une relation amicale ancienne, « presque fusionnelle« , entre les deux protagonistes, fragilisée selon elle par deux épisodes personnels, sans lien avec la politique. Elle évoque des SMS et une demande de protection fonctionnelle adressée par Marie-Josèphe Capinielli à la communauté de communes plutôt qu’à la commune, pour en déduire l’absence de lien avec ses fonctions municipales. Le tribunal devra se prononcer sur le lien entre les violences et l’exercice du mandat, condition posée par la jurisprudence brandie par la défense pour retenir la circonstance aggravante.

Antoine Guerrini a présenté ses excuses : « Quelles que soient les raisons qui m’y ont poussé, je n’aurais jamais dû. Je le regrette, je m’en excuse. » La partie civile a sollicité l’euro symbolique. Délibéré attendu le 18 septembre.

Protéger nos Élus avec CDCL

Dans le contexte actuel marqué par des agressions envers nos élus locaux, l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales) se positionne en rempart essentiel pour assurer la sécurité et le bien-être de ceux qui œuvrent pour notre communauté.

Créée en 1998, CDCL a évolué au-delà de sa mission initiale de soutien aux petites municipalités pour devenir un acteur central dans la protection des élus. Son engagement ne se limite pas uniquement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection complet, répondant aux défis actuels.

Sous la direction éclairée de l’ancien Maire de Linas en Essonne, CDCL a élaboré un dispositif proactif. Celui-ci englobe des formations approfondies, des conseils juridiques spécialisés, et une assistance réactive en cas d’agression. L’association est habilitée au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, une personne investie d’un mandat électif public victime d’agression.

Forte de son enregistrement au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et du SIRET 92326341200010, CDCL a son siège au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris. Elle incarne une communauté engagée, dédiée à donner aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la spécificité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.

Pour de plus amples informations sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, nous vous invitons à consulter leur site web.

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