
Des actions sur le terrain avec les forces de l’ordre bien visibles. Une politique à plus long terme sur la problématique de l’autorité parentale défaillante avec, pour conséquence, des mineurs délaissés qui traînent dans la rue le soir et participent aux violences. Le préfet de La Réunion a réuni, hier, les élus de l’île afin de « partager ensemble un diagnostic sur des faits de violences urbaines qui nous inquiètent, car ils impliquent des mineurs parfois très jeunes, parfois encadrés par des majeurs qui les emmènent dans des violences, des trafics. »
Une façon pour Jérôme Filippini de rappeler que l’État ne doit pas être le seul à s’emparer d’un sujet devenu très sensible et qui a suscité des réactions épidermiques chez certains élus, comme Jean-Hugues Ratenon, en ciblant la délinquance importée de Mayotte. « Il s’agissait d’échanger pour savoir si nous avons une compréhension commune du diagnostic, et pour bâtir ensemble un plan d’action », précise le préfet de La Réunion.
À l’issue d’une réunion avec les élus, Jérôme Filippini, aux côtés du président du Département, Cyrille Melchior, a indiqué que deux axes ont été retenus dans un premier temps. D’abord, la répression des violences urbaines. Avec le déploiement d’effectifs de police et de gendarmerie dans les quartiers en proie aux violences. Les opérations « Place nette » vont continuer. Le préfet souligne que ce travail sur le terrain doit être réalisé en « lien avec les maires et leur police municipale, avec les comités locaux de prévention de la délinquance. » « Il faut envoyer un signal à ceux qui commettent des actes de délinquance sur fond de trafic, de violences à l’égard des personnes et des animaux, appuie le préfet. Le signal, c’est aucune tolérance pour ces faits. »
« QUE LA SOCIÉTÉ RÉUNIONNAISE RESTE APAISÉE »
L’État entend également initier un « travail de longue haleine sur la prise en compte de l’enfance délaissée. » Il s’agit de mineurs qui ne sont pas encadrés par des adultes avec « une autorité parentale qui fonctionne. » « Ils fréquentent l’école de façon intermittente et sont connus des institutions sociales de façon insuffisamment précise, ajoute le préfet. Nous devons travailler à faire en sorte qu’ils sortent de ce danger. » Il s’agit également de mieux prendre en charge les jeunes délinquants.
Ce travail sur les mineurs va être mené à travers le conseil départemental de prévention de la délinquance. « Nous allons revoir nos méthodes de travail, annonce Cyrille Melchior. Chacun détient une part de vérité sur ce problème de violences urbaines. Il faut savoir travailler ensemble pour partager un diagnostic et définir une méthode de travail. Afin que notre société réunionnaise reste apaisée. »
À plusieurs reprises, le préfet de La Réunion a souligné que ce phénomène des violences ne pouvait être ramené à un antagonisme Mayotte-Réunion avec des jeunes Mahorais désignés comme coupables tout désignés : « Il faut éviter deux écueils. D’abord, la généralisation et la stigmatisation. L’autre, c’est le déni. »
« La délinquance à La Réunion ne se limite pas aux jeunes originaires de Mayotte qui, pour un certain nombre, sont nés à La Réunion, et qui, il faut le rappeler toujours, sont Français », insiste le préfet Jérôme Filippini.
« On a constaté ces combats de rue avec des formes de provocations à la haine, d’aguerrissement par des tortures sur des animaux, ce sont des faits spécifiques, ajoute le préfet. Il ne s’agit pas des traditions culturelles venues de l’océan indien, mais des déviations contre lesquelles nous devons lutter. »
« NI STIGMATISATION NI DÉNI »
Cyrille Melchior dit partager cette analyse. « Chacun doit trouver sa place dans notre société, assure le président du Département. Mais il ne faut pas se boucher les yeux. » Selon Cyrille Melchior, Mayotte « doit obtenir les mêmes droits sur le territoire de la République » (les minima sociaux comme le RSA sont de moitié inférieur et le SMIC est de 8,80 contre 11,65 euros). Une façon de rendre La Réunion moins attractive. « Il faut faire en sorte que Mayotte puisse se développer et être protégée de l’insécurité », ajoute le président du Département.
Dans un communiqué, le député LFI, Jean-Hugues Ratenon, demande « des décisions concrètes et immédiates » et « d’arrêter avec les grandes messes. » « L’État ne peut plus et ne doit plus se défausser, critique l’élu. La balle est dans son camp et ne pas faire semblant de s’en occuper réellement comme en annonçant l’interdiction des ports d’armes et les combats de rue ! » Jean-Hugues Ratenon considère qu’il ne « stigmatise pas une communauté » en parlant de délinquance importée de Mayotte.
À la suite de la réunion, le préfet, Jérôme Filippini, lui a indirectement répondu en répétant sa ligne de conduite : « Ni stigmatisation ni déni. C’est une crête étroite d’éviter de tomber d’un côté ou de l’autre. »
JÉRÔME TALPIN
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