
Alors que les tensions s’exacerbent au sein du Conseil communal de Rabat, Farouk Mehdaoui, conseiller de la Fédération de la gauche démocratique (FGD), dénonce une tentative d’intimidation orchestrée par des individus extérieurs au conseil.
Empêché de s’exprimer sur les préoccupations des habitants du quartier L’Océan, Mehdaoui fustige une élite politique «soumise aux ordres» et incapable de porter une vision démocratique pour la ville.
Le conseiller communal déclare avoir vécu, mercredi dernier, «un nouveau choc politique», qualifié de «mauvaise mise en scène», dont le scénario serait: «la mobilisation du conseil et de voyous pour l’attaquer et l’empêcher de parler de ce qui se passe dans le quartier L’Océan, ainsi que des décisions arbitraires prises dans la ville».
Selon lui, des personnes étrangères au conseil communal ont été amenées sur place, l’ont insulté, accusé à tort et empêché d’intervenir, le tout dans l’indifférence de la maire et de la majorité. Il ajoute que ces individus ont tenté de lui bloquer l’accès à la salle et l’ont poussé dehors sous les yeux de tous. Ce n’est que grâce à l’intervention d’un adjoint qu’un incident plus grave a été évité.
Mehdaoui a publié une vidéo sur Facebook montrant comment il a été interrompu et hué alors qu’il tentait de prendre la parole. Il y critique les attaques contre la FGD et ses élus, y voyant le reflet d’une élite politique en déroute.
Mehdaoui attaque la maire de Rabat
Le militant de l’ex-Parti de l’avant-garde démocratique et socialiste (PADS) dénonce également des menaces directes proférées contre lui. Il affirme que la maire, Fatiha El Moudni, n’a su ni contre-attaquer politiquement, ni se défendre sur le plan légal, la comparant à «un élève ayant bien appris sa leçon, mais l’ayant oubliée le jour de l’examen».
«Les voyous d’hier, qui ont vandalisé les biens du conseil, attaqué les estrades et insulté les élus pendant la précédente mandature, jouent aujourd’hui le même rôle, mais depuis les rangs de la majorité», a-t-il ajouté.
Farouk Mehdaoui a par ailleurs dénoncé l’interdiction de parler de la situation du quartier L’Océan, ce qu’il considère comme une nouvelle preuve de l’incapacité du conseil communal à ouvrir les vrais dossiers. Il critique une politique de communication fondée sur des conventions sans portée réelle, qui restent «sur les étagères» et ne changent rien dans la vie des citoyens.
Il affirme que ce qu’il a vécu ce jour-là n’est qu’un échantillon des pratiques d’une élite politique «incapable de produire une vision claire pour la ville» et qui «se place du côté du pouvoir au lieu de défendre les droits des citoyens et l’autonomie des institutions».
Mehdaoui insiste que son engagement aux côtés des habitants du quartier L’Océan ou d’ailleurs n’a jamais eu de visée électorale: «Nous militons par conviction, depuis notre entrée au conseil et même bien avant. Notre présence dans cette institution n’est qu’une vitrine d’un combat quotidien pour la démocratie et les droits humains, dans leur universalité.»
Mehdaoui poursuivi en judiciaire
Le 14 avril dernière, la police de Rabat a auditionné Farouk Mehdaoui, dans le cadre de deux plaintes déposées à son encontre. La première provenait du directeur des services de la commune, en sa qualité de président de la Commission des examens de promotion professionnelle. La seconde émanait de la commune elle-même, représentée par la maire.
Les accusations portent sur des faits de «diffamation» et de «dénonciation calomnieuse», liés à une intervention de Mehdaoui lors d’une session extraordinaire du Conseil communal, tenue le 12 décembre 2024. L’élu y avait évoqué des irrégularités juridiques, procédurales et éthiques dans l’organisation des examens, appelant à l’ouverture d’une enquête indépendante.
Dans une publication Facebook, Mehdaoui a dénoncé une tentative d’intimidation: «Plutôt que d’ouvrir une enquête transparente, on m’assigne en justice avec des accusations infondées. Cela révèle l’absence de culture du débat chez nos adversaires, et montre que la démocratie locale est en grave danger.»
Le conseiller communal s’est récemment illustré par son soutien aux habitants du quartier L’Océan à Rabat, menacés par des opérations d’expulsion qu’il juge illégales. Il a dans ce sens saisi le Médiateur du Royaume, dénonçant des «abus graves» commis par les autorités locales, en dehors de tout cadre légal.
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