Toujours plus d’agressions d’élus et dans les mairies de l’Oise, une « régression de la société »

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La vie d’élu local n’est plus un long fleuve tranquille dans l’Oise. Depuis quelque temps, la violence envers les maires n’est plus seulement verbale, elle devient physique.

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Illustration encore mardi 9 avril, avec l’agression de la maire de la commune de Moulin-sous-Touvent, à l’est de Compiègne, par une automobiliste furieuse qui l’a percuté avec sa voiture après avoir grillé un Stop. 

Après être sortie de l’hôpital de Noyon, l’élue en sera quitte pour une « belle fracture de la main ». 

Il n’empêche, la « mésaventure » rencontrée par la maire de ce village est loin d’être isolée. Et dénote d’une tendance sociétale lourde. « Les agressions sont quotidiennes pour les maires », dénonçait Hervé Le Marec, maire de la commune d’Hénonville, l’été dernier. L’élu avait reçu un coup de boule d’un agriculteur sur un chantier le 10 juillet 2023. Sa réaction sonnait déjà comme un SOS lancé aux pouvoirs publics.

« Souvent, c’est le maire qui ramasse »

« Il y a eu un avant et un après Covid. Les gens ont de moins en moins de filtres. Il y a une telle défiance que les gens s’en prennent au premier élu qu’ils ont sous la main. Et bien souvent, c’est le maire qui ramasse », analyse Christophe Dietrich, maire de Laigneville, lui même victime d’une agression le 28 février dernier.

Un homme de 80 ans « avec qui la commune est en contentieux depuis 4 ou 5 ans » pour une histoire d’urbanisme l’avait bousculé.

Une agression concomitante avec deux autres de premiers magistrats cette semaine-là : à Liancourt, où le maire Roger Menn s’était fait cracher dessus pour une histoire de logement, et à Monchy-Saint-Eloi, où Alain Boucher avait lui aussi été pris à partie.

« Les gens ne supportent plus d’attendre » : vers un retour à l’état sauvage ?

Pour le maire de Pont-Sainte-Maxence, qui siège au Conseil départemental, toutes ces tensions seraient la résultante d’une sorte de « régression de la société ».

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« Ce n’est que le reflet de l’effondrement de la société. Donc il est normal que nous ne soyons pas épargnés. Les relations se sont électrisées depuis 10 ans avec certains individus qui ne respectent plus la fonction, parce qu’ils n’ont probablement pas été éduqués », note Arnaud Dumontier (DVD).

Je ne vais pas dire qu’on revient à l’état sauvage, mais certains donnent le sentiment de n’avoir que des droits et aucun devoir. Je vois bien comment mon secrétariat particulier est pris à partie. De toute manière aujourd’hui, les gens veulent tout, tout de suite. Ils ne supportent plus d’attendre.

Arnaud DumontierMaire de Pont-Sainte-Maxence

La mairie de Beauvais prend en charge les frais de justice d’un élu de la majorité

Face à cette montée en puissance des agressions, certaines communes n’hésitent plus à prendre en charge les frais de justice des élus qui se font agresser.

Exemple à Beauvais, où le conseil municipal a fait voter hier soir « une attribution de protection fonctionnelle » à Christophe Gaspart, l’un des élus de la majorité.

Ce dernier avait été menacé et insulté en octobre dernier par un parent d’élèves ne supportant pas la fermeture de l’école de son enfant après un conseil municipal.

L’homme l’avait suivi jusqu’à son domicile, avant de fracturer son véhicule personnel.

Pour Franck Pia (UDI), maire de Beauvais, la prise en charge par la Ville de ses frais de justice (l’affaire sera jugée en octobre), est normale et légitime. « L’autorité publique est trop souvent piétinée aujourd’hui et je trouve cela absolument déplorable ».

Lui-même a d’ailleurs constaté que l’agressivité ne se limitait pas aux seules écharpes tricolores.  Il y a aussi « plus d’agressivité et d’impatience » devant les guichets de mairie. Une évolution sociétale dont l’État doit aussi prendre sa part, estime l’élu. 

« Aujourd’hui, de plus en plus de services sont dématérialisés. On a éloigné nos concitoyens des institutions, et la défiance s’est installée. »

Une ligne d’écoute pour les élus en détresse

Un projet de loi renforçant la sécurité des élus locaux et la protection des maires vient d’être adopté en première lecture par le Sénat et doit prochainement passer devant l’Assemblée nationale. Alain Vassel, président de l’Union des maires de l’Oise (UMO), n’en attend cependant pas de miracles.
« Il faudrait des dispositions plus radicales, qui permettent de régler les problèmes de fond au bénéfice des élus », tance le président de l’UMO, qui a fait mettre en place une ligne d’écoute pour les élus qui broient du noir. Maire de la petite commune d’Oursel-Maison, ce dernier egrette que le gouvernement soit encore « trop timoré » sur toutes ces questions.
« Les maires sont en première ligne, et quand il y a un problème, ce sont eux qui trinquent. Donc si on veut des élus qui représentent la démocratie locale, ils faut les protéger », insiste-t-il.

Une loi bientôt débattue à l’Assemblée nationale pour renforcer la protection des maires

Lors du dernier Congrès des maires, en novembre 2023, une vaste enquête du Centre de recherches politiques (CEVIPOF) de Sciences Po avait été dévoilé. Celle-ci révélait que les agressions visant les maires avaient encore progressé de 15% en 2023.

Résultat, le nombre de démissions augmente de 30% également. Une spirale infernale et dangereuse que rien ne semble pouvoir briser en 2024.

Il y a quasiment un maire qui démissionne chaque jour en France. Aujourd’hui, le maire est tout seul pour faire face à tout. Il doit faire face à l’administration omnipotente et omniprésente qui impose à l’élu des règles selon sa propre interprétation de la loi.

Christophe DietrichMaire de Laigneville et membre du comité directeur de l’Association des maires de France (AMF)

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Le  maire de Laigneville plaide d’ailleurs depuis des années pour « un véritable statut de l’élu local ».

Protéger nos Élus avec CDCL

Dans le contexte actuel marqué par des agressions envers nos élus locaux, l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales) se positionne en rempart essentiel pour assurer la sécurité et le bien-être de ceux qui œuvrent pour notre communauté.

Créée en 1998, CDCL a évolué au-delà de sa mission initiale de soutien aux petites municipalités pour devenir un acteur central dans la protection des élus. Son engagement ne se limite pas uniquement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection complet, répondant aux défis actuels.

Sous la direction éclairée de l’ancien Maire de Linas en Essonne, CDCL a élaboré un dispositif proactif. Celui-ci englobe des formations approfondies, des conseils juridiques spécialisés, et une assistance réactive en cas d’agression. L’association est habilitée au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, une personne investie d’un mandat électif public victime d’agression.

Forte de son enregistrement au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et du SIRET 92326341200010, CDCL a son siège au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris. Elle incarne une communauté engagée, dédiée à donner aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la spécificité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.

Pour de plus amples informations sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, nous vous invitons à consulter leur site web.

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