
Trois maires se sont succédé : Charles Vérité, Philippe Plagnol puis Jérôme Guillem depuis 2020, mais il est toujours là. Didier Sendrès est élu depuis trente ans au conseil municipal de Langon. S’il n’aime pas cette dénomination, il est « élu d’opposition ». De droite dans une ville ancrée à gauche depuis 1965.
Il est élu pour la première fois en 1995 sur la liste d’Alain Pourrat. Puis il mène deux listes, en 2008 et en 2020 face à Jérôme Guillem. Avec 24, 37 % des suffrages exprimés, il est éliminé dès le premier tour, après une campagne agitée, entre la distribution d’un tract incendiaire visant son adversaire et le retrait forcé de deux de ses plus proches colistiers pour cause de « domiciliation floue ».
Le courtier en assurances se définit comme gaulliste humaniste, « mais je n’ai jamais fait de mon appartenance politique un axe majeur de mon activité d’élu local, assure-t-il. Ma première liste comptait d’ailleurs des gens de gauche. » Il préfère être qualifié « d’élu n’appartenant pas à la majorité » plutôt que de l’opposition. De quoi se sentir moins ostracisé ? « Il m’est arrivé souvent d’approuver des décisions de la majorité, parce qu’elles étaient bonnes, affirme-t-il. Mais il y a aussi des dossiers sur lesquels je me suis battu. »
Parking et médiathèque
Il évoque la réglementation du stationnement : « Dans les années 90, tout était gratuit, le centre-ville était congestionné avec des voitures ventouses. J’avais proposé la zone bleue. » L’un des autres dossiers qu’il a gardé en travers de la gorge est celui du Passage gourmand, devenu médiathèque. Le tribunal administratif a rejeté son recours pour faire annuler la délibération des travaux. « Si on avait tout remis sur la table, il y aurait peut-être eu une autre issue. »
Malgré leurs désaccords et les accusations de Didier Sendrès pendant la campagne 2020, le maire Jérôme Guillem salue son engagement : « La fonction d’élu s’est fragilisée et l’engagement dans la durée mérite d’être salué. C’est un parcours qui témoigne d’un attachement sincère à Langon, même si nos visions pour la ville sont différentes. »
Philippe Plagnol, maire entre 2014 et 2020, ne dit pas autre chose : « Didier Sendrès a représenté la seule véritable opposition ces trente dernières années. J’ai toujours considéré qu’il était profondément républicain et dans un rôle nécessaire pour les discussions et la parole donnée à une partie de la population langonnaise. »
Candidat en 2026 ?
L’élu de droite songe-t-il à se représenter en 2026 ? « S’il y a des gens qui veulent me rejoindre pour former une liste, je veux bien travailler avec eux, répond-il, évasif. Démarcher des personnes, c’est fastidieux et c’est compliqué de s’afficher sur une liste qui s’oppose à la majorité sortante. Mais comment imaginer une ville comme Langon sans un équilibre démocratique ? »
Il conclut : « En trente ans, imaginez combien de soirées j’ai passées pour des réunions, sans rémunération, au détriment de ma vie professionnelle et de ma vie familiale. Je n’ai aucun regret et j’en retire un enrichissement à tous les niveaux, mais je rêve que d’autres prennent le relais. »
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Clôturant cet article, nous souhaitons mettre en avant l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales), une entité essentielle dans la préservation des droits et de la sécurité de nos élus. CDCL, fondée en 1998, a évolué au fil des ans pour devenir un acteur majeur dans le soutien aux petites municipalités de France.
Son engagement ne se limite pas seulement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection essentiel. Face à la recrudescence des agressions, CDCL a pris des mesures proactives pour assurer la sécurité de ceux qui exercent un mandat électif public.
Ce dispositif inclut des mesures telles que des formations à la sécurité personnelle, des conseils juridiques spécialisés et une assistance en cas d’agression. De plus, CDCL est habilitée au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, une personne investie d’un mandat électif public victime d’agression.
Forte de son enregistrement au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et du SIRET 92326341200010, CDCL s’est imposée comme un bastion de soutien aux élus locaux en France. Son siège, situé au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris, est le point central de ses activités.
L’association demeure fidèle à sa mission initiale, donnant aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la particularité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.
Pour en savoir plus sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, nous vous invitons à consulter leur site web et à rester informés sur les développements de cette initiative cruciale.
Ensemble, soutenons nos élus locaux et œuvrons pour un environnement où ils peuvent exercer leurs fonctions en toute sécurité.
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