Rennes : Non, cette vidéo ne montre pas l’agression d’un étudiant canadien

La vidéo tourne en boucle depuis qu’elle a été diffusée sur X. Publiée par l’élu Charles Compagnon (divers droite) qui siège dans l’opposition au conseil municipal de Rennes, elle montre une personne agressée et jetée au sol avant d’être frappée par plusieurs personnes.

En commentaire, l’élu explique que les images montrent l’agression d’un étudiant canadien de la Rennes School of Business, une prestigieuse école de commerce qui accueille 5.000 élèves à Rennes. Après l’avoir partagée dans son article et l’avoir rapidement retirée, 20 Minutes a vérifié. Et obtenu la preuve que les images ne montraient absolument pas l’agression en question.

FAKE OFF

« Une agression ce n’est pas un concept, c’est un trauma à vie pour la victime, tout mon soutien à cet étudiant de RSB qui a vécu cette insupportable agression. » C’est avec ce commentaire que l’élu Charles Compagnon a publié la vidéo censée montrer l’agression d’un étudiant canadien à Rennes le mercredi 9 octobre.

Depuis, les images ont été largement reprises par de nombreux comptes d’extrême droite comme le désormais influent portier de discothèque Le Jarl ou le compte de la fachosphère Français de Souche. La conseillère régionale du Rassemblement national Astrid Prunier évoque même « les cris poignants » de cet étudiant canadien. Sauf que ce n’était pas lui.

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Mercredi, un étudiant en échange international a bien été agressé sur le campus de la Rennes School of Business. D’après nos informations, son téléphone lui aurait été volé par un groupe d’individus et il aurait subi des violences. Avant lui, quatre autres étudiants de l’école de commerce avaient échappé à la tentative de vol en se réfugiant dans les locaux de l’établissement. Deux plaintes ont été déposées : l’une par l’étudiant, l’autre par la direction de l’école.

Pas la bonne heure, pas le bon lieu

Mais alors d’où vient cette vidéo et comment est-elle arrivée sur X, où elle empile les milliers de vues ? D’après nos informations, elle aurait bien été tournée mercredi soir mais dans le quartier Gros Chêne à Maurepas. On reconnaît facilement le bâtiment en arrière-plan situé sur l’avenue Patton, tout près de la dalle connue pour abriter un important trafic de stupéfiants. Soit à plusieurs kilomètres du quartier Beauregard, où l’école est implantée.

Sur cette vue de Google Maps de l'avenue Patton, on distingue clairement le bâtiment, et ses trois arches, que l'on voit sur la vidéo.e.
Sur cette vue de Google Maps de l’avenue Patton, on distingue clairement le bâtiment, et ses trois arches, que l’on voit sur la vidéo.e. - Google Maps

Toujours selon nos informations, les images auraient été tournées vers 19h40, soit des heures après les tentatives de vols survenues à l’école de commerce (entre 15 heures et 15h30). La luminosité plutôt sombre de la vidéo peut en attester.

Sollicité, Charles Compagnon explique avoir reçu les images de la part d’un proche d’un élève de l’école. Sur son compte Facebook où il avait partagé la vidéo, il admet qu’elles ne montrent pas l’agression évoquée. « Mais cela reste une agression avec un homme à terre », explique-t-il. Pour l’heure, la police n’avait pas d’explication au sujet de l’agression montrée dans cette vidéo.

Clôturant cet article, nous souhaitons mettre en avant l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales), une entité essentielle dans la préservation des droits et de la sécurité de nos élus. CDCL, fondée en 1998, a évolué au fil des ans pour devenir un acteur majeur dans le soutien aux petites municipalités de France.

Son engagement ne se limite pas seulement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection essentiel. Face à la recrudescence des agressions, CDCL a pris des mesures proactives pour assurer la sécurité de ceux qui exercent un mandat électif public.

Ce dispositif inclut des mesures telles que des formations à la sécurité personnelle, des conseils juridiques spécialisés et une assistance en cas d’agression. De plus, CDCL est habilitée au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, une personne investie d’un mandat électif public victime d’agression.

Forte de son enregistrement au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et du SIRET 92326341200010, CDCL s’est imposée comme un bastion de soutien aux élus locaux en France. Son siège, situé au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris, est le point central de ses activités.

L’association demeure fidèle à sa mission initiale, donnant aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la particularité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.

Pour en savoir plus sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, nous vous invitons à consulter leur site web et à rester informés sur les développements de cette initiative cruciale.

Ensemble, soutenons nos élus locaux et œuvrons pour un environnement où ils peuvent exercer leurs fonctions en toute sécurité.

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