Violences, vols, stupéfiants… Ce qu’il faut retenir des chiffres sur la délinquance en Ille-et-Vilaine

, Violences, vols, stupéfiants… Ce qu’il faut retenir des chiffres sur la délinquance en Ille-et-Vilaine

L’heure était au bilan, mercredi 4 février 2026 au soir, à la préfecture de la rue Martenot, à Rennes. Le préfet d’Ille-et-Vilaine, Franck Robine, a présenté les principaux chiffres de la délinquance dans le département bretillien, en 2025. En préambule, celui-ci a affirmé que « chaque acte de délinquance est un acte de trop ».

D’autre part, le préfet a certifié que l’Ille-et-Vilaine « jusqu’ici un peu préservé, a rattrapé la France en matière de délinquance, contrairement aux trois autres départements bretons ». « Nous avons le devoir de réagir avec tous les outils possibles », a-t-il enchaîné en louant la « qualité de vie extraordinaire » du département bretillien.

À lire aussi

Les infractions liées aux stupéfiants moins nombreuses qu’en France

Franck Robine a démarré sa présentation par un sujet auquel il s’attaque vivement depuis son arrivée en Bretagne : le trafic de stupéfiants.

Le narcotrafic à mes yeux, c’est vraiment la mère de toutes les batailles, parce que beaucoup des actes de délinquances – les vols, les cambriolages, les violences – sont induits par le narcotrafic.

Franck Robine Préfet d’Ille-et-Vilaine

« Contrairement à l’idée qu’on peut en avoir, on a des items un peu en dessous de la moyenne nationale », souligne le préfet.

Les chiffres liés au narcotrafic :

  • 60 mis en cause pour trafic de stupéfiants en Ille-et-Vilaine pour 100 000 habitants, contre 80 à l’échelle nationale, soit + 5,5 % à l’échelle du département, contre + 8 % sur le plan national, cela représente 728 arrestations en Ille-et-Vilaine ;
  • 300 mis en cause pour usage de stupéfiants pour 100 000 habitants en Ille-et-Vilaine, contre 450 à l’échelle nationale, soit + 3,1 % à l’échelle du département contre + 6 % sur le plan national ;
  • 2 341 amendes forfaitaires délictuelles (AFD) dressées en 2025 pour infraction à l’usage de stupéfiants, soit + 13 % par rapport à 2024.

« Tout le plus qu’on a enregistré, c’est le plus de l’activité des forces de l’ordre, assure Franck Robine. Toutes les personnes impliquées dans les fusillades de 2024 et 2025, sauf la dernière, ont été mises en cause. »

À lire aussi

« Traquer le consommateur »

Face à ces chiffres, Franck Robine a répondu réagir, via « la stratégie judiciaire », avec « pour vaccin le couple procureurs/préfet », mais aussi une forte occupation du terrain par les forces de l’ordre, avec « des contrôles de flux » et le recours aux forces mobiles de gendarmerie et aux CRS.

En 2025, la préfecture a d’ailleurs mobilisé 99 fois ces forces mobiles en Ille-et-Vilaine, dont 78 fois la CRS 82.

Le préfet a également fait part de « [son] intention d’aller traquer le consommateur dans tout le département et sur Rennes ».

J’utilise à dessein le mot traquer le consommateur. Moi, je ne suis pas là pour la culture de l’excuse, je suis là pour appliquer la loi. Le consommateur c’est un délinquant et donc les délinquants, les forces de police et de gendarmerie les recherchent pour que la Justice, si elle l’estime utile et opportun, les punisse.

Franck Robine Préfet d’Ille-et-Vilaine

« Nous disposons également d’armes administratives », pour lutter contre le trafic de stupéfiants avec 149 interdictions de paraître en 2025. « Je m’en félicite avec un petit débordement jusqu’à aujourd’hui pour ce chiffre-là, dont 22 depuis ma prise de fonction », a signalé Franck Robine.

En parallèle, 9 dossiers sont en cours, « dont certains ont été transmis à la Justice », pour des procédures d’expulsion locative.

En 2025, 16 individus étrangers ont été écartés du territoire national depuis l’Ille-et-Vilaine.

