
Il n’est pas vraiment du genre à se plaindre. Ni à avoir peur. Mais le week-end dernier dans le Gers, quand il a été agressé physiquement, cet adjoint au maire a estimé qu’il fallait alerter sur la situation. Selon lui, les élus ne sont pas assez protégés.
Révélés par la Dépêche du Midi, les faits parlent d’eux-mêmes. C’était samedi 31 mai 2025, à Monferran-Savès, un village de 800 habitants entre L’Isle-Jourdain et Gimont.
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« Je suis allé dialoguer plutôt que d’appeler les gendarmes »
Gérôme Beyries, en tant que premier adjoint, est « de garde » en l’absence de la maire, Maryelle Vidal. On lui signale qu’un habitant a mis la sono trop fort en extérieur en début de soirée. « C’est un problème de tranquillité publique, donc j’y suis allé », raconte l’élu à Actu Occitanie. « Et ça a commencé à partir un peu dans tous les sens… »
L’individu à qui les faits sont reprochés, il le connaît bien. Et « la sono était vraiment à fond de chez à fond », explique l’élu. « Je suis allé dialoguer plutôt que d’appeler les gendarmes. Il a dit qu’on le martyrisait, il me reprochait les courriers envoyés par la mairie… », poursuit l’élu. Et l’homme en question, torse nu, devient très agressif. Il donne des coups de poing, des coups de pied. La scène a été filmée. Elle est impressionnante.
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Des coups heureusement pour la plupart esquivés
L’élu esquive, garde son calme. « J’ai fait du sport de combat quand j’étais jeune », précise Gérôme Beyries, 48 ans. « L’instinct, ça réveille les vieux réflexes, c’est comme le vélo, alors j’ai esquivé, je me suis protégé », enchaîne l’élu.
« Le but c’était de calmer le jeu. Je n’ai fait que me défendre, je sais que la violence entraîne la violence »
« Je n’avais pas très peur, mais j’étais un peu malade, j’avais de la fièvre. À un moment on se demande ce qu’il va se passer. Et si je reçois un mauvais coup ? Si je tombe et qu’il continue ? » s’interroge l’élu.
Une plainte déposée
Heureusement, des voisins sont arrivés. Ainsi qu’un couple à bord d’une voiture. « Ça a créé un temps mort, je suis allé leur parler, les rassurer », détaille Gérôme Beyries.
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Bilan de l’agression. Une seule journée d’ITT officiellement. Mais quelques jours plus tard, la victime s’est rendue compte qu’elle avait peut-être une vertèbre déplacée… Dès le samedi soir, les gendarmes sont venus. Et le lendemain matin, une plainte était déposée.
« Simple querelle de voisinage » ?
Sauf que mardi matin, l’adjoint a appris qu’elle avait été classée en « simple querelle de voisinage », ce qui ne tient pas compte de son statut, connu de l’agresseur. Inadmissible pour lui. « Cette personne est connue pour être agressive », répète-t-il, évoquant des faits récurrents et des voisins qui n’osent pas porter plainte, qui ont peur. « Une fois, il avait sorti la batte de baseball, ça aurait pu vraiment mal finir… ».
« J’aimerais qu’il puisse se faire soigner, il a besoin d’un soutien psychologique », poursuit l’adjoint au maire, pour qui la situation est alarmante. « Quand on fait un signalement, les forces de l’ordre viennent, mais elles ne peuvent rien faire. Il faut sévir », juge-t-il.
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« Le travail d’élu, c’est un peu compliqué, on ne se sent vraiment pas protégé », estime Gérôme Beyries.
« Il faut que la justice prenne conscience que ce n’est pas une simple altercation entre voisins. Il faut lui donner les moyens d’agir, on ne peut pas vivre comme ça », conclut l’élu.
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Clôturant cet article, nous souhaitons mettre en avant l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales), une entité essentielle dans la préservation des droits et de la sécurité de nos élus. CDCL, fondée en 1998, a évolué au fil des ans pour devenir un acteur majeur dans le soutien aux petites municipalités de France.
Son engagement ne se limite pas seulement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection essentiel. Face à la recrudescence des agressions, CDCL a pris des mesures proactives pour assurer la sécurité de ceux qui exercent un mandat électif public.
Ce dispositif inclut des mesures telles que des formations à la sécurité personnelle, des conseils juridiques spécialisés et une assistance en cas d’agression. De plus, CDCL est habilitée au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, une personne investie d’un mandat électif public victime d’agression.
Forte de son enregistrement au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et du SIRET 92326341200010, CDCL s’est imposée comme un bastion de soutien aux élus locaux en France. Son siège, situé au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris, est le point central de ses activités.
L’association demeure fidèle à sa mission initiale, donnant aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la particularité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.
Pour en savoir plus sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, nous vous invitons à consulter leur site web et à rester informés sur les développements de cette initiative cruciale.
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