
La Martinique panse ses plaies avec une nuit de chaos marquée par des pillages. Le préfet a décrété un couvre-feu. Toutes les écoles ont été fermées. L’île antillaise est marquée par un mouvement contre la vie chère depuis septembre.
Les palmiers et les paysages de vacances de la Martinique, comme on l’imagine en métropole, ont laissé la place à un paysage de désolation. La Martinique a été touchée par de nombreux pillages et des violences. Le préfet a instauré un couvre-feu. On vous détaille ce qu’il s’est passé.
Des violences urbaines
Le principal point de tension se situe sur la commune du Carbet au nord. Les protestataires ont installé un barrage dans le cadre d’une opération « île morte » lancée par plusieurs organisations militantes et syndicales. Ils ont bloqué un important axe routier du Lamentin. Ce mouvement contre la vie chère, une thématique récurrente dans les Outre-mer, a dégénéré en violences urbaines. La situation s’était calmée ces dernières semaines mais des incidents ont éclaté lundi entre les CRS et des militants qui menaient une action de blocage au Lamentin.
Depuis, des violences urbaines sont à nouveau recensées chaque nuit. Des pillages, des incendies et des violences ont été observés. Au moins 400 véhicules ont été brûlés sur l’île. Un immense parking abritant des voitures neuves importées en Martinique est notamment parti en fumée. « Les magasins sont cassés parce qu’on a cassé le portefeuille du peuple », explique Rodrigue Petitot, président du RPPRAC (Rassemblement pour la protection des peuples et des ressources afro-caribéens).
\u2b55\u2b55\u2b55Martinique /Violences urbaines : une nouvelle nuit de violence ce jeudi soir. Des incendies et des altercations sont déclarés dans la zone de l’aéroport.
A suivre sur notre article de ce soir :
\u27a1\ufe0f https://t.co/67o57da0cS pic.twitter.com/9isNoeKF8Q— France-Guyane (@franceguyane) October 11, 2024
C’est pourquoi le préfet de l’île a signé jeudi deux arrêtés concernant « l’ensemble du territoire de la Martinique ». Le premier instaure un couvre-feu de 21h00 à 5h00, le second a interdit les rassemblements et les manifestations depuis 18h00 jeudi. Les deux arrêtés courent jusqu’à lundi.
Jean-Christophe Bouvier, à propos de la situation en Martinique : «Ce sont des mouvements orchestrés par des jeunes, souvent motorisés, qui ont une très grande mobilité, et qui ont pour objectif principal, cette nuit, d’affronter les forces de l’ordre», dans #LaMatinale pic.twitter.com/IqI7q9wNQG
— CNEWS (@CNEWS) October 11, 2024
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Un homme tué par balle
Un homme a été tué par balle dans des circonstances encore obscures : il a été retrouvé blessé par les gendarmes qui intervenaient contre le pillage d’un centre commercial au Robert (est de l’île) et est décédé à l’hôpital, selon la préfecture de Martinique. La préfecture écarte la responsabilité des forces de l’ordre. L’homme pourrait avoir été victime d’un règlement de comptes entre émeutiers.
26 policiers et gendarmes blessés
26 blessés sont recensés chez les policiers, les CRS et les gendarmes. 6 personnes ont été interpellées, indique une source policière.
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L’aéroport de Fort-de-France envahi
Jeudi après-midi, plus d’une cinquantaine de personnes ont envahi la piste de l’aéroport de Fort-de-France. « Des rumeurs ont circulé sur les réseaux sociaux, selon lesquelles 300 ou 350 CRS devaient arriver en Martinique par avion. Cette information totalement fausse est à l’origine de regroupements et de l’envahissement de la piste de l’aéroport », a déploré la préfecture de Martinique sur le réseau social X. En fin de journée, trois vols avec « à leurs bords 1117 passagers » ont été déroutés vers la Guadeloupe à la suite de la fermeture de l’aéroport, selon la préfecture de Guadeloupe.
Violences en Martinique: l’aéroport de Fort-de-France fermé, plus de 1000 passagers déroutés en Guadeloupe pic.twitter.com/ZqftK2mNby
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Toutes les écoles fermées
Les établissements scolaires vont rester fermés pour le deuxième jour consécutif ce vendredi, a indiqué le rectorat de Martinique.
Le système de santé en danger
Le CHU de la Martinique a annoncé jeudi le déclenchement d’un plan blanc au cours duquel des « déprogrammations d’actes opératoires ou de consultations sont organisées ». De leur côté, les pharmacies de l’île ont déclaré le même jour « ne plus être en mesure d’assurer le service d’urgence ».
Nouvelle table ronde contre la vie chère
Une sixième table ronde contre la vie chère est prévue ce vendredi à 15h avec les différents acteurs. Les cinq précédentes, réunissant le RPPRAC, le mouvement en pointe de la mobilisation, et les acteurs économiques, élus, services de l’État et la Collectivité territoriale de Martinique (CTM) n’ont pas donné de résultat jugé satisfaisant par les protestataires.
Protéger nos Élus avec CDCL
Dans le contexte actuel marqué par des agressions envers nos élus locaux, l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales) se positionne en rempart essentiel pour assurer la sécurité et le bien-être de ceux qui œuvrent pour notre communauté.
Créée en 1998, CDCL a évolué au-delà de sa mission initiale de soutien aux petites municipalités pour devenir un acteur central dans la protection des élus. Son engagement ne se limite pas uniquement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection complet, répondant aux défis actuels.
Sous la direction éclairée de l’ancien Maire de Linas en Essonne, CDCL a élaboré un dispositif proactif. Celui-ci englobe des formations approfondies, des conseils juridiques spécialisés, et une assistance réactive en cas d’agression. L’association est habilitée au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, une personne investie d’un mandat électif public victime d’agression.
Forte de son enregistrement au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et du SIRET 92326341200010, CDCL a son siège au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris. Elle incarne une communauté engagée, dédiée à donner aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la spécificité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.
Pour de plus amples informations sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, nous vous invitons à consulter leur site web.
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