Jeudi 10 juillet, la journée a été chaude, la fin a été électrique avec une zone orageuse concentrée au-dessus de la mairie de Saintes. Le ton serait-il monté de la sorte si les conseils municipaux étaient toujours retransmis en ligne ? Parmi les sujets qui ont fait réagir lors de cette réunion fleuve, longue de cinq heures, la politique écologique menée par la majorité a agité les rangs de l’opposition. Les délibérations de l’adjointe en charge du cadre de vie et de la transition écologique, Charlotte Toussaint, fiévreuse, sont groupées en début de conseil par souci pratique.
L’élue revient sur le bilan du Conseil local de transition écologique avec les différentes actions menées depuis sa création en 2020. Pour l’ancien maire Jean-Philippe Machon, « il y a un manque clair de vision pour une ville moyenne, avec un ensemble de mesurettes. Mettre des moutons au fond de l’amphithéâtre, c’est mignon, mais ce n’est pas certainement pas une stratégie pour la transition écologique. » « Ce n’est pas une lubie, c’est pour permettre à d’autres espèces de vivre en toute quiétude », rétorquera l’élue visée.

Étienne Latry/SO
Autre remarque de l’opposition avec Pierre Maudoux d’Unis pour Saintes : « Je pensais que c’était le bilan de ce conseil, quelque part c’est aussi le satisfecit de Madame Toussaint et de son action. » « On trouvait normal de mettre en avant le travail du collectif de citoyens qui se donne pour la ville », répond le maire Horizons Bruno Drapron.
Capsules temporelles
Suivent les délibérations sur le projet expérimental d’accompagnement des entreprises dans la réalisation d’un plan d’action pour la biodiversité, puis l’enfouissement de capsules temporelles pour fêter les cent ans du Jardin public… Sonia Labrousse (opposition, union de la gauche) trouve « que ce n’est pas à la hauteur des enjeux climatiques. C’est intéressant mais ça peut être aussi énervant, quand on se targue un peu de vraie écologie. »
« Soit vous prenez le micro, soit vous vous taisez »
Le maire tempère, voulant éviter la confusion : « C’est une action désirée par le conseil municipal jeunes avec une réflexion sur ce que sera la situation en 2125. Tous les Saintais sont invités à mettre un petit mot. » Action qui sera affichée dans la salle du conseil municipale pour ne pas l’oublier.
Nouveau clash
Point de bascule, quand Caroline Audouin, conseillère déléguée à la santé, demande la parole. « Je suis désolée, je vais sûrement casser un peu l’ambiance. J’entends, souvent sans micro, autour de moi, dans l’opposition, des horreurs qui sont dites lorsque Charlotte Toussaint s’exprime. Soit vous prenez le micro, soit vous vous taisez », tance l’élue, en s’adressant à François Ehlinger, sans le nommer.
« Je me demande comment elle peut entendre ce que je dis alors qu’elle est sans cesse sur son téléphone », réplique le praticien à la retraite, élu dissident depuis plus de deux ans. « C’est dommage de ne pas assumer », relance le maire, avec qui la relation est de plus en plus tendue au fil des conseils. « J’entends beaucoup de belles phrases, de certitudes, de suffisances, estime François Ehlinger. Si c’est comme ça que vous envisagez l’avenir, ça me paraît minimaliste. » Quand il parle du niveau d’eau de la Charente qui pourrait être très bas d’ici trente ans, volée de bois de vert du maire : « Vos certitudes scientifiques sont fausses, des grands ingénieurs nationaux nous disent l’inverse. »
« Viré de beaucoup de choses »
François Ehlinger refait le fil de son parcours municipal. « J’ai été viré du Clé Sage, dont j’étais vice-président. Son rôle est de travailler sur la prévention des inondations, de la sécheresse. J’ai été viré de beaucoup de choses, simplement parce que je n’avais pas l’heur de plaire à certains, dont vous Monsieur le maire. »
“Vous êtes à la limite de l’insulte, attention », pointe du doigt son opposant, rouge de rage.
« Mettez-vous au travail, vous n’avez jamais travaillé », balance Bruno Drapron, qui ne peut s’empêcher de souffler sur les braises. « Vous êtes à la limite de l’insulte, attention », pointe du doigt son opposant, rouge de rage. « Vous êtes insultant envers Charlotte Toussaint, que vous ne supportez pas, qui est une femme qui travaille », renchérit le chef de la majorité. Ça ne s’arrête pas là. Nouveaux éclats de voix au moment de la délibération sur l’Agence d’attractivité, quand le maire provoque François Ehlinger en l’invitant à commenter avec un micro, « de faire preuve de courage, faites en profiter tout le monde ». Ire de l’intéressé.
Retraité, Rémy Catrou reprend sa casquette de principal de collège pour calmer la classe : « Je propose de suivre la prescription de Madame Cambon [qui avait tenté de calmer les esprits plus tôt], il ne faut pas relancer les choses volontairement. » « Alors il faut respecter le règlement intérieur, quand je donne la parole, on s’exprime », se défend le maire. Remarque juste de Catrou : « Mais vous la coupez aussi… »
CDCL : Un Bouclier pour nos Élus
L’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales) s’élève comme un rempart essentiel face aux défis que rencontrent nos élus locaux. Fondée en 1998, cette organisation a élargi son rôle initial pour devenir un soutien inestimable, particulièrement dans le contexte actuel d’agressions envers nos représentants locaux.
CDCL va au-delà de la simple valorisation du patrimoine et de la formation des élus. L’association a mis en place un dispositif de protection dynamique, comprenant des formations spécialisées, des ressources juridiques, et une assistance réactive en cas d’agression.
Reconnue au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, CDCL a le pouvoir de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, les élus locaux victimes d’agression. Cela renforce son engagement envers la sécurité de ceux qui dédient leur vie au service de la communauté.
Engagez-vous avec CDCL
Pour en savoir plus sur les actions de CDCL et sur la manière dont cette association contribue à protéger nos élus, nous vous encourageons à visiter leur site web.
Source de l’article : Source