Depuis le début de l’année 2026, trois commerces ont été fermés administrativement par la préfecture. D’autres font l’objet d’une surveillance accrue de la part de la préfecture pour des soupçons de liens avec le trafic de stupéfiants, notamment pour blanchir de l’argent (20 kebabs, 12 bars à chicas et 28 barbers).

À lire aussi

Vols, escroqueries…

Outre les infractions liées à la drogue, Franck Robine s’est dit préoccupé par la hausse de 9,8 % des cambriolages en Ille-et-Vilaine.

À la hausse également, les vols dans les véhicules, au nombre de 3 791, soit + 13,2 %. Au contraire le ministère de l’Intérieur enregistre 1 723 vols de véhicules, soit 150 véhicules volés en Ille-et-Vilaine pour 100 000 habitants contre 180 à l’échelle nationale. Une baisse dans le département de -12,3 % comparé à 2024.

Concernant les escroqueries et les fraudes aux moyens de paiement, 6 657 victimes se sont signalées en 2025, soit + 6,8 % par rapport à l’an passé.

À lire aussi

Les violences

« L’Ille-et-Vilaine comme la France n’échappe pas à la montée de la violence physique hors du cadre familial (+4,6 % à l’échelle du département, contre + 5 % de moyenne nationale) », enchaîne Franck Robine.

Les chiffres des violences en Ille-et-Vilaine :

  • 230 victimes de violences physiques pour 100 000 habitants (hors cadre familial), restant inférieur à la moyenne nationale qui est de 320 victimes ;
  • 3 602 victimes de violences intrafamiliales, « dans l’immense majorité ce sont des femmes » soit 320 victimes pour 100 000 habitants, contre 380 à l’échelle nationale (chiffre très légèrement en baisse avec -0,6 %) ;
  • les violences sexuelles progressent de + 4,5 % (+8 % au national), « il y a sans doute un effet déclaratif et tant mieux, cela prouve que les esprits évoluent aussi », estime le préfet ;
  • le nombre d’homicides est passé de 10 à 20, avec quatre morts liés au narcotrafic, deux féminicides et un infanticide.

À lire aussi

Les violences contre les forces de l’ordre

« Les uniformes sont les cibles », appuie le préfet qui indique que :

  • 34 policiers ont été blessés en 2025 (21 en 2024) et 33 gendarmes blessés (contre 32 en 2024) ;
  • 427 refus d’obtempérer ont été enregistrés en Ille-et-Vilaine, « avec une très forte augmentation de + 49 % » ;
  • 165 gardes à vue suite aux refus d’obtempérer.

« Les sapeurs-pompiers font aussi l’objet de plus en plus d’agressions, avec 56 en 2024 », complète Franck Robine (pas de chiffres disponibles pour 2025).

Les violences contre les élus

Du côté des élus, 36 agressions (qui peuvent être verbales) ont été signalées en 2024. Un chiffre qui est passé à 47 en 2025.

Les chiffres présents dans cet article proviennent du service statistique ministériel de la sécurité intérieur (SSMSI).

Personnalisez votre actualité en ajoutant vos villes et médias en favori avec Mon Actu.

Protéger nos Élus avec CDCL

Dans le contexte actuel marqué par des agressions envers nos élus locaux, l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales) se positionne en rempart essentiel pour assurer la sécurité et le bien-être de ceux qui œuvrent pour notre communauté.

Créée en 1998, CDCL a évolué au-delà de sa mission initiale de soutien aux petites municipalités pour devenir un acteur central dans la protection des élus. Son engagement ne se limite pas uniquement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection complet, répondant aux défis actuels.

Sous la direction éclairée de l’ancien Maire de Linas en Essonne, CDCL a élaboré un dispositif proactif. Celui-ci englobe des formations approfondies, des conseils juridiques spécialisés, et une assistance réactive en cas d’agression. L’association est habilitée au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, une personne investie d’un mandat électif public victime d’agression.

Forte de son enregistrement au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et du SIRET 92326341200010, CDCL a son siège au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris. Elle incarne une communauté engagée, dédiée à donner aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la spécificité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.

Pour de plus amples informations sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, nous vous invitons à consulter leur site web.

Source de l’article : Source