Un mois s’est écoulé mais Olivier Murat reste marqué par sa mésaventure. Le 11 juin 2025, le maire d’Aisy-sur-Armançon, petite commune du Tonnerrois de 232 habitants, a été agressé par l’un de ses administrés, a rapporté Ici Auxerre mardi 8 juillet.
Une agression pour laquelle l’élu âgé de 63 ans – rapportant avoir été victime d’ « insultes et d’un coup de poing » – a porté plainte et dont l’auteur présumé devra répondre devant la justice en fin d’année. Ce dernier comparaîtra pour outrage et violences à l’encontre d’une personne dépositaire de l’autorité publique le 1er décembre. Comme la commune d’Aisy-sur-Armançon, l’association des maires de France de l’Yonne se portera partie civile.
« Il ne voulait rien entendre »
Joint ce mercredi 9 juillet, Olivier Murat revient sur les circonstances de cette agression survenue l’après-midi du 11 juin dans ce village frontalier de la Côte-d’Or, où se déroulaient des travaux sur la voirie : « Des ouvriers étaient là pour installer des bandes rugueuses sur la chaussée, destinées à réduire la vitesse dans une petite rue. C’est une rue où elle est limitée à 20 km/h, mais ce n’est pas du tout respecté… Comme l’aménagement d’une chicane, c’était quelque chose que plusieurs habitants demandaient. Y compris ce monsieur qui m’a agressé. L’an dernier, il m’avait d’ailleurs dit qu’il avait appelé le préfet pour se plaindre que je ne faisais rien… À défaut de pouvoir le faire en 2024, on avait inscrit ces travaux au budget cette année. Mais finalement, il s’est opposé à la pose de ces bandes rugueuses à côté de chez lui et a bloqué le chantier », raconte le maire d’Aisy-sur-Armançon.
Alerté, Olivier Murat se rend sur place et tente de dialoguer avec le riverain, mais la situation dégénère rapidement. « Je lui ai rappelé qu’il avait lui-même demandé ces aménagements et qu’il ne commandait pas sur la voie publique, je lui ai expliqué que ces bandes rugueuses ne feraient pas beaucoup de bruit, mais il ne voulait rien entendre et c’est devenu une furie ! Il a d’abord collé son visage contre le mien, et quand je lui ai dit que les travaux allaient de toute façon reprendre, il m’a infligé un coup de poing au niveau du sternum. Heureusement qu’il a tapé au-dessus car j’ai été opéré plusieurs fois au niveau du ventre et j’ai eu peur. Après l’avoir repoussé pour me protéger, j’ai fini par prévenir les gendarmes, mais même devant eux, il m’a insulté avant d’être embarqué », poursuit l’élu.
J’étais prêt à repartir avec une liste qui commence à se construire pour continuer à m’investir comme conseiller municipal, peut-être comme adjoint. Mais là c’est fini, je n’ai plus du tout envie.
S’il ne ressent plus de séquelles aujourd’hui après avoir « eu mal une dizaine de jours » suite à ce coup de poing, Olivier Murat reste « blessé moralement » par cette agression, malgré « les témoignages de soutien » que lui ont apporté plusieurs élus et habitants. Et dit craindre « des représailles » au point de « regarder à droite et à gauche pour voir s’il (son agresseur, ndlr) n’est pas dans le coin » en sortant de chez lui. « Mais je ne veux pas passer l’éponge même si je subis des pressions, car je ne veux pas que ce genre de personnes gagnent », assure pour autant le maire d’Aisy-sur-Armançon, qui ne briguera pas de deuxième mandat de maire en 2026.
« Je ne comptais pas me représenter, à cause de problèmes de santé mais aussi d’histoires avec certains habitants. Il y a des gens qui n’acceptent pas que je sois maire car je ne suis pas natif d’Aisy. J’ai d’ailleurs déjà reçu des courriers anonymes dans lesquels on me reprochait tout et n’importe quoi… Malgré tout, j’étais prêt à repartir avec une liste qui commence à se construire pour continuer à m’investir comme conseiller municipal, peut-être comme adjoint. Mais là c’est fini, je n’ai plus du tout envie. C’est le coup de matraque qui m’a achevé », conclut Olivier Murat.
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