Sécurité des élus au Nouveau-Brunswick: une situation préoccupante, mais pas alarmante

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La sécurité des élus néo-brunswickois, tout comme les menaces et le harcèlement dont ils peuvent parfois être victimes, s’avère un enjeu préoccupant mais pas alarmant selon différents acteurs de la scène politique.

L’Acadie Nouvelle s’est intéressée à cette facette de la vie publique à la suite d’une longue liste d’incidents survenus à travers le pays impliquant des élus municipaux, provinciaux et fédéraux.

Menaces, harcèlement et violence peuvent parfois meubler le quotidien de certains élus qui n’ont certes pas demandé pareil traitement.

«Ce n’est pas une problématique qui est si grande que ça au Nouveau-Brunswick, quoique ça existe quand même et que ça se développe de plus en plus. J’étais récemment à la Fédération canadienne des municipalités où le sujet a été abordé», a indiqué Yvon Godin, le président de l’Association francophone des municipalités du Nouveau-Brunswick (AFMNB).

«Les histoires de menaces et de harcèlement auprès des élus au Nouveau-Brunswick ne sont peut-être pas à une échelle aussi élevée que celle qui est au Québec», a ajouté le conseiller de la municipalité de Rivière-du-Nord et ancien maire de Bertrand.

Au Québec, 10% des élus municipaux ont quitté leurs fonctions depuis le scrutin tenu en 2021, dont plusieurs pour des raisons de menaces, de harcèlement et d’intimidation.

Dans le cadre de son Plan de lutte contre l’intimidation des élus, la Sûreté du Québec a recensé 1227 signalements d’intimidation contre des élus municipaux entre 2019 et 2023.

Malgré un nombre de cas bien moindre au Nouveau-Brunswick, l’AFMNB prend le sujet assez au sérieux pour l’inclure dans la programmation de son prochain congrès annuel qui aura lieu à Edmundston en octobre.

«Il va y avoir un atelier sur l’intimidation et sur la cyberintimidation pour simplement aider les gens à mieux se préparer, s’outiller et voir quels sont les règlements qu’on peut mettre en place pour éliminer ou bien essayer de minimiser un peu ces intimidations-là», a raconté Yvon Godin.

Certains événements survenus au cours des dernières années dans des municipalités comme Saint-Isidore, Saint-Quentin, Belle-Baie, Saint-André et Tracadie ont mis en lumière un degré élevé d’agressivité envers des élus locaux et ont nécessité la présence de policiers.

«Ce n’est pas nécessairement quelque chose de majeur qui existe dans la province, mais ce n’est pas acceptable. Je pense quand même que les gens comprennent qu’ils ont le droit de s’exprimer, mais qu’il y a une manière de le faire», a affirmé le président de l’AFMNB.

À Saint-Quentin, le conseil municipal a récemment interdit de diffuser, filmer ou prendre des photos des réunions publiques afin d’assainir le climat.

Il y a beaucoup d’intimidation dans ce que j’ai vécu et ce que les autres vivent, les gens se permettent beaucoup de choses», a raconté la mairesse Nicole Somers.

Selon elle et bon nombre d’intervenants de la scène politique consultés par l’Acadie Nouvelle, l’avènement des médias sociaux a largement contribué à la multiplication des menaces et des propos injurieux et dénigrants à l’endroit des élus.

«Les gens se sentent beaucoup plus courageux derrière un clavier. C’est rare qu’on va voir quelqu’un tout frustré arriver à la salle du conseil et prendre la parole», a affirmé Paolo Fongemie, actuel directeur général de la Ville de Belle-Baie et ancien maire de Bathurst.

Le chef de la Police régionale BNPP, Roger Clavet, a quant à lui indiqué que les policiers n’ont jamais eu à intervenir dans un hôtel de ville pour gérer une situation tendue ou à enquêter au sujet de menaces proférées à l’endroit d’un élu.

La sécurité des chefs importe beaucoup

La sécurité entourant les chefs de parti est un enjeu fort important pour les différentes formations politiques au Nouveau-Brunswick.

«Certaines mesures de sécurité sont en place pour les députés et la chef lorsqu’ils se trouvent dans l’enceinte de l’Assemblée législative. Toutefois, étant donné qu’il existe des risques pour la sécurité, nous n’entrerons pas dans davantage de détails afin de préserver la sécurité de nos membres», a indiqué Brit Mockler, porte-parole du Parti libéral du Nouveau-Brunswick.

Le Parti vert du Nouveau-Brunswick dit également prendre très au sérieux la sécurité de ses députés et de son personnel, sans toutefois vouloir révéler des détails spécifiques. n

Des mesures pour protéger les élus?

Devant le phénomène grandissant, les députés québécois ont pris les grands moyens afin de dissuader les citoyens de s’en prendre à leurs élus.

Le projet de loi 57 a été adopté en juin à l’Assemblée nationale.

En vertu de celle-ci, les citoyens qui intimident, harcèlent ou entravent de façon abusive le travail d’un élu au Québec seront passibles d’une amende pouvant aller jusqu’à 1500$.

Un récent sondage mené pour le compte de l’Union des municipalités du Québec a démontré que 58% des élus municipaux québécois ont vécu de la violence verbale, alors que 46% des répondants ont indiqué avoir subi de l’intimidation et des menaces.

Si l’objectif derrière cette loi pour protéger les élus est louable, certains y voient une mesure qui compromet la liberté d’expression des citoyens et le droit à la critique et de manifester.

Au fédéral, tous les élus, même ceux qui ne sont pas ministre, ont à leur disposition un bouton de panique permettant de prévenir sur le champ les forces de l’ordre ou le service de sécurité du Parlement canadien.

«À ce jour, nous n’avons jamais eu besoin de les utiliser», a confié Carolle LeBlanc l’adjointe de circonscription du député de Madawaska-Restigouche, René Arseneault.

Protéger nos Élus avec CDCL

Dans le contexte actuel marqué par des agressions envers nos élus locaux, l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales) se positionne en rempart essentiel pour assurer la sécurité et le bien-être de ceux qui œuvrent pour notre communauté.

Créée en 1998, CDCL a évolué au-delà de sa mission initiale de soutien aux petites municipalités pour devenir un acteur central dans la protection des élus. Son engagement ne se limite pas uniquement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection complet, répondant aux défis actuels.

Sous la direction éclairée de l’ancien Maire de Linas en Essonne, CDCL a élaboré un dispositif proactif. Celui-ci englobe des formations approfondies, des conseils juridiques spécialisés, et une assistance réactive en cas d’agression. L’association est habilitée au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, une personne investie d’un mandat électif public victime d’agression.

Forte de son enregistrement au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et du SIRET 92326341200010, CDCL a son siège au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris. Elle incarne une communauté engagée, dédiée à donner aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la spécificité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.

Pour de plus amples informations sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, nous vous invitons à consulter leur site web.

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