
Alors que l’enquête concernant une énième agression à caractère antisémite à Villeurbanne se poursuit, plusieurs éléments interrogent quant au mobile. La piste d’un règlement de comptes entre groupuscules n’est pas écartée.
L’annonce d’une troisième agression antisémite en quelques semaines avait suscité un émoi bien compréhensible à Villeurbanne le week-end dernier. En plein cœur de fêtes de Pessah, sous surveillance renforcée, un jeune homme avait porté plainte samedi, expliquant avoir été frappé au pied de son immeuble du quartier du Tonkin par deux personnes proférant des insultes antisémites. La victime, qui a depuis été identifiée comme étant le compagnon de l’influenceuse lyonnaise Mila (proche des mouvements identitaires locaux), aurait été frappée par des militants de l’ultra gauche. Si l’agression n’est pas remise en cause, plusieurs sources proches du dossier expliquent au Figaro douter du mobile antisémite.
«Ce jeune homme n’est pas connu de la communauté», indique par ailleurs Paul-Richard Zelmati, représentant local du Crif, qui se félicite du soutien reçu par la préfecture et la ville alors que cinq agressions antisémites ont déjà été enregistrées cette année dans le département du Rhône. La victime a déclaré qu’elle portait une étoile de David autour du cou, mais avoir été attaqué de dos. Elle dit avoir été traitée de «sale faf (fasciste, NDLR)» et de «sale feuj (juif, NDLR)». La seconde insulte n’a pas été confirmée par le témoin présent selon les informations de Libération et Mediapart confirmées au Figaro. Les agresseurs seraient quant à eux issus de la mouvance de l’ultra gauche locale, en lien avec le groupuscule antifasciste la Jeune Garde. Ils auraient croisé leur victime par hasard. «Il semble qu’il s’agisse d’un règlement de comptes entre ultra gauche et ultra droite», poursuit un interlocuteur bien informé auprès du Figaro. «C’est le chemin qui se dessine», renchérit une source sécuritaire.
«Frappé parce que juif», assure la victime
Une thèse en tout cas reprise par le député LFI Raphaël Arnault. Élu dans le Vaucluse, il est justement connu pour avoir fondé la Jeune Garde à Lyon. Dans une série de messages diffusés sur le réseau social X, il rappelle la bagarre survenue entre militants d’ultra gauche et d’ultra droite à Villeurbanne le mois dernier. Et l’élu, par ailleurs fiché S, d’assurer que le jeune homme frappé le week-end dernier y aurait pris part, se basant sur des photographies publiées à la suite de cet affrontement sur Telegram. Il a réaffirmé l’engagement contre l’antisémitisme de la Jeune Garde. Selon nos informations le groupe n’est impliqué dans aucune agression antisémite à Lyon ces dernières années.
La victime de l’agression a quant à elle répondu par une longue vidéo postée ce jeudi sur le compte X de sa compagne, l’influenceuse Mila, connue pour avoir été menacée de mort à la suite de ses prises de position contre l’Islam. Il y apparaît avec un pendentif de l’étoile de David et une kippa. Aux côtés de celle qui s’est depuis rapprochée du collectif Nemesis, le jeune homme assure ne faire partie d’aucun groupe d’ultra droite local. Et avoir été attaqué «parce que juif». Il rappelle avoir reçu quatre jours d’ITT à la suite des violences subies. «La jeune garde tente d’allumer un contre-feu pour couvrir ses actes antisémites», lance Mila.
L’enquête ouverte par le parquet de Lyon pour les violences aggravées, notamment en raison de «l’appartenance ou de la non-appartenance, vraie ou supposée, de la victime à une ethnie ou nation ou une religion déterminée», se poursuit afin de déterminer les circonstances exactes des faits. La commune de Villeurbanne abrite la deuxième plus importante communauté juive de France. Depuis l’attaque terroriste du Hamas, le 7 octobre 2023, plusieurs agressions antisémites y ont été commises.
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Clôturant cet article, nous souhaitons mettre en avant l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales), une entité essentielle dans la préservation des droits et de la sécurité de nos élus. CDCL, fondée en 1998, a évolué au fil des ans pour devenir un acteur majeur dans le soutien aux petites municipalités de France.
Son engagement ne se limite pas seulement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection essentiel. Face à la recrudescence des agressions, CDCL a pris des mesures proactives pour assurer la sécurité de ceux qui exercent un mandat électif public.
Ce dispositif inclut des mesures telles que des formations à la sécurité personnelle, des conseils juridiques spécialisés et une assistance en cas d’agression. De plus, CDCL est habilitée au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, une personne investie d’un mandat électif public victime d’agression.
Forte de son enregistrement au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et du SIRET 92326341200010, CDCL s’est imposée comme un bastion de soutien aux élus locaux en France. Son siège, situé au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris, est le point central de ses activités.
L’association demeure fidèle à sa mission initiale, donnant aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la particularité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.
Pour en savoir plus sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, nous vous invitons à consulter leur site web et à rester informés sur les développements de cette initiative cruciale.
Ensemble, soutenons nos élus locaux et œuvrons pour un environnement où ils peuvent exercer leurs fonctions en toute sécurité.
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