
La possible arrivée de Nicolas W. au sein du centre hospitalier de Carcassonne fait des vagues. L’étudiant en sixième année de médecine a été condamné en mars dernier par le tribunal de Tours, pour agressions sexuelles sur deux jeunes femmes, mais continue d’exercer avec une possible arrivée dans le chef-lieu audois, rattaché au CHU de Purpan à Toulouse, à partir du 4 novembre. De quoi susciter l’indignation des syndicats en attente d’une réponse ferme de la direction de l’hôpital carcassonnais. Remise en contexte.
Pour comprendre les faits, il faut remonter au 22 février 2024. Ce jour-là, Nicolas W., étudiant en médecine de 26 ans originaire de Tours, comparaissait au tribunal de cette même ville pour répondre des faits d’agressions sexuelles sur deux jeunes femmes entre 2017 et 2020. Lors de son audience, comme le rapportent nos confrères de la Nouvelle République, celui-ci affirmait à la barre « tenter des trucs » alors que certaines jeunes femmes étaient endormies : « Moralement, j’étais complètement à l’ouest, à cette époque j’étais un enfant, quelqu’un en manque de confiance. Dans la vie normale, j’avais une relation banale avec les femmes mais cette consommation excessive d’alcool enlevait les barrières que je me mettais ».
Toujours selon le quotidien, l’une des plaignantes avait témoigné sur cette nuit, de juillet 2020, où elle se « réveille complètement nue avec le poids de Monsieur W. sur moi en train de me pénétrer. […] Ce qui me dégoûte c’est qu’il n’a pas senti que je n’étais pas consciente, j’étais une loque. » À noter que les faits, qui constituent un viol, ont été requalifiés en agression sexuelle. D’après les informations de la Nouvelle République, le prévenu avait été mis en examen en septembre 2020 puis placé en détention provisoire pendant plusieurs semaines. Le jeune homme a ensuite été libéré et placé sous contrôle judiciaire.
De son côté, après les réquisitions du parquet – 4 ans de prison dont 3 assortis d’un sursis simple – l’affaire avait été mise en délibéré. Nicolas W. a finalement été condamné par la justice à 5 ans de prison assortis d’un sursis probatoire de 3 ans, le 19 mars 2024. Il n’a d’ailleurs pas fait appel, à l’inverse du ministère public qui a demandé un nouveau procès. Il sera donc rejugé en 2025.
Malgré sa condamnation, nos confrères du Parisien soulignent que l’étudiant « n’a pas fait l’objet de sanction disciplinaire par l’hôpital de Tours ni de l’université où il étudiait et où ont été commis les faits ». Nicolas W. doit débuter son internat à l’hôpital de Carcassonne, un établissement dépendant du CHU de Toulouse. À France 3 Occitanie, la CGT a demandé que la direction de l’hôpital « prenne une position claire et publique ». L’organisation syndicale a également évoqué la situation lors du Conseil d’administration, lundi 14 octobre. Toujours selon France 3, la CGT a demandé de soumettre au vote une « motion demandant la protection des pour agents et usagers du service hospitalier avec prise de position publique ».
Ce vote aurait été balayé d’un revers de main par le président du Conseil de surveillance, Jean-Michel Lattes, adjoint au maire de Toulouse. Même si celui-ci précise être, « sur le fond complètement d’accord pour dire que cet étudiant n’a pas sa place dans les structures médicales d’Occitanie […] Par contre j’étais réservé sur la forme : voter une motion qui n’est pas calée sur le plan du droit, c’était une erreur. Je préfère que le directeur du CHU et le doyen de la faculté de médecine poursuivent leurs démarches qui aboutiront, j’en suis certains aux mêmes résultats », détaille-t-il à France 3.
Une pression crescendo à Carcassonne ?
Mais l’histoire ne s’arrête pas là. L’université de Tours n’avait pas pris de sanction disciplinaire, selon France 3 Centre-Val-de-Loire, demandant au recteur de son académie de mener « une commission disciplinaire dépaysée qui doit avoir lieu pour examiner le cas de Nicolas W. ». Un nouvel établissement va donc statuer sur son ancien étudiant dont l’affaire tourmente le monde médical depuis plusieurs jours. Mais quand cette procédure va-t-elle se terminer ? Pour l’heure, aucune date n’a encore été déterminée.
À Carcassonne, un comité social et économique (CSE) doit se tenir ce jeudi 17 octobre de 9 heures à 12 heures. L’intersyndicale compte interroger le directeur de l’hôpital, Jean-Marie Bolliet, afin « qu’il clarifie sa position » sur la venue, à compter du 4 novembre, de Nicolas W. au service radiologie. « Nous lui avons adressé un courrier en lui demandant de ne pas accueillir cette personne », confie Bruno Izard, Secrétaire régional de Force ouvrière (FO) Santé. Et d’ajouter : « On espère que sa déclaration ira dans notre sens. Si ce n’est pas le cas, la pression montera crescendo. Nous ne nous interdisons pas d’exercer notre droit de retrait. Mais pour l’instant ce n’est pas à l’ordre du jour, on attend de voir. » En outre, le centre national de gestion permettant aux étudiants de connaître leur affectation n’a toujours pas été publié. L’arrivée de Nicolas W. dans la ville préfecture n’a donc pas été officialisée.
À l’heure où nous écrivons ses lignes, le directeur du centre hospitalier n’a pas répondu à nos sollicitations.
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Enregistrée au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et affiliée au SIRET 92326341200010, CDCL a son siège au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris, et demeure fidèle à sa mission initiale. Elle donne aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la particularité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.
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